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L’ancien président du Liberia Charles Taylor, reconnu coupable de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre en Sierra Leone, a affirmé mercredi avoir « tout fait pour la paix » dans ce pays, lors de sa dernière prise de parole devant le TSSL. Charles Taylor, 64 ans, contre lequel l’accusation a demandé 80 ans de prison, avait été autorisé par les juges à prendre la parole durant trente minutes, lors d’une audience consacrée aux observations du bureau du procureur et de la défense sur la peine qui doit lui être infligée et qui sera annoncée le 30 mai. Il a notamment accusé le bureau du procureur d’avoir acheté des témoins: « des témoins ont été payés, forcés, et dans de nombreux cas menacés de poursuites s’ils ne témoignaient pas ». Pour le procureur Brenda Hollis, Charles Taylor était la « racine » même de l’alliance entre les rebelles du RUF et ses propres troupes: « sans lui, les mouvements rebelles seraient morts plus tôt ».Le temps passé en détention par M. Taylor pourra être décompté de la peine que les juges prononceront, a affirmé Mme Hollis, mais pas le temps passé au Nigeria, où il avait été arrêté en 2006, car il n’est pas établi que M. Taylor était effectivement assigné à domicile, comme il l’affirme.Pour son avocat Courtenay Griffiths, Charles Taylor, qui purgera sa peine en Grande-Bretagne, sera condamné de facto à la prison à vie, même si TSSL ne peut condamner formellement à cette peine. AFP.