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Plombée par la mauvaise gestion, la concession aux Canadiens, la société de droit sénégalo-malienne se débat dans des difficultés avec un plan de relance qui n’est pas du goût de tout le monde.

Contraints et forcés par la Banque mondiale et l’Agence française de développement (AFD), les gouvernements du Mali et du Sénégal décident de privatiser leurs régies du chemin de fer. Ces deux institutions s’engagent à leur octroyer un prêt de 73 millions de dollars si la société est privatisée.

C’est ainsi que le groupement Canac-Getma mieux disant avec une offre de 15 milliards F CFA est retenue pour une « concession intégrale » d’une durée de 25 ans. C’était le 5 mars 2003.

Ainsi est née la société anonyme Transrail-SA. Canac-Getma détient 51 % par l’intermédiaire de Transrail Investissement. Le reste du capital en actions est réparti entre les Etats du Mali et du Sénégal (10 % chacun), les actionnaires privés des deux pays (20 %) et les employés de Transrail par l’intermédiaire d’un fonds commun de placement (9 %). La nouvelle société débute ses activités le 1er octobre 2003.

Mais, très vite, le partenaire de référence imposé par les bailleurs se révèle être juste quelqu’un qui est venu se faire de l’argent. Canac-Getma n’investit aucun sous, se contentant de tirer le maximum de l’existant.
Au finish, c’est une dette colossale qui est laissée aux deux Etats au moment où Canac-Getma se retire ou du moins est chassé de la cogestion. Le nouveau repreneur n’en mène pas large non plus. Advens, une société française spécialisée dans… l’agroalimentaire, reprend les 51 %.

Transrail vient de soumettre un plan de relance à ses actionnaires. Un plan jugé amer, mais incontournable pour la survie d’un corridor vital pour le Mali. Les faits sont là. 270 152 tonnes de fret ont transité par rail en 2009 dans le pays.

Avec un chiffre d’affaires de 17 milliards de F CFA et un endettement de 12 milliards de F CFA, Transrail vit des instants périlleux alors que le corridor peut profiter des difficultés de la Côte d’Ivoire et supplanter largement l’axe Abidjan-Bamako.

Alexis Kalambry

31 Décembre 2010.