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Ibrahim Boubacar Kéita va-t-il marcher sur les traces d’un certain… Macky Sall ? Les deux hommes d’Etat, même s’ils appartiennent à deux familles politiques différentes – l’un est socialiste et l’autre libéral – semblent avoir en partage des similitudes.

Inconnu du grand public à l’époque, ils ont tous les deux été Premier ministre de deux présidents de la République charismatique. Si Macky Sall a été le directeur de campagne d’Abdoulaye Wade, IBK aura été directeur de campagne adjoint d’Alpha Oumar Konaré. Ils ont également tous les deux été président de l’Assemblée nationale, même si le mandat de Macky Sall a été écourté, victime d’un coup politique.

Tombés en disgrâce – d’aucuns diront victimes de combines politiques – ils ont tous les deux connus la traversée du désert avant de créer leur propre formation politique et de rebondir en accédant à la magistrature suprême de leur pays. Les similitudes ne s’arrêtent pas là, puisque les deux hommes ont eu le flair de surprendre tout le monde en nommant comme 1er chef de leur exécutif deux banquiers apolitiques et très peu connus. Des hommes neufs en somme qui auront comme principal cheval de bataille la lutte contre la corruption pour une relance économique afin d’améliorer les conditions de vie des citoyens.

Quand on veut aller plus loin, on se rendra compte que le Mali et le Sénégal sont les deux seuls pays en Afrique à partager la même devise (Un Peuple-Un But-Une foi), ainsi que le même drapeau (Vert-Jaune-Rouge), avec l’étoile sur celui du Sénégal. Un héritage de l’éphémère Fédération du Mali qui avait regroupé les deux pays.

Pour en revenir à notre analyse politique, disons que l’expérience sénégalaise devra surtout servir de laboratoire pour le président IBK. En effet, au pays de la Terranga, après avoir enclenché une lutte farouche contre la corruption et le blanchiment d’argent, Abdoul Mbaye avait fini par devenir la tête de turc du landerneau politique d’opposition, et même d’une partie de la majorité présidentielle. Le sérieux et l’austérité du monsieur gênaient énormément.

Dans la traque aux biens mal acquis, il en était arrivé à négliger, un tantinet, le volet social. Résultat, après un peu plus d’un an de compagnonnage, Macky Sall a été contraint de le limoger pour nommer à sa place une forte personnalité politique, avec une équipe politique autour, cela certainement pour une plus grande politique de proximité, mais aussi et surtout dans un dessein électoraliste.

A IBK et Oumar Tatam Ly de savoir bien décrypter ce qui est arrivé au Sénégal pour ne pas se retrouver dans le même imbroglio dans un an. Une équipe mixte de technocrates et de politiques, pourquoi pas ? Sauf que les politiques ont plus d’un tour dans leur sac.

Dans la lutte contre la corruption, que le nouvel exécutif n’oublie surtout pas de bien se pencher sur les domaines aussi sensibles que sont ceux de l’éducation, de l’emploi, de la sécurité, bref du développement global et harmonieux du pays. Le choix d’Oumar Tatam Ly est en tout cas un bon signal. C’est avant tout celui d’un non politique qui est appelé à gérer le délicat dossier des élections législatives et communales à venir.

Avec aussi son parcours, il aura la délicate tâche de gérer les fonds mis à la disposition du Mali, en évitant une déperdition de ces mêmes fonds à cause d’un mauvais montage pour le décaissement. Avec ce 1er gouvernement d’IBK, on sent déjà le vent du changement qui se prépare. A présent, nous attendons de le voir souffler pour voir jusqu’à quelle profondeur il balayera les mauvaises pratiques et les mauvaises graines qui ont essaimé un peu partout.

Maliden

10 Septembre 2013