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Sur la durée de la transition au Mali, la position des autorités ne souffre d’aucune ambigüité, contrairement à ce qu’affirment certaines opinions. Lors d’une interview qu’il a récemment accordée à nos confrères de ‘’Voxafrica’’, le premier ministre, Choguel Kokalla Maïga a soufflé la position du gouvernement sur la durée qui va être proposée à la CEDEAO par l’équipe technique en charge de la question. Selon lui, les autorités maliennes sont favorables à une durée raisonnable de la transition.

Non, le colonel Assimi Goïta et son équipe n’ont aucune intention de s’accrocher au pouvoir. Les Maliens ont certes fait une proposition de proroger la transition de 6 mois à 5 ans, à l’issue des Assises nationales de la refondation. Mais, tout porte à croire que les autorités ont changé d’avis, quant au respect strict des 6 mois à 5 ans proposés. Compte tenu des mésententes et des cancans suscités par cette proposition des Maliens, Assimi Goïta, Président de la transition et son gouvernement seraient dans une logique d’opter pour une durée raisonnable, en ce qui concerne la fin de la phase transitoire du pays. En tout état de cause, le premier ministre Choguel Kokalla Maïga a coupé court à toutes les rumeurs, lors d’un entretien qu’il a récemment fait sur la chaine ‘’Voxafrica’’. À l’entendre, la balle est plutôt dans le camp des Chefs d’Etat africains de la CEDEAO. Le PM Maïga annonce que la partie malienne est déjà prête à proposer et discuter pour une durée qui ne dépasse pas 4 ans. « Tous les délais que nous avons soumis à la CEDEAO ont été justifiés.

Elle n’a pas voulu négocier avec nous. Ils (chefs d’Etat africains) ont décidé de prendre des mesures en violation des textes. L’embargo est illégal. Il n’y a aucun texte de la CEDEAO et de l’UEMOA qui le prévoit », répète le Dr. Maïga. Les chefs d’Etat africains ont pris des mesures illégales, soi-disant qu’ils veulent instaurer un régime démocratique. L’embargo en vigueur au Mali a été pris pour assommer les autorités maliennes, les déstabiliser et les renverser, a-t-il avancé, avant de poursuivre : « Nous pensons que cet embargo fait du tort et au Mali et aux pays africains ».Dans cet entretien, le leader politique trouve que les sanctions de la CEDEAO engendreront des répercussions sur le quotidien de tous les pays limitrophes du Mali. Aussi, le chef du Gouvernement estime que le Mali est prêt à dialoguer avec la CEDEAO, en vue de trouver une durée consensuelle pour la transition. Sans détour, il précisera : « nous avons fini à notre niveau, il n’y a aucun problème de notre côté. Nous sommes prêts à discuter. Je crois que le constat a été fait au niveau de la CEDEAO que les sanctions ne sont pas la solution » pour la crise malienne. Qu’il s’agisse du Mali ou de la CEDEAO, chaque partie se trouve, selon lui, dans une dynamique de négociations.

Partant de ses précisions, le médiateur de la CEDEAO pour le Mali, en l’occurrence Goodluck Jonathan est arrivé, le jeudi 24 février 2022 à Bamako, avec des informations qui n’étaient pas le résultat des discussions enclenchées entre l’équipe technique du Mali et celle de l’organe. « Il est venu avec une proposition. Il semblerait qu’il lui a été dit que nous (Mali et CEDEAO) discutions sur la base de 12 à 16 mois, lors de cette dernière mission », explique Choguel qui précise : « Il se trouve que ce n’est pas ce qui a été discuté par notre équipe et l’équipe de médiation technique qui est sur place. Lorsque cela a été dit à Goodluck par le président Assimi Goita, il a estimé qu’ils attendent que les équipes techniques avancent dans les discussions ». On ne peut pas non plus donner un mandat indéterminé à la transition, c’est quoi le délai que vous proposez à la CEDEAO, c’est moins de quatre(4) ans ? Demande le journaliste à Choguel qui répond : « Mais bien sûr, c’est 4 ans et en-dessous. C’est moins de 4 ans ». Cette révélation laisse aisément comprendre que les autorités ne sont pas prêtes pour une durée transitoire de 5 ans, même si certains Maliens continuent de plaider pour cette cause.
Mamadou Diarra

SOURCE : Le Pays