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Dans un discours radiotélévisé, le premier ministre de la transition, le Dr. Cheick Modibo Diarra, a livré un contour de sa stratégie de récupération des territoires perdus dans le nord du pays : la «négociation» mais pas le «couteau à la gorge».

Il sera difficile de disséquer le message politique qu’a livré le nouveau premier dans sa sortie du vendredi au samedi dernier. Cheick Modibo Diarra s’est engagé à livrer une «guerre» aux mouvements rebelles qui sont maîtres du septentrion malien depuis le 1er avril dernier. De quelle guerre s’agit-elle ? Celle «qui fait taire les armes, la guerre qui ouvre les portes de la paix dans nos villes, nos campagnes et dans nos cœurs», s’est-il répondu.

Il s’agit à n’en point douter de la négociation ! «Nous négocierons parce que nous n’avons pas peur de négocier…, nous n’avons pas honte de négocier», a-t-il expliqué. Le premier ministre dit être «animé» de la volonté de négociation sous une réserve. «Nous ne négocierons pas le couteau à la gorge en acceptant le fait accompli», a-t-il dit.

Le gouvernement du premier ministre Cheick Modibo Diarra auquel les consultations sont toujours en cours pour sa composition a un objectif : le Mali et son intégrité territoriale. Cet objectif ne peut nullement se réaliser dans un climat tendu entre les acteurs politiques comme c’est le cas depuis le coup d’Etat du 22 mars 2012 dans la capitale malienne ; tension exacerbée par plusieurs arrestations au motif, explique le Comité National de Redressement de la Démocratie et la Restauration de l’Etat (CNRDRE), de tentative de complot. Le fonctionnement régulier des institutions de la République s’était, à nouveau, grippé après le retour à l’ordre constitutionnel décidé, le 1er avril, par les militaires et la CEDEAO et matérialisé par l’investiture du président par intérim, le Pr. Dioncounda Traoré le 12 avril.

Le premier ministre parle donc d’une nécessité de faire preuve d’esprit créatif pour les maliens, de sens de responsabilité en mettant en berne les contingences partisanes et politiciennes. «Quand la patrie est confrontée à de graves difficultés, aucun sacrifice n’est trop grand», a prêché le chef du gouvernement. Ce message a aussi été adressé aux syndicats tentés par une réanimation de revendications corporatistes. «Les jeux individuels doivent être mise en veilleuse face à l’enjeu collectif, le devoir civique, l’amour de la patrie», a-t-il conseillé.

Seydou Coulibaly

Le 23 Avril 2012

© AFRIBONE