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L’augmentation du prix de la ba-guette de pain est la goûte d’eau qui fait aujourd’hui déborder le vase. Contrairement à une habitude de langue de bois qui a cours dans notre pays, la CSTM vient de faire une sortie digne d’un syndicat à l’avant-garde du combat.

Dans une déclaration en date du 15 novembre 2007, le Comité exécutif national de la Confédération syndicale des travailleurs du Mali (CSTM) vient de s’élever contre l’augmentation du prix du pain. Selon elle, à la surprise générale des populations du Mali, le prix du pain vient encore une fois réduire le pouvoir d’achat déjà précaire des Maliens.

L’attitude du gouvernement du face à cette augmentation a été dénoncée par la CSTM qui “exhorte les organisations et associations démocratiques soucieuses du bien être du peuple malien à se mobiliser contre cette augmentation et pour prévenir d’éventuelles augmentations sur d’autres produits de première nécessité”.

Déterminée à ne plus se laisser faire et consciente que seule une bonne mobilisation populaire peut protéger les intérêts des consommateurs, la CSTM a déjà son mot d’ordre fédérateur: « Ensemble, unissons-nous pour agir contre la précarité et la chute vertigineuse de notre pouvoir d’achat ».

Les responsables de la CSTM appellent cette mobilisation populaire de tout cœur, eu égard au constat que « depuis plusieurs décennies, le peuple malien vit dans un environnement économique, politique, social et culturel très peu favorable à l’épanouissement de l’homme ».

Et tout porte à croire que la CSTM n’est plus prête à suivre le gouvernement dans ses errements qui ont occasionné de nombreuses violations des droits et libertés des travailleurs, l’État de délabrement avancé de l’école malienne, l’effondrement du pouvoir d’achat des populations en général et celui des salariés en particulier. Et c’est de plus en plus convaincue des limites du dialogue social au Mali que la CSTM a déposé sur la table du gouvernement un cahier de revendications de 57 points.

La non satisfaction de ses revendications conduira la CSTM à observer une grève de 72 heures à compter du 27 novembre 2007. En tout cas, tout porte à croire que la CSTM veut donner l’exemple au peuple malien qui ne doit plus croiser les bras et attendre qu’on lui empoisonne l’existence avec des décisions qui ne sont prises dans son intérêt, ni dans celui du pays.


Assane Koné

21 novembre 2007.