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La production du ciment made in Mali était attendue avec espoir par bon nombre de commerçants et de fils de ce pays. Ils s’attendaient à acheter, comme annoncé par le gouvernement d’ATT, un ciment de très bonne qualité, cédé à un prix hors compétition au Mali. La production des tout premiers sacs a déçu plus d’un, au regard tant du prix de cession de la tonne que des mauvaises conditions d’emballage. Lire l’article de Sékou Coulibaly.

Duplicité ou trahison ? Difficile de répondre à cette question. Les indiens en venant exploiter l’ancienne cimenterie de Diamou dans la région de Kayes, avaient fait lever un vif espoir chez les maliens qui ne trouvent pas à piller et à voler l’argent public. Ceux-là qui ne sont pas arrivés jusque-là à monter une seule brique en dur, voyaient dans cette usine une aubaine.

Nos transporteurs et opérateurs économiques pensaient oublier le calvaire routier du Sénégal et de la Côte d’Ivoire. Non, rien de tout cela. Le ciment ivoirien et sénégalais est cédé à un prix nettement inférieur à celui du Mali.

De qui se moque-t-on ?

Nous l’avons toujours dit dans votre hebdo préféré, le Mali n’a qu’un seul ennemi, ce sont ses propres cadres. Lesquels ne se soucient jamais de l’avenir du peuple, ne pensant qu’à leurs propres poches au détriment d’un pays pauvre. Sinon comment comprendre que notre propre ciment, exploité sur le sol de nos ancêtres, puisse être cédé à un prix exorbitant de 94 000 FCFA la tonne au détail, alors que le Sahel et la SOCOCIM reviennent au dernier acheteur à 91 000 FCFA ? Quelle moquerie !

Cette cherté du prix du ciment est constatée par les plus hautes autorités du pays, qui ferment la bouche sur cette « escroquerie » des indiens. Un travailleur de Diamond Cement Mali.Sa, qui a gardé l’anonymat, nous a confié que « les exploitants de Diamou peuvent bel et bien céder la tonne à 60 000 FCFA, soit 3 000 FCFA le sac. Même à ce prix, l’usine peut faire d’énormes bénéfices, mais elle profite de la corruption de nos dirigeants pour imposer ses prix ».

La même source d’ajouter : «Savez vous combien de nos cadres font la queue derrière le PDG de Diamond Cement Mali, pour quémander des dizaines de tonnes de ciment pour leurs chantiers à Bamako ? » Sûrement, c’est l’une des raisons pour la cimenterie de taxer fort les maliens. Même si cet aspect a été rejeté par un cadre de la Direction qui dit mieux faire pour satisfaire la clientèle.

L’emballage zéro !

La mise en sac du ciment made in Mali dans des sacs papiers faibles cause d’énormes pertes chez nos commerçants. Un quincailler de la commune VI dit avoir perdu des dizaines de tonnes de ciment dans ses déchargements. Il a pris sa décision : « Je charge des dizaines de remorques par semaine à Diamou, mais les pertes enregistrées font que je vais reprendre le chemin du Sénégal pour ne pas partir en faillite ».

Reprendre le chemin des pays frontaliers producteurs de ciment, telle est la décision de beaucoup d’opérateurs économiques qui se plaignent des mauvaises conditions d’emballage de Diamond Cement Mali , avec des sacs papiers faibles ou des sacs plastiques destinés à l’emballage de riz, faisant perdre le 1/3 du contenu en ciment. Des sacs qui se déchirent dans les chargements et déchargements des camions. Or, disent les opérateurs économiques, les sacs déchirés à l’usine ne sont pas remboursés, à fortiori à Bamako.

Face à la montée non justifiée des prix du ciment à plus de 90 000 FCFA la tonne, IBK, une fois à Koulouba, révisera-t-il les clauses du contrat de Diamond Cement ou nationalisera-t-il l’usine au profit des maliens?

D’ici-là, dors en paix chère ASCOMA. Amen !

Sékou Coulibaly

Le Guido du 21 Août 2013