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En Février 1994, l’US-RDA demande à ses cadres de “mettre fin à la gestion concertée du pouvoir”. Du coup, Mamadou Bamou Touré et Baba Hakib Haïdara, se sentant peut-être indexés, démissionnent de leurs postes respectifs. Est-ce par fidélité au parti, ou pour ne pas être classés au rang de la mouvance présidentielle?

Toujours est-il que le Bureau Politique National (BPN) du parti de la tendance Baba Hakib Haïdara opte… pour la ligne oppositionnelle. Mais l’Opposition est déjà dominée par Tiéoulé Mamadou Konaté et un certain… Me Mountaga Tall.

D’autres déchirements s’annoncent donc au sein du parti. Aussi fallait-il étudier immédiatement les voies et moyens d’une réconciliation. Alors, à l’appel des militants US-RDA, Seydou Badian Kouyaté et ses camarades réintègrent les rangs du parti.

D’autres grains de sable

En Janvier 1996, l’US-RDA tient son 6e congrès ordinaire. Le président du parti, Mamadou El Béchir Gologo, est évincé au profit de Mamadou Bamou Touré. Gologo est fait président d’honneur du parti ; mais c’est lui qui continuera à en tirer les ficelles.

Après sa débacle électorale d’Avril 1997, l’US-RDA s’allie aux autres partis de l’Opposition qui forment le Collectif des Partis Politiques de l’Opposition (COPPO). alors, Seydou Badian Kouyaté demandera au pouvoir d’ouvruir le gouvernement aux jeunes du COPPO. Et le 8 Mai 1998, il reprendra la même sollicitationsur les antennes de l’ORTM et de radio Klédu.

Pour la cause, le COPPO déclinera même les médiations de “bons offices” de l’ex-Premier ministre français, Lionel Jospin et de Pierre Maurois. C’est donc cet appel de Seydou Badian Kouyaté qui sera entendu par le pouvoir, sauvant ainsi le COPPO de ce avait appelé, à l’époque, un “suicide politique”.

LE 23 Mai 1998, une réunion est convoquée par l’US-RDA. Une frange importante des cadres et militants du parti, dont Mamadou El Béchir Gologo et Mamadou Bamou Touré, décide de suspendre Seydou Badian Kouyaté pour avoir… violé les textes du parti. En fait, cette frange acquise à Gologo et Touré avait considéré Seydou Badian comme un “traître ”. Pis, les 29 autres membres du BPN du parti subiront de même sort.


De mal en pis

Le 19 Juin 1998, Daba Diawara -fondateur du Parti pour l’Indépendance de la Démocratie et de la Solidarité (PIDS)- réussira à lever la sanction qui pèse sur Seydou Badian et les 29 autres membres du BPN, à travers le verdict du juge de la Commune II, M. Samballa Traoré. Mais le duo Mamadou Gologo-Mamadou Bamou, renforcé par Amadou “Djicoroni ” Traoré, n’en démord pas : le 25 Juillet 1998, les deux Mamadou convoquent un congrès extraordinaire pour examiner la crise du parti.

Mais ce sera un échec, car certains militants, dont l’admission au lieu du congrès avait été repoussée, forceront la porte et… casseront tout sur leur passage.

C’est alors que 37 des 52 sections du parti rejoindront les pétitionnaires favorables au Docteur Seydou Badian Kouyaté. Et ensemble, ils organiseront un autre congrès. Du coup, le clan Gologo-Mamadou Bamou Touré se réunit au siège du parti durant… une quinzaine de minutes, décide (encore) l’exclusion sans appel de Seydou Badian et des 29 membres du BPN.

Par ce deuxième “divorce ” entre hauts cadres du parti, le bicéphalisme paraît consommé au sein de l’US-RDA. D’un côté, le clan US-RDA de feu Tiéoulé Konaté (dit BDIA), créé par Baba Hakib Haïdara et Seydou Badian Kouyaté. De l’autre côté, le clan Mamadou El Béchir Gologo-Mamadou Bamou Touré et ses fidèles.

Alors, les deux clans se retrouvent devant les tribunaux : Tribunal de Première Instance, Cour d’Appel, Cour Suprême. Enfin, c’est le clan de Mamadou Bamou Touré qui gagne le ppprocès. Alors, Daba Diawara fonde le PIDS.

Du coup, cette autre fissure stoppe l’affluence de militants vers l’US-RDA. Si bien qu’à défaut de présenter une candidature, lors de l’élection présidentielle de 2002, le parti jettera son dévolu sur ATT.

Aux législatives de la même année, le parti n’obtient que deux sièges au Parlement : un à Kolokani (en alliance avec le BDIA), et un à Mopti (en alliance avec le RND). Les deux députés : Badara Traoré et Ali Maïga. Le parti est quand même menacé d’une nouvelle cassure, car Gologo profère des insultes à l’encontre de… son ancien allié politique, déjà démissionnaire : Mamadou Bamou Touré.

C’est dire qu’en fin de comptes, la faiblesse et le retard du parti de la “charrue attelée” ont tiré leur source dans ses querelles de positionnement et conflits d’intérêts. DÒu reste, ce fut -et c’est encore- le lot de tous les partis maliens, surtout les grands.

Oumar DIAWARA

30 Juin 2008