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La tempête au sein de Transrail n’est pas prête de s’arrêter. Pour manifester sa désapprobation à la grève de 72 h observée du 13 au 15 juillet 2006, la direction générale de Tranrail a frappé fort le 21 juillet dernier, en ordonnant le licenciement de 13 cheminots : neuf à Bamako et quatre à Kayes.

Ont fait les frais de cette mesure pour exercice illégal d’activité syndicale, des leaders syndicaux en l’occurrence, le secrétaire général du nouveau bureau syndical Abdoulaye Sago et ses trois adjoints, Modibo Fofana, le secrétaire aux revendications. Ces licenciements découlent d’une crise interne profonde, dont le point de départ a été la question de reconnaissance du nouveau bureau syndical issu d’un congrès extraordinaire.
Le licenciement des leaders syndicaux qui n’a été accueilli favorablement a suscité colère et mécontentement. Pourtant, la polémique est loin d’être éteinte. Face à la crise, les travailleurs n’ont pas tergiversé. Par solidarité à leurs camarades licenciés, ils ont décidé de boycotter vendredi dernier toutes activités ferroviaires de Diboly à Bamako et cela jusqu’au départ du directeur général François Lemieux. Quoi qu’il en soi, ce dernier est « persona non grata » des cheminots. Ils sont nombreux ceux qui demandent sa tête pour avoir mal géré la société au mépris des statuts et règlements, rapporte-t-on.

Comme si la suspension ne suffisait pas, la direction générale de Transrail a fait des notes d’information à l’effet de recruter des ouvriers, des conducteurs de train et des agents spécialisés de la voie parmi les travailleurs déflatés. Ce qui est perçu comme une façon de mettre en cause la concession. « Ce n’est pas explicable de licencier 617 agents en 2003 et prendre les mêmes agents parce que les travailleurs réclament leur droit », se rebelle Modibo Fofana, secrétaire général aux revendications.

Notant une rétractation de la part de la direction, le secrétaire général de l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) a adressé à celle-ci le 19 juillet dernier une correspondance, dans laquelle elle estime n’avoir pas été satisfaite du contenu de sa réponse. « Des échos très concordants nous font comprendre que vous avez épousé une autre logique faite de menace, d’intimidation, pouvant aller jusqu’au licenciement. N’élevez pas la dimension du conflit et ne revendiquez aucune part qui pourrait vous desservir. Si vous nous faites confiance nous pourrons ensemble tourner la page et sauver la concession. Le contraire serait fortement préjudiciable à toutes les parties… », avait averti Siaka Diakité qui a promis de prendre en charge la gestion du dossier des licenciés.
Nul ne sait jusqu’où ira la mesure de licenciement qui a embrasé la société. « Où va la liberté syndicale au Mali ? Et dans les heures qui viennent les actes causés par François Lemieux peuvent être la cause d’un soulèvement général que personne ne souhaite dans un pays stable comme le nôtre », a ajouté M. Fofana.

La conférence de section du transport tenue samedi à la Bourse du travail à l’initiative de l’UNTM a mis en place un bureau syndical unique sous l’égide du Syndicat national des transports. Fort de 35 membres, il est présidé par Abdoulaye Sago. Etaient présents à la conférence des délégués de Diboly, Kayes, Mahina, Walya, Toukoto, Sébécoro, Néguéla et Bamako.

Mohamed Daou

24 juillet 2006