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Les Maliens déjà confrontés à la cherté des prix des produits de première nécessité connaissent depuis quelques jours la hausse des prix de blanchissement d’habit. Une dure réalité.

Au Mali, tout augmente et à un rythme exponentiel. L’augmentation des prix n’épargne plus aucun secteur en dépit du protocole d’accord signé le 18 juillet 2007 entre l’Etat, le patronat et l’UNTM en vue d’éviter la flambée sauvage des prix. Les blanchisseurs de Bamako réunis en association viennent de revoir leurs tarifs à la hausse.

Ils viennent d’ajouter une marge de 50 à 100 F CFA selon les qualités d’habits. Cette décision est consécutive à la hausse du prix du charbon de bois leur matière première et surtout la nouvelle taxe à laquelle ils sont assujettis par les impôts.

L’augmentation des tarifs, selon Boubacar Touré, un blanchisseur travaillant à Hamdallaye, se justifie surtout par le fait que les Impôts ont exigé, cette année, le paiement d’une taxe supplémentaire alors que, d’après lui, chaque blanchisseur verse déjà annuellement 1500 F CFA dans la caisse de la mairie soit 18000 F CFA par an.

M. Touré chargé de recueillir cette cotisation chaque mois au compte de la mairie d’Hamdallaye indique aussi, que plusieurs facteurs expliquent aujourd’hui la hausse. Il pense que même le lait frais, que les blanchisseurs sont conseillés de consommer très souvent est passé de 125 à 150 F CFA.

Boubacar Touré s’indigne aussi du fait que plusieurs de ses confrères se plaignent de l’augmentation permanente du prix de la location des ateliers et de la solvabilité de certains clients qui abandonnent leurs vêtements dans leur atelier pendant plus d’une année avec le risque de rembourser en cas de perte. Il a déploré qu’il arrive même que « les mauvais clients » refusent de payer après le service.

Toujours selon Boubacar Touré, qui pratique cette activité depuis 20 ans, « le sac de charbon de 100 Kg qui coûtait entre 3000 et 3500 F CFA est passé à 7000 F CFA ». Même là, regrette-t-il, c’est une question de loterie, « les charbons qu’on trouve généralement sur le marché ne sont pas de bonne qualité, le sac est souvent rempli de débris de bois ».

Ainsi, ceux qui déboursaient 100 F CFA pour un complet (pantalon et chemise) payeront désormais 150 F CFA et 200 F CFA pour le boubou (forkia), qui était blanchi précédemment à 150 F CFA, 300 F CFA pour le grand boubou au lieu de 200 F CFA. Les prix sont fixés en fonction de la taille des habiles et l’effort fourni.

Beaucoup de gens estimant, que la situation est intenable pour eux sont tentés d’acheter un fer à repasser pour ne plus trop débourser. Mais cela va-t-il durer ? Car, le métier de blanchisseur, surtout en période de grande chaleur, relève du parcours du combattant.

Amadou Waïgalo

19 février 2008.