Partager

Ils y ont assassiné froidement, avec de nombreux cas d’égorgement, une centaine de militaires maliens. Du jamais vu encore sous nos cieux. Un odieux crime qui est resté jusqu’à présent impuni et personne ne pensait que ce genre de tragédie aurait pu se reproduire, même à une échelle moindre, en un laps de temps aussi bref.

En prenant d’assaut le gouvernorat de Kidal, le samedi 17 mai, et on y retenant une trentaine d’otages, après avoir fait de nombreux morts dans les combats, le MNLA, qui veut se faire passer pour un groupe « fréquentable », vient encore une fois de s’illustrer dans la barbarie la plus abjecte.

En assassinant froidement 6 officiels et 2 civils maliens désarmés et pris au piège dans le bâtiment administratif, ils signent avec leurs alliés terroristes des crimes inhumains et imprescriptibles. Le scénario était connu d’avance et bien préparé. Lors de sa déclaration de politique générale à l’Assemblée nationale, le Premier ministre avait fait part de son intention de se rendre à Kidal.

Depuis, les groupes armés terroristes ont commencé à s’agiter et à concocter un plan machiavélique. Ainsi, du 29 avril au 2 mai 2014, le MNLA a organisé à Kidal ville sa rencontre de concertation interne, avec plusieurs centaines de « délégués » venus d’un peu partout. Dix jours plus tard, soit exactement du 12 au 13 mai 2014, c’était autour du HCUA d’organiser, au même endroit, son 2e congrès ordinaire, avec aussi des centaines de « délégués ». Le hic, c’est que la Minusma et les forces Serval ont laissé librement entrer ces fameux « délégués » sans aucune méfiance et qui ne sont d’ailleurs pas ressortis.

En fait de délégués, il s’agissait plutôt de combattants venus avec armes et bagages pour attendre le jour J, c’est-à-dire la venue du Premier ministre. Si leur plan A était d’empêcher cette visite avec la manipulation des enfants et femmes sur la piste de l’aérodrome, le plan B était de positionner leurs combattants habillés en civil partout en ville, pour l’assaut qu’on aura vu le samedi dernier.

C’était donc un plan bien réfléchi et diaboliquement exécuté, car ils savaient que le détachement de militaires maliens présents dans la ville était en nombre inférieur. Ce qui devait arriver arriva donc malheureusement.

La rapidité avec laquelle la Minusma a condamné ces crimes odieux en dit long sur leur sentiment de culpabilité. Et le temps que la France a pris avant de réagir nous semble aussi incompréhensible que choquant.

Car le samedi, alors que les terroristes attaquaient le gouvernorat, à Paris, François Hollande tenait un sommet anti-terroriste consacré à la lutte contre Boko-Haram. Un sommet auquel le Mali n’a d’ailleurs pas été convié, ni l’Union africaine alors même que tous les experts sont d’accord là-dessus, Boko-Haram a, depuis 2 ans, infiltré les rangs du Mujao.

Lorsque les partisans du MNLA diffusent des photos de civils maliens tués, dont un préfet, sur les réseaux sociaux, il n’y a personne pour condamner cela. Et lorsque les mêmes violent les conventions de Genève en postant des photos de militaires maliens blessés et retenus par leurs soins, c’est motus et bouche cousue.

Assurément, la communauté internationale semble avoir un sacré problème avec le bon sens. En état de guerre, le Mali l’est malgré lui. Et il ne pourra compter que sur ses forces et une unité sacrée de tous ses fils et de toutes ses filles. Une guerre qui ne sera pas classique.

Il y aura des cas de collusion, des cas de trahison et de diversion. Il y aura des menaces déguisées, du chantage, voire des pressions « amicales ». Mais avons-nous réellement le choix ? Les morts d’Aguelhok et ceux de Kidal réclament justice. L’unité du pays et sa cohésion ne pourront être réalisées tant que cette situation de zone de non-droit continuera à exister à Kidal.

Tant qu’un groupe d’hommes, constitué en bandes armées continuera à bénéficier d’un laisser-faire et de négocier d’égal à égal avec un Etat, de tels actes horribles sont à craindre. Mais attention, la guerre ne se gagnera pas par les mots. Elle ne le sera que par la détermination et une stratégie bien élaborée. Une stratégie qui va bien au-delà du seul fait militaire…

Maliden

20 mai 2014