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C’est désormais par lieutenants interposés que les chefs religieux se combattent en cette période électorale. Si du côté du président du Haut conseil islamique du Mali (HCIM), l’imam Mahmoud Dicko, c’est le président du mouvement politico-religieux Sabati Moussa Boubacar Ba qui porte le flambeau, pour le compte du Chérif Ousmane Madani Haïdara, il revient au président de l’Union des jeunes musulmans du Mali, Mohamed Macky Bah de défendre la position du guide alors que le Chérif Bouillé de Nioro a chargé son propre fils de porter sa voix. Cette guerre feutrée risque bien d’embraser la communauté musulmane au Mali surtout que l’opposition entre ces chefs religieux a déjà provoqué des incidents dans les mosquées.

Il n’y a plus de doute : les leaders de la communauté musulmane ne parleront pas le même langage à l’occasion des présentes consultations électorales. Pis, c’est une guerre feutrée qui se mène par lieutenants interposés. Ainsi, du côté du président du Haut conseil islamique du Mali (HCIM), l’imam Mahmoud Dicko sans doute favorable à IBK, c’est le président du mouvement politico-religieux Sabati de Moussa Bah qui tente de faire triompher leur idéal, celui d’imposer le choix du candidat du RPM.

Ce mouvement aurait pris d’assaut les mosquées de Bamako et de l’intérieur pour faire passer les consignes. Le même choix est fait par le Chérif Bouillé de Nioro qui envoie son fils porter sa parole à ses disciples qui a donné 10 millions F CFA au mouvement Sabati 2012. Les deux groupes vont jusqu’à entretenir la confusion faisant passer leur mission comme celle du Haut conseil islamique du Mali (HCIM)

Une telle immixtion du politique dans le religieux est combattu par le Guide des Ansari Dine, Chérif Ousmane Madani Haïdara dont le lieutenant n’est n’autre que le président de l’Union des jeunes musulmans du Mali, Mohamed Macky Bah. Il est, d’ailleurs, loin d’être le seul dans ce cas. L’attitude de Sabati 2012 va-t-il l’obliger à entrer en campagne lui-aussi pour tel ou tel candidat. Rien ne dit, pour le moment, le contraire.

En attendant, la tension est montée d’un cran dans différentes mosquées de Bamako et de l’intérieur du pays au sein desquelles des voix s’élèvent pour dénoncer que la mosquée n’est pas le lieu idéal pour mener une campagne électorale. Selon nos confrères de l’Indépendant, quand des prêcheurs ont voulu rendre compte du meeting de Sabati 2012 organisé dimanche dernier demandant que tous les musulmans soutiennent un seul et unique candidat, il y a eu des incidents dans plusieurs mosquées de Bamako comme à la mosquée de N’Tomikorobougou, une autre mosquée à Bamako-coura, près de la place OMVS.

Selon des témoins, là il y a eu une bagarre au cours de laquelle le prêcheur aurait reçu des coups de poings. A l’allure où vont les choses, la guerre feutrée entre les chefs religieux risque de se transformer en guerre rangée. Que Dieu nous en garde !

Youssouf Coulibaly

L’Indicateur du Renouveau du 17 Juillet 2013.