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Mercredi, un expert de l’ONU, Doudou Diène, a demandé à la justice ivoirienne de permettre la mise en liberté provisoire de Simone Gbagbo. Selon lui, cette mesure permettrait de relancer un dialogue national qui peine à prendre forme, alors que la Côte d’Ivoire est accusée par de multiples ONG de conduire une justice des vainqueurs. L’ancienne première dame est détenue depuis deux ans.

Les autorités ivoiriennes vont-elles autoriser Simone Gbagbo à quitter sa résidence surveillée d’Odienné ? C’est en tout cas le souhait de Doudou Diène, expert indépendant de l’ONU sur la situation des droits de l’Homme en Côte d’Ivoire, qui demande la mise en liberté provisoire de l’ancienne première dame, détenue depuis la fin de la crise et poursuivie par la justice ivoirienne notamment pour génocide. Elle est également sous le coup d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l’humanité. « Les détentions fragilisent tout le monde physiquement. Et effectivement elle semble physiquement fragilisée par ces deux ans de détention », a déclaré le juriste sénégalais, mercredi 23 octobre.

ivoirienne qui a mis en liberté provisoire quatorze personnalités proches de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, dont son fils Michel, il a demandé « que ce même principe soit appliqué à tous les détenus ». L’objectif : « permettre la relance du débat politique », selon l’expert de l’ONU, pour qui la liberté provisoire « doit être suivie de la mise en oeuvre d’une justice équitable et impartiale ».

« Nous faisons confiance à notre justice », répond le gouvernement

Joint par Jeune Afrique, le porte-parole du gouvernement s’est refusé à tout commentaire. « C’est une décision qui concerne les instances judiciaires ivoiriennes, elle n’appartient qu’à elles », a déclaré Bruno Koné, également ministre en charge des Technologies de l’information et de la communication. « Tous n’ont pas le même niveau de responsabilité » dans la crise postélectorale, a-t-il ajouté, au sujet de Simone Gbagbo et des quatorze autres accusés ayant déjà bénéficié de la mise en liberté provisoire.

« Il faut surtout ne pas se focaliser sur ces personnes mais se rappeler que la crise a fait plus de 3 000 morts et qu’il reste beaucoup de familles qui souffrent des décisions prises à l’époque par les hommes politiques », précise le porte-parole qui, le 20 septembre, a annoncé le refus du gouvernement de transférer Simone Gbagbo à La Haye, indiquant qu’elle devrait être jugée en Côte d’Ivoire. Et de conclure : « nous faisons confiance à notre justice ».

24/10/2013 à 15:30 Par Mathieu Olivier

Source : Jeuneafrique