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Aussi loin que l’on puisse remonter dans le temps, on se rend compte que l’ancien l’empire manding (le Mandé) et actuel Mali s’avère être le territoire le plus riche, tant sur le plan de son épopée que sur celui de sa grandeur. Ne soutient-on pas, du rste, qu’en plus du Mali actuel, le Mandé regroupait une partie de tous les pays voisins, et même au delà?…

La période du IIIè siècle avant Jésus Christ (PSL) au XIIIème siècle après J.C. a consacré l’apparition et la croissance d’une structure urbaine à Djéné (ancienne Dièno-Diènè), dans le Delta central. Du IVème siècle avant J.C. au XIème siècle après J.C., l’empire du Ghana, réputé pour sa richesse en or, tombe en 1076 sous la coupe de musulmans fanatiques issus des Almoravides. De 1180 à 1235, on assiste à une hégémonie du royaume Sosso, sous le roi Soumangourou Kanté.


De Kouroukanfouga à l’ère coloniale

En 1235, à l’issue de la célèbre bataille de Kirina, Soumangourou est vaincu par un homme issu du clan des Konaté et qui prend le nom de Kéïta, du moins, selon certains historiens. Cette date charnière consacrera la fameuse Charte de Kouroukanfouka, ou Kouroukanfouga (c’est selon).

En 1324, le Mansa (roi) Kankou (ou kankan) Moussa effectue un fastueux pélérinage à la Mecque. Il aurait emporté avec lui des quantités si énormes d’or et les aurait si généreusement distribuées sur son passage que son nom était déjà “parvenu aux oreilles“ des Mecquois avant même son arrivée. Et certains chroniqueurs racontent que cette fabuleuse “fuite” d’or avait largement contribué à appauvrir le pays.

En 1592, au cours de cette autre fameuse bataille de Tondibi, au Nord de Gao, l’armée Songhoï est défaite par le corps expéditionnaire marocain, dirigé par un certain Pacha Djouder qu’on a qualifié de “rénégat espagnol”. Cette année marque la fin des grands empires et leur occupation par les Marocains.

De 1712 à 1818, on assiste quand même au rayonnement du royaume bambara de Ségou. Le 18 Mars 1818, lors de la bataille de Noukouma, le roi Peuhl du Macina, Sékou Ahmadou, bat les bambaras de Ségou et proclame la Dihna. De 1852 à 1864, El Haj Oumar Tall entreprend la conquête du Mandé par la Djihad (guerre sainte de l’Islam).

De 1854 à 1883, Faidherbe fonde les bases de la nouvelle colonie du Haut Sénégal, après avoir rejeté El Haj Oumar Tall du fort de Médine, près de Kayes. En Juillet 1891, la colonie du Haut Sénégal-Niger prend le nom de Soudan Français. Le 1er Mai 1898, la capitale du Kénédougou (Sikasso) est prise par les Français : Babemba Traoré préfère alors se suicider, plutôt que de se rendre.

Le 29 Septembre 1898, après 18 ans de lutte sans répit, Samory Touré est capturé par les Français et envoyé en exil dans une île du Gabon. De 1898 à 1960, le Soudan Français devient une colonie française. Le 18 Octobre 1904, le territoire entre la Sénégambie et le Niger prend le nom de Haut Sénégal-Niger. En 1908, la capitale est transférée de Kayes à Bamako.

De 1913 à 1916, les Bobos (au Sud) et les Touaregs (au Nord) se révoltent contre l’arbitraire colonial. Le 6 Décembre 1920, la colonie du Haut Sénégal reprend le nom de Soudan Français. De 1946 à 1960, c’est la longue marche vers l’indépendance, sous l’égide de l’Union Soudanaise RDA (US-RDA), créée à Bamako en 1946.


De l’indépendance à la démocratie

En Novembre 1958, l’Assemblée territoriale du Soudan Français est proclamée membre de la Communauté française créée, la même année, par la Constitution gaulliste (sous le Général Charles De Gaulle). Le 20 Juin 1960, l’indépendance du Soudan Français et du Sénégal est proclamée dans le cadre d’une Fédération dite du Mali.

Le 22 Septembre 1960, suite à l’éclatement de la Fédération du Mali, les 19 et 20 Août de la même année, l’US-RDA proclame l’indépendance du Mali et opte pour le socialisme. De 1960 à 1968, le régime US-RDA entreprend de nombreuses réformes : réforme de l’Enseignement, création d‘une monnaie nationale, d’entreprises d’Etat… Le 22 janvier 1967, le régime se durcit. Ce qui entraîne la création d’une délégation législative de 28 membres, en remplacement de l’Assemblée nationale.

Le 19 Novembre 1968, à la faveur d’un coup d’Etat militaire, le Lieutenant Moussa Traoré renverse le régime du premier Président Modibo Kéïta. De 1968 à 1979, la junte putschiste, regroupée en Comité Militaire de Libération Nationale, règne ans partage sur le pays.

La période de 1977 à 1980 s’illustre alors par une crise politique marquée par l’assassinat de Modibo Keïta (1977), par une révolution dite “de palais“ au sein des tenants du pouvoir, et par l’agitation sociale (en fin 1980).

De 1979 à 1991, le régime du parti unique et constitutionnel, l’Union Démocratique du Peuple Malien (UDPM), assure le relais du régime militaire. Le 7 Août 1984, le Mali retourne au franc CFA.

Mais une lettre ouverte d’un groupe d’intellectuels, adressée aux autorités, réclame l’ouverture politique et l’avènement du multipartisme. Ainsi, en Octobre 1990, des associations démocratiques se forment et réclament le changement : CNID, Adéma-PASJ…

Entre Novembre et Décembre 1990, le mouvement scolaire se réorganise par la création de l’Association des Elèves et Etudiants du Mali (AEEM). Ainsi se créent de nombreuses associations de jeunes.

De Janvier à Février 1991, de violentes manifestations éclatent à Bamako et dans d’autres villes du pays, qui revendiquent toutes le multipartisme. Du 22 au 25 Mars 1991, ces journées dites “folles“ provoquent des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre.

Le 26 Mars 1991, le Chef incontesté de l’Etat et de l’UDPM, le Général Moussa Traoré, est déposé par un autre Comité militaire, mais de réconciliation nationale, cette fois-ci, dirigé par Amadou Toumani Touré. Du coup, un Conseil de Transition pour le Salut du Peuple (CTSP) est créé.

De 1991 à 1992, le CTSP organise une Conférence nationale suivie d’élection libres et multipartisites : municipales, présidentielle… Aussi, le 8 Juin 1992, un intellectuel issu de la formation majoritaire, l’Adéma-PASJ, est investi Président de la République : Alpha Oumar Konaré. D’autres formations politiques participent au Gouvernement.

Le 8 Juin 1997 consacrera alors le deuxième mandat Alpha Oumar Konaré. Mais un mandat fortement contesté par des partis politiques rassemblés autour du Collectif des Partis Politiques de l’Opposition (COPPO), qui boycotteront l’élection présidentielle d’Avril 1997, ainsi que les législatives.

Mais ces dernières échéances électorales auront quand même lieu, même si elles entraîneront, par la suite, des troubles politiques “agrementés” d’arrestations et d’emprisonnements, compromettant ainsi le dernier mandat présidentiel d’Alpha Oumar Konaré. Ce dernier mandat sonnera l’avènement d’une nouvelle ère faite de consensus politique, avec l’accession d’ATT à la magistrature suprême.

Rassemblées par Oumar DIAWARA

24 Octobre 2008