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Le moins qu’on puisse dire est que le président de la République, Amadou Toumani Touré est un homme très pressé, qui annonce les événements avant l’heure. L’annonce qu’il a faite concernant la date des élections municipales lors de sa rencontre avec les élus des communes a semé la confusion dans l’esprit de certains maires et cadres de l’Administration territoriale.

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En fixant la date des élections dans la dernière décade du mois d’avril, ATT est allé plus vite que le ministère de l’Administration territoriale et des collectivités locales censé organiser les élections. En effet, hier, des agents de l’Administration territoriale ont décliné toute responsabilité quant aux dates annoncées par le chef de l’Etat, ‘’ Nous n’avons pas encore élaboré le chronogramme des élections, nous ne pouvons rien vous dire concernant le déroulement des municipales ‘’, nous a répondu un cadre de l’Administration. D’après ce cadre, des hommes politiques se sont rendus au ministère pour retirer le formulaire de déclaration de candidature aux futures élections municipales et l’administration leur aurait fait savoir que ces documents ne sont pas encore confectionnés.

Ces potentiels candidats ont, aussi, demandé des renseignements sur le chronogramme puisque l’annonce du président de la République leur a fait croire que l’administration disposait déjà de ce document, d’autant plus que la plupart des Indépendants sont moins informés que les militants des grands partis politiques.

Des élus municipaux nous ont exprimé leur désarroi concernant la date annoncée par ATT. En fait, leurs calculs étaient tout à fait différents puisqu’ils indiquent que les dernières élections municipales ont eu lieu le 30 mai et que leur investiture s’est faite le 24 juin 2004. Ils estiment, par conséquent, que la dernière décade du mois d’avril 2009 ne correspond pas à la date qui doit être programmée pour les élections municipales de 2009.

D’autant plus qu’une marge de précaution doit être prise, car, disent certains de ces élus, des circonstances peuvent motiver de légers reports. Pour un homme politique de l’Adéma Pasj ayant requis l’anonymat, ‘’ ce décalage de date est vraiment infime pour que cela puisse constituer un problème, le véritable problème ne se situe pas à ce niveau mais en terme d’organisation.

En ce qui concerne l’Adéma-Pasj, le parti avait rencontré ses élus pour leur donner d’amples informations sur les élections municipales.’’ Il a ajouté que certains partis politiques n’ont pas de véritables repères pour les élections municipales puisqu’ils sont en période de crise financière.

Ce qui n’a pas été démenti par un militant du MPR qui nous a affirmé que son parti aura des difficultés pour organiser des campagnes électorales pour leurs différents candidats aux municipales, à moins d’opter pour les hommes fortunés et capables, eux-mêmes, de financer leur propre campagne électorale. C’est donc, à ce titre, que certains hommes politiques n’ont pas apprécié la déclaration jugée prématurée d’ATT qui les met en demeure de se projeter dans l’organisation des futures élections municipales.

D’autant plus que certains élus n’avaient pas retenu la dernière décade du mois d’avril comme délai pour se lancer dans la bataille de leur propre succession puisqu’ils ont été investis le 24 juin 2004.

Toutes choses qui ont court-circuité les programmes personnels de certains élus qui ont fait ressentir leur désarroi en restant de marbre quand ATT avait annoncé la dernière décade du mois d’avril comme début de la période électorale, au Centre international de conférence. ATT avait même ironisé en leur faisant savoir qu’il a perçu leur désarroi. L’Administration territoriale, elle aussi, dans la gêne, fera t-elle tout pour rester en conformité avec la date annoncée par le chef de l’Etat?

Baba Dembélé

17 Décembre 2008