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Le camp du président élu Alassane Dramane Ouattara propose de former un gouvernement d’union nationale avec le président sortant Laurent Gbagbo. Seule condition – qui a peu de chance d’être acceptée : que ce dernier accepte enfin de quitter le pouvoir.

C’est un premier (petit) pas en avant dans la négociation fait par Alassane Ouattara. Le président élu par les Ivoiriens le 28 novembre dernier a fait savoir qu’il était prêt à travailler avec le camp de Laurent Gbagbo pour former un gouvernement d’union nationale… à condition que ce dernier renonce à revendiquer la présidence de Côte d’Ivoire.

C’est ce qu’a déclaré à la BBC, lundi, Youssoufou Bamba, l’ambassadeur nommé auprès de l’ONU par Ouattara. « Ce que je dis, c’est que M. Ouattara doit être reconnu comme président légitime par M. Gbagbo. (…) Et à partir de là, M. Gbagbo n’est pas seul. Il a des partisans, il a des gens compétents dans son parti. Nous sommes prêts à travailler avec eux, dans le cadre d’un large gouvernement d’union », a-t-il ajouté.

La victoire de Ouattara « incontestable »

jpg_union-rci.jpgPour le diplomate, la possibilité d’une telle éventualité est évidente : Ouattara peut « travailler » avec Gbagbo, « parce qu’il est citoyen ivoirien », a-t-il dit. Avant d’ajouter aussitôt : « ce que je dis doit être clair : la victoire de M. Ouattara ne peut plus être contestée ». (…) Si M. Gbagbo accepte cela, nous pourrions négocier. Je ne vois pas comment il pourrait en être autrement ».

C’est la première fois depuis l’annonce des résultats provisoires de la présidentielle ivoirienne que le camp Ouattara dit vouloir négocier un gouvernement d’union nationale avec le camp Gbagbo. Mais il y a peu de chance que ce dernier accepte de céder le pouvoir à Ouattara. À l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo qui s’est rendu à Abidjan du 9 au 11 janvier pour une mission exploratoire, le président sortant a déclaré qu’il refusait cette éventualité, et qu’il demandait toujours un recomptage des voix du scrutin.

11 Janvier 2011 à 00h 39 par Jeune Afrique avec AFP)

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Ouattara prêt à travailler avec Gbagbo s`il renonce à la présidence

LONDRES – Alassane Ouattara est prêt à travailler avec le camp de Laurent Gbagbo pour former un gouvernement d`union nationale, si ce dernier renonce à revendiquer la présidence de Côte d`Ivoire, a déclaré lundi à la BBC l`ambassadeur nommé auprès de l`ONU par M. Ouattara.

« Ce que je dis, c`est que M. Ouattara doit être reconnu comme président
légitime par M. Gbagbo », a déclaré à la radio britannique l`ambassadeur
pro-Ouattara Youssoufou Bamba.

« Et à partir de là, M. Gbagbo n`est pas seul. Il a des partisans, il a des
gens compétents dans son parti. Nous sommes prêts à travailler avec eux, dans
le cadre d`un large gouvernement d`union », a-t-il ajouté.

M. Ouattara pourrait « travailler » avec M. Gbagbo, « parce qu`il est citoyen
ivoirien », a expliqué le diplomate.

Mais, a-t-il aussitôt ajouté, « ce que je dis doit être clair: la victoire
de M. Ouattara ne peut plus être contestée ». « Si M. Gbagbo accepte cela, nous
pourrions négocier », ce serait « un point de départ » pour des négociations, a
encore dit M. Bamba.

« Je pense qu`à partir de là, tout est ouvert. C`est sur la table », a
insisté le diplomate, le premier nommé par M. Ouattara, à la fin décembre.

Les violences commises par le camp Gbagbo ne devraient pas constituer un
obstacle, a estimé M. Bamba. « Il y a eu violation massive des droits de
l`homme, c`est la vérité. Mais vous savez, en politique la vie continue (…)
car vous êtes condamnés à vivre ensemble », a argumenté le diplomate.

La communauté internationale, se fondant sur les résultats de la Commission
électorale indépendante (CEI) ivoirienne, a reconnu Alassane Ouattara comme le
vainqueur de l`élection présidentielle du 28 novembre. Mais Laurent Gbagbo
revendique aussi la victoire, que lui a attribuée le Conseil constitutionnel.

M. Ouattara est cantonné dans l`Hôtel du Golf à Abidjan, placé sous la
protection d`environ 800 soldats de l`ONU.

L`ex-président nigérian Olusegun Obasanjo a quitté lundi Abidjan après deux
jours de médiation pour tenter de trouver une issue à la crise opposant les
deux présidents ivoiriens proclamés.

L`ancien chef d`Etat a effectué cette visite surprise dans la plus grande
discrétion, et n`a pas fait de déclaration publique. Après de premiers
tête-à-tête avec les deux rivaux dans la foulée de son arrivée samedi, il a
revu successivement MM. Gbagbo et Ouattara dimanche.

Le président sortant Laurent Gbagbo est sous la menace d`une opération
militaire de la Communauté économique des Etats d`Afrique de l`Ouest (Cédéao)
s`il ne cède pas le pouvoir à Alassane Ouattara.

Selon des sources diplomatiques africaines, M. Obasanjo a été envoyé en
« mission exploratoire » par le président en exercice de la Cédéao, le chef
d`Etat nigérian Goodluck Jonathan.

Une nouvelle mission de la Cédéao, accompagnée par l`Union africaine, a échoué le 4 janvier à Abidjan à trouver une issue à la crise, qui a fait
environ 200 morts depuis la mi-décembre, selon l`ONU.

Le dossier ivoirien devait également être évoqué lundi par le président
américain Barack Obama et le chef de l`État français Nicolas Sarkozy, en
visite à Washington.

11 Janvier 2011

BBC