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Monsieur le premier ministre, il est inutile d’abuser outre mesure de la bonne foi de la communauté internationale à travers les montages grotesques auxquels vous vous livrez depuis quelque temps. Votre attitude est une insulte à l’intelligence humaine

Monsieur le premier ministre,votre attitude est une insulte

En effet, en plus du maintien déguisé du CNRDRE à travers une structure dite consultative sur les questions relatives à l’amélioration des conditions de vie des soldats, dans les casernes et dont le projet de loi de création se trouve, en ce moment même, sur la table de l’Assemblée Nationale, vous proposez en lieu et place d’un remaniement ministériel à l’occasion duquel l’on aura enfin un véritable gouvernement d’union nationale, un cadre de concertation, lui aussi consultatif, qui renfermerait la classe politique, la société civile et des militaires. Cette nouvelle structure sera, à vous entendre au cours des audiences d’approche que vous avez eues à son propos avec la classe politique, de temps en temps réunie, pour être informée par vos soins sur l’état de la Nation.

Un gouvernement de consensus est indispensable

Si j’encourage la classe politique à ne pas bouder cette énième structure, j’exige d’elle de ne pas être moins disante que la Communauté Internationale qui fait de la mise sur pied d’un gouvernement de consensus renfermant toutes les sensibilités, la condition la plus importante de son retour au Mali. Les partis politiques, la société civile ainsi que la communauté touareg et arabe doivent impérativement faire leur rentrée dans le nouveau gouvernement. La meilleure garantie de soutien aux actions du Premier Ministre et du Gouvernement serait de faire en sorte que tout le monde se sente concerné. La présence des membres des associations démocratiques dans le gouvernement de transition de Soumana SACKO en 1991 a été une des raisons de sa réussite, en plus des qualités intrinsèques dudit chef de gouvernement. Un gouvernement de consensus est indispensable; au moment où nous nous dirigeons vers l’engagement de nos soldats et de ceux d’ailleurs pour la reconquête de l’intégrité territoriale nationale. Consentir à ceux-ci une ouverture du gouvernement ne serait pas synonyme de faiblesse ou d’abandon de souveraineté.

Monsieur le PM, il faut savoir être à l’écoute de l’autre

Il faut souvent savoir être à l’écoute de l’autre, surtout que nous avons maintenant plus que jamais besoin d’aide en tout genre. Il est paradoxal pour les autorités de vouloir que les efforts et les sacrifices soient consentis par les mêmes, à savoir les citoyens maliens, la CEDEAO et le reste de la Communauté Internationale. La moindre demande, la moindre exigence, quand ces demandes sont ignorées, provenant des citoyens et des structures ci-dessus désignées provoquent chez nos bien pensant gouvernants de véritables crises d’urticaire. Les pseudo-souverainistes maliens qui semblent avoir été en stage chez les Le Pen, père et fille tant leurs langages fleuris sont semblables, font aussi à cet égard de véritables crises épileptiques.

Je t’en conjure Faden, fend l’armure du fier Bamanan et prends pitié du peuple qui risquera d’être décroché du gouvernement, comme il l’a été à l’époque de celui du Président Modibo Keïta face aux difficultés de la vie quotidienne.

Nous sommes aujourd’hui en récession dont les effets pourraient être amoindris par un retour rapide de nos partenaires au développement, dont la seule demande consiste en la mise en place d’un véritable gouvernement d’union nationale.

Le peuple versatile n’acceptera jamais de souffrir le martyre pour des raisons d’égo surdimensionné d’un seul malien

Fadén, je ne suis candidat à rien, mon rôle de gratte-poils me suffit amplement, mais ce peuple est versatile et n’acceptera jamais de souffrir le martyre pour des raisons d’égo surdimensionné d’un seul malien, fut-il le chef du gouvernement et donc l’un des plus illustres d’entre eux.

Fadén, ton beau-père, pour avoir tergiversé à propos de l’ouverture démocratique, a fini par laisser la place à un autre qui l’a fait.

Fadén, je te demande de prendre rapidement l’initiative en la matière et d’en passer par leur demande, pour un meilleur accompagnement de notre pays qui se dirige vers une des phases les plus critiques de son existence.

Notre besoin des autres doit aller de paire avec une ouverture totale envers eux. Fadén, si tu ne le fais pas à temps, on trouvera quelqu’un d’autre pour rassembler l’ensemble des maliens, derrière leur gouvernement dans cette phase de reconquête, de réaffirmation de notre souveraineté internationale sur le territoire hérité de la décolonisation, faisant ainsi, tous ensemble à cette occasion, un peuple, un but, une foi.

Monsieur le PM, vous voulez marginaliser des hommes qui ont osé lutter contre la dictature de votre beau-père GMT

Aujourd’hui encore, au moment ou j’écris ces lignes, nous ne sommes rien de tout cela ni au nord ni au sud du pays. Car vous avez délibérément choisi de marginaliser une catégorie de citoyens maliens qui ne sont ni de Qaïda, ni du MNLA, ni du MUJAO, ni d’Ançar Dine, ni de Boko Haram, mais qui ont eu le tort, à vos yeux et à ceux du Capitaine UBU, d’être des hommes qui ont osé lutter contre la dictature de votre beau-père de GMT et travaillé avec son tombeur le Général Amadou Toumani Touré, contre lequel le Capitaine Tartuffe Sanogo nourrit une haine viscérale dont les fondements n’ont pas encore livré tous leurs secrets. Car le Général Président Amadou Toumani Touré ne saurait être le seul responsable de la non combativité de la troupe, le manque d’équipement étant de plus en plus écarté par les vrais et indépendants connaisseurs de l’armée malienne.

Le médiateur burkinabé outrepasse ses attributions

Pendant que nous nous combattons à Bamako, le médiateur burkinabé continue allègrement son entreprise de sape des fondations de notre pays. Après avoir reçu le MNLA et Ansar Dine, son Ministre des Affaires Etrangères, en la personne de Djibril BASSOLE, a publiquement avoué, sans aucune réaction d’un quelconque segment de la République du Mali, avoir encouragé les deux organisations à aller construire une cohésion avec les populations locales des zones occupées dans le cadre de l’imposition à notre pays d’une zone fédérée ou autonome. Depuis quand cela rentre t -il dans les attributions d’un médiateur de pousser les populations locales du septentrion malien dans les bras de nos agresseurs?

Quid du COREN qui est le véritable creuset des populations du nord malien ? A-t-il seulement été un seul instant reçu à Kossian ? Quid des élus du Nord du Mali qui ont même été entendus par de scélérats députés verts au Parlement Européen à Strasbourg? Ont-ils déjà été reçus à Kossian?

Jamais, un gouvernement ne signera au nom du Mali un quelconque accord

Il est temps que le gouvernement du Mali et les mouvements de rébellion touareg sachent, avec l’intrigant médiateur de la CEDEAO, que nous avons tiré les leçons des médiations passées. Jamais plus, jamais un gouvernement ne signera au nom du Mali un quelconque accord, dans un tête-à-tête avec les agresseurs sans la signature des représentants, des vrais représentants des populations majoritaires du septentrion malien. Jamais, jamais plus, des passe-droits ne seront octroyés à des gens ultra minoritaires au détriment de la majorité. Cette rébellion sera la dernière du genre, et ce coup d’Etat le dernier de la série. Les maliens étaient endormis, ils sont enfin sortis de leur bulle pour prendre en main leur destin.

Nous ne laisserons aucun médiateur, fut-il le Président d’un Etat, servir de rabatteur de populations au profit d’une rébellion qu’elles rejettent de toute leur âme. Elles qui ont bien compris la politique des bas prix des assaillants, pratiquée sur les produits de première nécessité à Gao, à travers le jeu des importations frauduleuses et de la contrebande qui ignorent les frais de douanes ainsi que la TVA et ce, dans un espace dépourvu de tout agent répressif quelconque. C’est la même politique de bas prix financée par le Qatar et d’autres qui avait servi à appâter les populations algériennes auxquelles l’ont faisait ainsi comprendre leur état d’exploitées par leurs dirigeants. Et maintenant c’est le médiateur, en véritable proxénète, qui veut prostituer nos populations locales. Ce n’est pas une liste composée majoritairement de touareg, de salafistes étrangers et de quelques tondus et têtes pelées de Maïga qui signifiera qu’ils ont l’adhésion des populations locales qui les rejettent chaque jour que Dieu fait. Tout le monde sait que ces quidams sont leurs bellahs et donc des faire-valoir.

Attention Capitaine Blaise, évite nous un autre épisode granguignolesque

Attention CEDEAO, attention Capitaine Blaise, nous ne supporterons plus un autre outrage de votre part après l’épisode granguignolesque de la naissance du très calamiteux accord-cadre qui nous vaut encore toute cette instabilité à Bamako.

Voilà maintenant que, sous la poussée de Charfi, votre autre conseiller spécial mauritanien et néanmoins ami de Iyad Ag Ghali avec qui, il s’est spécialisé dans les libérations d’otages occidentaux enlevés ou détenus au Mali par Aqmi, contre bien sûr espèces sonnantes et trébuchantes, vous vous apprêtez à balkaniser le Mali.

Si votre pote le Premier ministre, Cheick Modibo Diarra, votre proconsul de Ministre des Affaires Etrangères du Mali et, le préposé d’Abidjan ne se sentent pas en mesure de vous dire que cela est inacceptable pour le peuple malien, attendez vous à ce que le peuple vous retire sa confiance.

Ce peuple, le peuple du Mali, demandera très bientôt à la CEDEAO de vous décharger de ce second round de la médiation malienne. J’exige pendant qu’il en est encore temps que les chefs d’Etat de la CEDEAO arrêtent la médiation désastreuse de leur homologue.

Peuple du Mali, je t’invite à l’action contre le médiateur et ses obligés qui se sont disqualifiés pour toujours dans la médiation, et dans la conduite du destin du Mali, en ces moments critiques de la vie de notre grande Nation, que les autorités du Burkina Faso au service de leurs ennemis veulent réduire à sa plus simple expression.

N’TJI DIARRA

Aurore du 29 Juin 2012