Partager

marcheurs2.jpg

La Confédération syndicale des travailleurs du Mali (CSTM) a organisé mardi une marche pour protester contre la cherté de la vie. Très tôt le matin, les militants s’étaient réunis au siège de la Confédération d’où partira la marche.

« Nous marchons aujourd’hui pour prouver notre bonne foi à tout le peuple qui souffre de la flambée des prix« , s’écriait un des marcheurs qui a requis l’anonymat.

À 8 heures 50 minutes, la procession s’ébranla pour rallier la Primature. Elle était conduite par le secrétaire général de l’organisation syndicale Amadou Amion Guindo qui avait à ses côtés Mme Barry Aminata Touré, présidente de la Coalition alternative contre la dette (CAD-Mali) et plusieurs autres responsables syndicaux.

Encadrés par un cordon de policiers, les marcheurs brandissaient des pancartes et des banderoles sur lesquelles on pouvait notamment lire « Pouvoirs publics : stop à l’augmentation des prix des denrées alimentaires« , « Oui à la réglementation des prix, nous n’avons plus rien à manger« .

Après environ 45 minutes de marche, le cortège qui avait pris du volume en cours de route arriva à destination. Sur place les marcheurs ont été reçus par le chef de cabinet du Premier ministre, Alfousseny Sow au nom du chef de gouvernement Modibo Sidibé.

Le secrétaire général de la CSTM et d’autres responsables de la marche ont été accueillis dans la cour tandis que le gros des marcheurs qui voulait forcer l’entrée au portail fut prié d’attendre devant l’enceinte.

Amadou Amion Guindo a lu une déclaration dans laquelle il a rappelé « qu’il y a juste une décennie, le citoyen malien quel que soit le niveau des difficultés économiques dans notre pays, était à l’abri de la pénurie des denrées de première nécessité sur les marchés, de l’absence de dispositif d’approvisionnement des marchés en biens de consommation de qualité, de la flambée des prix au gré des fournisseurs« .

Le secrétaire général de la CSTM s’est notamment insurgé contre l’inexistence de mesures de sécurité en terme d’approvisionnement en céréales, de médicaments et autres produits essentiels. Il a aussi critiqué la poursuite de la politique de monopole du riz et du lait, de l’absence de mécanisme de prévention et de gestion des situations de crise alimentaire ainsi que la quasi faiblesse de la politique et de l’absence de politique incitative d’importation des produits indispensables tels que le riz, le lait, l’huile.

Selon Amadou A. Guindo, « la cherté de la vie a atteint son paroxysme« . Par conséquent, le patron de la CSTM a invité les autorités à procéder à une augmentation substantielle de l’ensemble des revenus, à redonner à l’OPAM ses missions originelles d’achat et de gestion de stocks, de distributeur et de régulateur du marché intérieur.

Il aussi plaidé pour la création de coopératives de consommation dans toutes les communes du Mali. « Nous vous invitons à l’action concrète et positive qui est la seule alternative capable de ramener la confiance ébranlée« , a conclu Amadou A. Guindo qui a ensuite remis une copie de sa déclaration au chef de cabinet du Premier ministre Alfousseny Sow, avant que la marche ne se disperse dans le calme.

Mh. TRAORÉ

23 avril 2008.