Partager


« Le réflexe m’a manqué et je présente toutes mes excuses au peuple malien »

Le Républicain : Lors de la troisième journée des matchs de poule de la coupe UEMOA (Union Economique et Monétaire Ouest Africaine), vous avez pris un carton rouge direct pour avoir frappé un attaquant des Etalons du Burkina Faso. Pouvez-vous nous expliquer ce qui s’est réellement passé entre vous ?

Cheick Oumar Bathily : Pour commencer d’abord, je dirai que le réflexe m’a manqué et je tiens à présenter toutes mes excuses aux Maliens et Maliennes concernant ce mauvais réflexe de ma part lors de ce match et qui m’a coûté un carton rouge. J’ai été victime de quelque chose que moi-même, je ne parviens pas à m’expliquer jusqu’à présent. En fait, c’est à la suite d’un coup de poing que l’attaquant burkinabé m’a donné à l’abdomen que j’ai réagi subitement.

Tellement cela m’a fait mal, je n’ai pas pu me maîtriser. Du coup, je l’ai repoussé, pour l’éloigner de moi. C’est ainsi qu’il a joué à la stimulation en s’écroulant à terre. L’arbitre sans chercher à comprendre m’a immédiatement donné le carton rouge. Car, il croyait que j’avais frappé le joueur du Burkina, alors que c’est ce dernier qui m’a boxé au ventre. J’ai manqué de réflexe sinon, c’est moi qui devais me coucher pour qu’il écope d’un carton. C’est dire que je suis tombé dans son piège, mais l’arbitre aussi.

Vous démentez donc que vous n’avez pas frappé le joueur burkinabé ?

Ah oui! Je ne l’ai pas frappé. La sortie de ma main n’était pas pour le frapper, mais pour l’éloigner de moi. C’est ce geste qui n’a pas été compris par l’arbitre et le public sportif.

Voulez-vous dire par là que la décision de l’arbitre n’était pas bonne ?

Oui, la décision de l’arbitre sénégalais m’a beaucoup surpris et m’a beaucoup déçu. Non seulement, j’ai été expulsé à cause de la simulation du joueur du Burkina, mais également, il a sifflé un penalty contre mon équipe. C’est ça d’ailleurs qui m’a fait plus mal que mon expulsion même. Je n’en revenais pas. Je ne sais pas conformément à quel règlement il a apprécié cet acte pour siffler ce penalty.


Certains estiment que l’arbitre a donné le penalty parce que la balle était en cours de jeu ?

Non ! On dit que la balle est en cours de jeu si je l’avais déposé à terre ou si j’avais fait le dégagement avant de commettre ensuite la faute. Mais, du moment que j’ai le ballon dans ma main, il n’est plus en cours de jeu. Si je n’avais pas trouvé la balle et que je commettais la faute sur le joueur du Burkina-Faso au moment où on cherchait tous les deux la balle, l’arbitre pouvait siffler contre moi. Si le joueur burkinabé venait frapper la balle dans mes bras et marquer le but, est-ce que ce but allait être accordé ? Pas du tout.

Votre sortie a obligé le Mali à jouer en infériorité numérique pendant plus de cinquante minutes contre leurs homologues du Burkina. Comment avez-vous vécu ces moments dans les vestiaires ?

Quand je suis sortis à cause du carton rouge, je ne savais plus quoi faire. Je me disais que si l’équipe malienne perdait cette rencontre, c’était de ma faute. J’étais vraiment en colère contre moi-même. Dans les vestiaires, j’ai donc vécu des moments difficiles ; peut-être les plus difficiles de ma vie. Je le répète, je me suis fait piéger par la simulation de l’attaquant burkinabé. Mais, je crois que si on veut gagner un match, il faut le faire sans tricher. Tel n’a pas été le cas du Burkinabé. Heureusement que mes coéquipiers ont tout donné pour remporter la victoire. Donc, sa tricherie ne lui a rien rapporté.


Lors de la première édition de la coupe UEMOA qui s’est tenue au Burkina-Faso, Soumaïla Diakité avait aussi pris un carton rouge aussi bête, comme vous. C’était contre la Côte d’Ivoire en match de poule. Cela a empêché le Mali de disputer la finale. En vous inspirant de ce cas et avec votre expérience, cela ne devait pas vous arriver dans cette seconde édition du tournoi de l’intégration ?

Oui, le cas de Soumaïla Diakité devait me servir de leçon pour éviter les mêmes erreurs. Mais, je crois qu’il ne faut pas confondre les deux cas. Les fautes n’ont pas été commises de la même manière. Sans critiquer mon coéquipier Soumaïla, je dirai que la faute qui lui a valu le carton rouge était une balle en action. Il est sorti des seize mètres cinquante pour tacler le joueur ivoirien. Mon cas est différent de cela. Mais, je comprend la mentalité de ceux qui comparent les deux fautes. Malgré tout c’est moi qui ai tort.


Votre dernier mot ?

Une fois encore, je présente toutes mes excuses au peuple malien. J’avoue que j’avais à cœur de jouer et faire gagner mon équipe nationale que j’aime tant. Je n’avais nullement envie de faire perdre mon équipe. Nous sommes des humains, on peut souvent se tromper. C’est ce qui a été mon cas l’autre jour. Pour une énième fois, je demande pardon à tous.

H.B.F

13 Novembre 2008