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Les consommateurs maliens sont malmenés par les commerçants. Il s’agit d’une situation qui perdure depuis pratiquement la dévaluation du FCFA en 1994. Les prix des denrées de première nécessité ne cessent de grimper au grand dam du consommateur malien et ce, malgré l’existence dans le pays de plusieurs associations de défense des droits des consommateurs. Que font-elles en ce moment? Est-on en mesure d’affirmer qu’elles jouent pleinement leur rôle? Faut-il ramener toutes ces difficultés au niveau de la gouvernance? Des pouvoirs publics? Ce sont entre autres questions qui viennent à l’esprit et auxquelles il faudra trouver les réponses appropriées pour tenter de dégager les voies et moyens permettant d’y trouver des remèdes.

En effet, avec un pouvoir d’achat faible, la majorité écrasante des Maliens sont confrontés à de sérieuses difficultés de survie, surtout quand on sait qu’ils viennent à peine de sortir de la spirale de la souffrance due tant à l’invasion acridienne qu’à la faible et inégale répartition des pluies sur l’étendue du territoire national.

DES DEBATS AUTOUR DE LA QUESTION

De plus en plus, au sein de la population générale ,on se plaint de la cherté des produits alimentaires. Il n’y a pas encore un mois, les prix ont flambé, notamment ceux du lait. Et, par rapport à cette situation on a du mal à donner des explications. Pour certains, ce sont les autorités de tutelle du commerce qui devraient expliquer pourquoi subitement après la réélection d’ATT il se produit des hausses de prix. Mais les uns et les autres sont restés à ce niveau sur leur faim et les débats vont bon train sur la question.

Les nombreuses associations de consommateurs sont en ce moment interpellées, surtout qu’aujourd’hui, elles donnent l’impression d’avoir démissionné. Aussi, parmi les déclarations, certaines sont favorables au président de la République, d’autres l’accablent, tentant de faire croire qu’il en est le premier responsable. Cependant, force est de constater que les taches sont partagées et que chacun doit jouer sa partition. Il s’agit des problèmes du quotidien des Maliens et à ce titre tous sont concernés par eux.

QUELLES SOLUTIONS ENVISAGER?

Aussi, quant à la recherche de solutions, elle incombe à tous, à moins qu’il y ait des citoyens qui affirment qu’ils ne sont pas intéressés, voire concernés par le bien-être des Maliens. Ce qui est sûr, c’est qu’un acteur politique n’osera pas l’affirmer. Tout compte fait, les autorités de tutelle sont les premières à en être interpellées.

Par ailleurs, en raison des agitations politiques qui ont commencé la veille des élections présidentielles semblent se poursuivre à d’autres niveaux. En témoignent certaines interventions lors d’une émission sur une radio. Certains, curieusement en vont jusqu’à insulter ceux qui ont voté pour ATT aux élections présidentielles passées.

Prions simplement pour ces gens sans foi ni loi qui, à la limite, sont aigris. Au cours de la même émission pourtant, des esprits éclairés ont apporté des éléments de solutions au problème récurrent de la cherté des produits alimentaires de première nécessité. Cet orateur a démontré à l’opinion publique nationale que ce ne sont pas les débats stériles et les incriminations qui sont de nature à résoudre des problèmes du genre.

DES EXPLICATIONS

Ainsi, dira-t-il que les questions de cherté des produits proviennent surtout du fait qu’un petit groupe d’importateurs a le monopole de l’importation des denrées alimentaires. Il a proposé que les autorités du pays envisagent de permettre à davantage de commerçants d’importer. Cela, à son avis, permet de susciter la concurrence dont le rôle est la réduction des prix, chacun voulant vendre rapidement le maximum.

Curieusement, pour d’autres, l’augmentation récente des prix s’expliquerait par la mauvaise foi de certains citoyens qui espèrent ainsi jeter du discrédit sur le pouvoir ATT. Si c’était le cas, ils doivent savoir que ces méthodes ne marchent plus, à un moment où les populations sont en train d’acquérir de la maturité.

Elles sont de plus en plus mieux au fait des manoeuvres des hommes politiques. Qu’à cela ne tienne, il appartient à présent au pouvoir de ne pas donner l’impression d’être indifférent à cette situation qui préoccupe les populations; il faudra des réactions et avec promptitude ne serait-ce que pour rassurer les populations avant qu’on n’y trouve des solutions. Et le plus tôt sera le mieux.

Moussa SOW

1er juin 2007.