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Le Mali fait partie des pays les plus pauvres sur le continent africain, voire dans la sous-région. Pourtant, il est indéniable que ses potentialités de développement sont inestimables. Dans ce cas, n’y a-t-il pas lieu de changer de manière de faire, d’organiser et d’agir dans les domaines intéressant le développement?

En tout cas, au moment où la conjoncture économique et financière frappe tous les pays, qu’ils soient du sud ou du nord, il est nécessaire de travailler à repenser notre façon de voir les choses et d’agir.


De nombreux atouts

La base de l’économie malienne, il n’est un secret pour personne, est l’agriculture, l’élevage et la pêche. En témoigne d’ailleurs l’intérêt que les autorités actuelles accordent ces dernières années à ces secteurs considérés depuis plusieurs années comme prioritaires.

Une manifestation de cet engagement est l’élaboration et la mise en oeuvre de la loi d’orientation agricole par les soins du président Amadou Toumani Touré. Elle a permis la mise en œuvre de travaux ayant conduit à l’aménagement d’importantes superficies pour l’irrigation en particulier dans les zones Office du Niger.

A cela s’ajoutent les espaces mis en oeuvre dans plusieurs autres contrées don t le périmètre irrigué de Manincoura relevant de l’Office de Développement Rural de Sélingué (ODRS), les périmètres à Baguinéda, à Mopti entre autres.

Des résultats impressionnants

Ces actions qui ont commencé depuis quelques années sont en train de produire des résultats impressionnants en terme de développement rural. En effet, avec l’initiative riz lancé par le Premier ministre Modibo Sidibé consécutivement à la menace qui planait au dessus des consommateurs maliens, à l’instar de ceux d’autres pays, a permis de démonter à l’opinion publique nationale l’importance des aménagements du genre.

Les résultats attendus pour la campagne agricole 2008-2009 ont été largement dépassés concernant en tout cas, la culture du riz un peu partout sur toute l’étendue du territoire national. En voilà un acte de traduction de la volonté et de l’engagement politique dans les faits.

Au regard des résultats ainsi obtenus, il apparaît clair, même nécessaire d’inciter les autorités du pays à poursuivre l’initiative comme programmé, sinon d’envisager de la renforcer davantage afin d’aboutir à des résultats plus éclatants.

En effet, les jalons viennent d’être ainsi posés pour la création des conditions de la sécurité alimentaire au Mali. Cette lutte a été celle de toutes les autorités, mais les circonstances actuelles permettent de se rapprocher chaque jour davantage de l’atteinte de l’initiative riz.

Le contrôle du marche, un casse tête

L’un des problèmes économiques majeurs est relatif au contrôle des prix sur le marché. Le service des Affaires Economiques qui avait pour missions le contrôle des prix et de la qualité des produits sur le marché, ainsi que celui des poids et mesures a été transformé en Direction Nationale du Commerce et de la Concurrence, en conservant certaines de ses attributions anciennes.

Cependant, dans le contexte du libéralisme économique, ses rendements semblent très maigres. En effet, au-delà de la délivrance de certains papiers destinés aux procédures de dédouanement ou en matière commerciale et de la lutte contre la fraude et la concurrence, ledit service, jusqu’à la preuve du contraire peut faire très peu de choses en terme de contrôle des prix sur le marché.

Dès lors, il urge, soit de le restructurer à nouveau ou de créer un nouveau service qui veillera au respect des prix fixés par les autorités sur le marché et ce, malgré le libéralisme économique aux effets destructeurs parce que source de spéculations à outrance de la part des commerçants.


Quel sort pour le consommateur?

Si l’on ne prend pas de mesures rigoureuses à l’encontre de la surenchère sur le marché, les consommateurs continueront à être à la merci des gens sans foi ni loi qui ne pensent à autre chose qu’au profit. La preuve en a été donné quelques jours après les premières récoltes.

En effet, pendant que certains se frottaient les mains, se disant que les prix des céréales, notamment du riz avaient baissé, les spéculateurs sont vite entrés dans la danse pour renverser la tendance. Et depuis, les prix ont tendance à revenir à leurs niveaux habituels sur tous les marchés.

Il faut craindre qu’à la longue cela ne compromette les sacrifices consentis par l’Etat dont l’un des objectifs était la baisse substantielle des prix. La balle est donc dans le camp du gouvernement.

Moussa SOW

28 Novembre 2008