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Le Jeudi 30 Mai 2008, soit deux jours après leur marche avortée suivie de leur arrestation, les responsables du “Mouvement des sans voix” Tahirou Bah, Secrétaire Général et Martin Dakouo, secrétaire aux relations extérieures du Mouvement- se sont retrouvés au siège de la radio Kaïra, sis à Djélibougou, pour exprimer leur indignation devant ce qu’ils appellent une entrave aux libertés publiques.

pour la circonstance, deux points ont été évoquées par ces deux conférenciers : l’arrestation de Tahirou Bah et ses camarades par les éléments de la police du 1er arrondissement, et la cherté de vie. Rappelons que c’est pour ce dernier point qu’au début de la semaine, les acteurs du Mouvement voulaient organiser une marche. Ils en ont été dissuadés par la police qui les a dispersés.

Dans leur déclaration, les acteurs de ce Mouvement mentionnent : “Depuis quelques mois, la cherté de la vie frappe de manière aiguë et de plein fouet le peuple Malien “. Et d’ajouter ; “Au Mali, la flambée des prix a envahi tous les secteurs de l’économie, et surtout, les produits de première nécessité ”.

Le Mouvement n’entend pas seulement dénoncer cette situation. C’est pourquoi il a fait des propositions qu’il soummettra aux autorités : il s’agit d’encourager l’offre, par des suppressions de taxes; de prendre des mesures pour bloquer les prix; de subventionner et taxer les intrants agricoles et les rendre disponibles afin d’améliorer la production; de supprimer les redevances eau.

Dans cette panoplie de propositions, le Mouvement des sans voix demande également une révision à la baisse des prix du secteur du logement, de l’habitat et du loyer qui représente une part importante des dépenses des consommateurs au Mali.

Selon le Mouvement, la question de la vie chère est l’arbre qui cache la forêt, car elle est directement liée à la question des inégalités qui morcellent le peuple et l’asservissent pour les besoins du capital financier international.

C’est pourquoi le Mouvement dénonce avec rigueur l’injustice et l’arrogance que subissent les grévistes de Moriba, leurs femmes et leurs enfants, de la part de l’Etat, à travers les multinationales qui sévissent contre les populations de Sanso.

Par rapport à la cherté de la vie, le Secrétaire Général du Mouvement, M. Tahirou Bah, a été clair. “Les causes de cette flambée des prix ne sont pas un fait naturel, loin de là, encore moins un hasard.

Elles sont, entre autres, dûes à la spéculation financière internationale, à la production de bio-carburants en lieu et place de l’alimentation, et aux ajustements structurels imposés par la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International ”, a-t-i l constaté.

Aussi, ces acteurs du Mouvement des sans voix dénoncent : “Le Premier ministre, incapable de prendre les mesures qui s’imposent, s’oriente vers la mise en oeuvre de politiques chimériques, accompagnées surtout par des théories économiques échappant à toute logique ”. Ils concluent en déclarant que la concurrence elle-même n’étant pas parfaite, les prix peuvent s’élever du fait des monopoles ou de l’entente entre quelques fournisseurs.

Le Mouvement des sans voix, mouvement de lutte et de résistance populaire, s’opposera à la trahison et se battra par tous les moyens nécessaires pour obtenir justice pour notre peuple et pour un Mali meilleur ”, ont déclaré les conférencier. Ils en ont profité dénoncer également les exonérations accordées à certains opérateurs économiques pour importer le riz afin de le rendre accessible aux consommateurs.


Laya DIARRA

30 Mai 2008