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Le climat social a connu moins d’agitation au Mali que chez certains de ses voisins, face à la hausse sans précédent des prix des denrées de première nécessité. L’Etat a certes annoncé des mesures, avec à la clé des subventions, mais le coût de la vie à la hausse a continué d’être insupportable.

Pour combien de temps ? Après de vives tensions sociales, le gouvernement de la Côte d’Ivoire, à l’issue d’un conseil de ministres extraordinaire dimanche, a annoncé la baisse des prix du gazole et du pétrole.

En annonçant une baisse des prix, le Premier ministre prévoit la réduction du train de vie de l’Etat, notamment celui des ministres, exactement comme l’avait demandé un parti politique, le Parena au gouvernement malien lors d’une conférence de presse le 4 juin dernier. Les autorités maliennes attendent-elles qu’il y ait des émeutes pour prendre des mesures conséquentes ?

Le gouvernement ivoirien a annoncé dimanche une baisse du prix du gazole (diesel) et du pétrole lampant et une réduction du « train de vie » de l`Etat, notamment en diminuant de moitié les salaires des ministres, pour répondre au « cri de détresse » de la population.

« Ecoutant le cri de détresse de la population, le gouvernement a décidé en ce qui concerne le prix du litre de gazole, (de le fixer) à ce jour à 685 FCFA au lieu de 785, soit une réduction de 100 FCFA« , a déclaré le Premier ministre Guillaume Soro à l`issue d`un conseil des ministres extraordinaire. Il n’y a pas eu de baisse en revanche pour le super sans plomb ou le gaz butane, ce qui n’a pas manqué de mécontenter plusieurs associations de consommateurs, même si l’ensemble des mesures prises coûte déjà 200 milliards de francs CFA.

Le prix du pétrole lampant, très utilisé dans les villages, « passe de 550 à 495 FCFA », a ajouté M. Soro après une semaine de tensions sociales à Abidjan, notamment une grève des chauffeurs de taxis.

Pour faire face aux coûts de ces mesures, « le gouvernement a décidé de réduire le train de vie de l`Etat« , et notamment « de réduire de moitié le salaire de base de tous les membres du gouvernement« , a annoncé le Premier ministre. Mais dorénavant, les réajustements des prix des produits pétroliers seront étudiés par un cadre permanent de concertation.

Pour ce qui est de notre pays, le Mali, la relative accalmie observée sur le front social pourrait être interprétée par un adage qui dit qu’il n’y a pire eau que l’eau qui dort. Le gouvernement malien doit, comme celui de Guillaume Soro, prendre le taureau par les cornes en prenant des mesures urgentes et courageuses. On se rappelle que le 4 juin dernier, lors d’une conférence de presse, le Parena avait fait des propositions dans le sens d’alléger le coût de la vie sur les populations.
Le Parena avait-il vu juste ?

Parmi les mesures préconisées par le parti du bélier blanc figurent « la réduction du train de vie de l’Etat (dépenses en carburants, électricité, eau et communication), la réduction au strict minimum nécessaire des missions effectuées par les membres du Gouvernement et de l’Assemblée Nationale, des autres institutions de la République et des démembrements de l’Etat, la révision du taux des frais de missions des membres du Gouvernement, de l’Assemblée Nationale et des autres institutions, la moralisation des frais de missions ».

On note également la réduction des budgets de souveraineté des chefs des institutions de la République, la lutte contre la fraude et l’évasion fiscale, la fin des exonérations discriminatoires accordées à un certain nombre d’opérateurs économiques, l’égalité des opérateurs économiques devant le cordon douanier et fiscal, la restauration énergique du crédit de l’Etat dans tous les secteurs notamment dans les services financiers.

Le parti pour la Renaissance nationale avait également jugé urgent de mettre fin à l’image d’un Mali où tout est permis, où tout est possible.

« A cet effet, il est indispensable de desserrer l’étau et l’emprise de certains opérateurs économiques sur les services financiers essentiels de l’Etat, tels que la Douane et les Impôts, de renégocier sans délai les contrats qui nous lient aux compagnies exploitant l’or, pour augmenter les parts de l’Etat, au moment où le prix de cette matière première bat les records sur le marché mondial (1025 dollars, l’once, sur le marché de Londres à la date du 3 juin 2008) ».

Ainsi, il suffit d’une bonne gouvernance, la rigueur dans la gestion des ressources et des stocks, l’anticipation (le chef de l’Etat n’a-t-il pas dit, le 8 mars 2008, qu’il a accordé des exonérations à des commerçants qui n’ont pas tenu tous leurs engagements ?) et une bonne organisation de nos circuits d’approvisionnement et de distribution des produits céréaliers, avait préconisé le parti du bélier blanc. Après les mesures de Guillaume Soro, la balle est dans le camp de Modibo Sidibé.


B. Daou

22 Juillet 2008