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Le ministre Séméga a invité les responsables et les usagers à prendre soin du train.
C’est une excellente nouvelle pour les usagers du chemin de fer Bamako-Dakar et un événement très attendu par les riverains des rails : les activités du trafic voyageurs
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ont repris hier. Ils étaient ainsi 560 passagers à s’installer dans un climat euphorique à bord de dix wagons-voitures à destination de Kayes. Le ministre de l’Equipement et des Transports, Hamed Diane Semega, accompagné de son homologue de la Sécurité intérieure et de la Protection civile, Sadio Gassama, ont assisté au départ de ce convoi qui consacre le lancement des activités du trafic voyageurs sur l’axe Bamako-Dakar. L’événement s’est déroulé en présence du représentant de Transrail, Alou Sibiri Traoré.

La reprise du trafic voyageurs vient mettre fin aux épreuves des habitants des localités riveraines des rails confrontés, depuis l’interruption du transport des voyageurs en 2003, à des difficultés de déplacement et d’évacuation de leurs productions vers les centres de consommation.

Après la privatisation de la Régie des chemins de fer du Mali, la société Transrail, repreneur de la défunte RCFM en 2003, a interrompu un trafic voyageurs car l’activité n’était pas rentable pour elle.

Depuis, les riverains des rails dont l’activité économique était liée au train ont entamé une inexorable déclin marqué par une destruction progressive du tissu économique tout le long de la voie ferrée et la paupérisation des populations.

Des villages nés de l’activité ferroviaire ont même disparu et des familles gagnant leur vie grâce au passage du train ont périclité faute de moyen d’évacuation pour leurs produits.

Ce marasme a persisté malgré les dispositions prises pour faire assurer par le concessionnaire le trafic voyageurs aux frais de l’Etat et sous sa responsabilité, a expliqué le ministre Hamed Diane Semega. « C’est devant que cette situation pénible que le chef de l’Etat a demandé au gouvernement de trouver une solution à ce cauchemar« . La solution a été trouvée mais elle avait un coût : 13 milliards de Fcfa.

Financé par notre pays et l’Inde, un nouveau matériel ferroviaire a été acquis. Il comprend un premier lot de dix voitures pour voyageurs et trois locomotives. Ce matériel a été réceptionné en février dernier.

Un deuxième lot composé de trois locomotives et vingt huit voitures est en phase de réception au port de Dakar.
« Ce train sera exclusivement exploité par l’Etat. Une cellule de sŽcurisation des recettes a été mise en place. Les titres de transports sont obligatoires pour tous les usagers et ˆ tous les niveaux« , a expliqué un responsable du département de l’équipement et des Transports qui a assuré que celui-ci mettra graduellement en place une structure complète de gestion des recettes, avec au fur et à mesure, l’ouverture des gares garantissant la desserte des localités situées le long des rails.

« C’est un gros investissement que l’Etat a consenti. Car le trafic voyageur plus qu’une simple liaison de transport ferroviaire est un véritable outil de développement économique, social et culturel« , a précisé le ministre Séméga qui a invité les responsables et les usagers à prendre soin du train.

Une invitation qui fait indirectement référence à la situation aberrante qui prévalait par le passé et qui a fortement contribué à « tuer » le trafic voyageurs. A l’époque les passe-droits côtoyaient la fraude la plus échevelée, la corruption des agents de la Régie eux-mêmes, la resquille, le désordre. Les trains étaient pleins ˆ ras-bords mais les caisses de la Régie étaient désespérément vides et les rames malodorantes dans un état lamentable.

Au moment où les nouvelles voitures sentant bon le neuf, s’élançaient, ce souvenir a du remonter dans les mémoires des familiers du train. Ainsi le lancement du trafic voyageur fut un pur moment de liesse populaire à la gare où de nombreux voyageurs s’apprêtaient à embarquer dans la rame inaugurale.

La grande cantatrice Oumou Sacko, invitée spécialement pour célébrer l’événement, multipliait chants et louanges à l’endroit des pouvoirs publics qui ont engagé cette louable entreprise.

« Nous sommes fiers de notre pays. Nous sommes fiers du président, ATT qui a tenu sa promesse« , a lancé une veille dame avant de monter dans une voiture.

Tout comme cette sexagénaire de nombreux passagers nous ont exprimé leur joie. « Je suis très content de ce nouveau train. Auparavant, voyager, était un chemin de croix, vous étiez assailli par des problèmes de tout ordre. Aujourd’hui loué soit le ciel, je viens de prendre mon billet sans problème. L’intérieur du train est confortable et je suis très à l’aise« , confie Assétou Fofana une passagère à destination de Kayes.

« Je dormais peu à l’idée de voyager par l’ancien train à cause des problèmes« , avoue B. Doucouré, visiblement très èmu. « Il me manque des mots pour dire combien nous avons souffert après l’interruption du trafic voyageur par Transrail. Nous avons perdus tous nos biens. Mais c’est désormais l’espoir pour moi« , a t-il dit.

Be COULIBALY – L’Essor

11 Décembre 2007.