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“On ne peut pas faire la promotion de l’emploi en devenant champion dans la privatisation des entreprises nationales qui meurent les unes après les autres”. C’est la déclaration faite par Dr Oumar Mariko lors de la conférence débat organisée, le 1er mai 2008, à l’occasion de la fête du travail, par la jeunesse du parti Sadi sur le thème de la problématique de l’emploi au Mali.

Le conférencier dira que la journée du 1er mai étant consacrée à la lutte des travailleurs pour l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail, qu’aucun syndicat malien ne devait prendre part à cette fête parce qu’ayant tous démissionné. “Nos syndicats ne sont plus sur le terrain de la défense des droits des travailleurs et par conséquent, ils ne devaient pas fêter cette journée”, a-t-il déclaré.

Cette précision faite, il a invité les Maliens à se donner la main pour prendre le phénomène du chômage des jeunes à bras le corps afin d’y apporter des solutions durables. D’ores et déjà, il a indiqué qu’il est convaincu qu’on ne peut pas créer et donner des emplois à des jeunes dans un pays qui ne compte qu’une poignée d’ entreprises. “Sans des entreprises, aucune gymnastique ne peut donner de l’emploi aux jeunes maliens”, a-t-il déclaré.

Avant de poursuivre que le choix politique actuel du pays n’est pas de nature à faciliter la résolution du phénomène du chômage des jeunes. Dr. Mariko est plus que jamais convaincu que des milieux mafieux on pris en otage l’économie malienne et empêchent la promotion des petites et moyennes entreprises, au profit des multinationales.

Il a dénoncé une récente décision du ministre de l’économie, de l’industrie et du commerce qui serait de nature a asphyxier les petites et moyennes entreprises créées dans la ville de Koutiala par des opérateurs économiques maliens pour la production de l’huile, de l’aliment bétail et du savon.

Selon Dr. Mariko, en enlevant ces PME de la liste des sociétés maliennes éligibles à l’achat de la graine de coton de la CMDT, le ministre par sa décision inique vient de grossir le nombre des chômeurs maliens de 600 personnes.

Ce qui l’a amené à dire que l’État, dans son incapacité de créer des entreprises, tue celles qui ont été installées par des Maliens qui se sont endettés auprès des banques pour voler au secours de leurs compatriotes. “Non contentes de privatiser l’oeuvre du Président Modibo Keita, nos autorités actuelles, en panne d’idées et trop impliquées dans les milieux d’affaires sabotent toutes les initiatives qui ne leur permettent pas de remplir leurs poches”, a-t-il indiqué.

A son avis, l’État malien actuel n’a pas la volonté de donner de l’emploi aux jeunes. Selon Dr. Mariko, le Président Modibo Keita qui avait cette volonté, en moins de 7 ans avait doté le pays de 33 entreprises nationales. Il a affirmé que si ce tissu industriel naissant était bien entretenu, le Mali ne serait pas dans le gouffre actuel.

“Au lieu de renforcer ce tissu industriel, ceux qui ont eu l’opportunité de gérer ce pays, ont plutôt décidé de le détruire sur l’autel de la privatisation, sans ignorer que le capital financier international ne développe pas un pays”, a-t-il estimé.

Pire, il est aujourd’hui convaincu que le pays est revenu au stade de la colonisation. “Nous ne produisons pas ce que nous consommons. Nous sommes devenus un marché de consommation et de producteurs de matières premières pour des unités industrielles à l’extérieurs du pays”, a-t-il ajouté. Les dirigeants actuels du pays, soutient-il, sont en mission de destruction du pays.

Sinon, comment comprendre cette crise qui gangrène l’école malienne depuis des années. Dr. Mariko a estimé que l’école n’est pas en crise et c’est le système politico-économique actuel du pays qui souhaite que l’école soit davantage détruite.

Selon lui, sans ressources humaines de qualité, le pays sera à la merci des néocapitalistes qui sont en complicité avec des milieux mafieux sur le plan international. Le Professeur Victor Sy, qui était présent à ce débat, a tenu à rappeler une phrase du Président Modibo Keita. Selon lui, Modibo disait régulièrement: “Si les propriétaires se transforment en spectateurs, c’est le festival des brigands…”. Il a invité les Maliens à méditer sur cette phrase.

Assane Koné

07 Mai 2008