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Incroyable, mais vrai, pourrait-on se réjouir. Car depuis que l’heure de la cherté de la vie a sonné, on constate une diminution de la pratique de la dépigmentation, une pratique qui se traduit par l’usage des produits cosmétiques à base d’hydrocunone qui rend la peau plus claire.

Les femmes et les jeunes filles, qui avaient fait, de cette pratique, une tradition, sont aujourd’hui sur le point d’abandonner, voire d’abdiquer. Et pour cause : le coût de ces produits éclaircissants a pris une hausse vertigineuse. Au jour d’aujourd’hui, force est de reconnaître que cette conjoncture mondiale fait que partout dans le monde, tout est devenu cher, très cher : carburants, produits alimentaires…

Néanmoins, cette cherté a quelque part fait du bien, pourrait-on dire, ca, elle vient de contribuer (à sa manière, et sans s’en rendre compte) à la lutte contre la dépigmentation de la peau. Une dépigmentation, sinon une destruction qui entraîne des conséquences sanitaires très néfastes, avec une tendance manifeste à dénaturer le pigment de la peau naturelle.

Dans le temps, les autorités sanitaires, les parents, maris, amis et amies des “tchatchos” (dépigmentées) ont désespérément lutté contre cette pratique, à travers conseils, sensibilisation, formations et informations, sans pour autant obtenir gain de cause, encore moins relever le défi. Aujourd’hui, le pari vient d’être gagné grâce à la vie chère : les prix de ces produits éclaircissants ont triplé, sinon quadriplé, au gran dam des dépigmentées.

Pourtant, il faut signaler que devenir “tchactcho” exige autant d’efforts que de sacrifices, tant sur le plan financier et sur le plan de la toilette (entretien de la peau). Ainsi, des sommes énormes sont englouties dans ce maintien dit “esthétique“. Et les gammes de produits utilises par ces femmes et filles ”multicolores” sont variées : crème, lait, huile, savon, eau de colongne, parfum… Tout cela pour atténuer la forte (sinon nauséabonde) odeur de ces produits usées et abusées avec force et entêtement.

De nos jours, cette cherté de la vie a donc fait que le nombre de “tchatchos” est brusquement tombé en chute libre. Aussi, le souhait de bon nombre de Maliens est que les prix de ces produits éclaircissants restent à leur niveau actuel, afin de décourager davantages nos soeurs (et mères aussi) qui s’y adonnent. Car l’utiliation de ces produits est aussi nuisible pour la santé qu’à le longue, elle peut entraîner la mort, hélas.

Il est donc temps que les utilisatrices (et même les utilisateurs) de ces produits se préoccupent de leur santé en abandonnant cette pratique qui pourrit la peau et les rend comme des cadavres ambulants : et comme on a qu’une seule peau… Cette pratique provoque en plus le cancer de la peau, une affection contre laquelle bon nombre de “tchatchos” ne pourraient résister si elles devaient subir une opération churgicale, du fait de l’état défectueux de leur peau.

Et tout cas, aujourd’hui, même si la dépigmentation n’est pas totalement abondonnée, elle tire vers sa fin, vu le coût très élevé des produtis à utiliser. Du reste, il est si sain de garder son teint naturel. C’est pourquoi les jeunes filles de teint noir sont aujourd’hui beaucoup recherchées par les hommes. Tout comme dans le temps, ce sont ces mêmes qui ont quelque part contribué à promouvoir la mode des “tchatchos”? Et comment? En se moquant des noires et en faisant l’éloge des “blanches”, pardon des “tchatchos”.

Mariétou KONATE

09 Juillet 2008