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A la faveur d’un atelier sous-régional sur le thème «eau et changements climatiques en Afrique de l’Ouest : la problématique de la gestion intégrée de l’eau au Niger», organisé par le partenariat global de l’eau de l’Afrique de l’Ouest, en collaboration avec le partenariat national de l’eau du Niger, l’importance des changements climatiques sur les ressources en eau a été mise en exergue.

Une cinquante de journalistes des Etats de l’Afrique de l’Ouest participent depuis le lundi 28 juillet 2008, à Niamey, à un atelier sur l’eau et les changements climatiques en Afrique de l’Ouest.

L’atelier qui doit prendre fin le 30 juillet 2008 a été présidé par M. Seydou Hachimou, ministre de l’intégration africaine et des Nigériens de l’extérieur, représentant le ministre de la communication. Pour la circonstance, il était accompagné de Mohamed Akotey, ministre de l’environnement et de la lutte contre la désertification et de Aminou Tassirou, ministre de l’hydraulique.

Le Président du Partenariat national de l’eau du Niger, Dr Yahaya Tounkara s’est réjoui de la tenue à Niamey de cet atelier sur un sujet d’aussi grande actualité que la question de l’eau et des changements climatiques.

Il a indiqué que les tendances à la dégradation écologique continuent inexorablement, la forêt se rétrécit, le désert gagne du terrain, l’érosion ronge le sol, les ressources en eau escomptables s’amenuisent. Il a estimé que cette situation est due à la destruction de la couche d’ozone, consécutive à la croissance de la teneur en dioxyde de carbone et autres gaz à effet de serre dans l’atmosphère terrestre.

Il a révélé que la concentration de gaz à effet de serre, en particulier le gaz carbonique dans notre atmosphère, a contribué de manière irréfutable à une élévation de la température de la surface du globe d’environ 1 degré de 1850 à nos jours. Il a rappelé que les experts sont unanimes à admettre que si l’émission des gaz à effet de serre se poursuit au rythme actuel, le monde enregistrera dans un siècle une élévation de la température comprise entre un et six degrés.

Selon lui, une telle situation produirait des conséquences incalculables et dommageables pour l’environnement et l’économie mondiale. «Les sécheresses, les ouragans, les inondations, selon les climatologues, devraient s’exacerber au cours des prochaines années», a-t-il déclaré. Avant d’ajouter que les destructions d’habitations et des infrastructures s’intensifieront davantage.

Pour sa part, Hervé Ouédraogo, représentant du GWP/AO a indiqué que pour deux raisons on s’attend à ce que les changements climatiques aient des incidences négatives considérables sur les économies des pays africains et plus particulièrement ceux du Sahel. Ce sont : le rôle prépondérant de l’agriculture pluviale dans les économies des pays du Sahel (seulement 4 % des terres arables sont irriguées) et la faiblesse du niveau de maîtrise de l’eau au Sahel.

Pour cela, il a estimé que la maîtrise de l’eau et des options agricoles orientées dans les sens de prendre en compte les aspects GIRE devront être la pierre angulaire des politiques et mesures d’adaptation aux changements climatiques au Sahel. Selon lui, les simulations montrent que les changements climatiques pourraient avoir des incidences négatives sur la production agricole et les ressources en eau au Sahel.

En ce qui concerne les mil et Sorgho, il a révélé qu’une augmentation de la température d’environ 3°C à l’horizon 2080, sans variations de précipitations par rapport au niveau actuel, se traduira par une réduction de rendement de l’ordre de 5 à 20 %.

Fort de ce constat, il a affirmé qu’il faut renverser la tendance par l’appui à l’émergence d’une nouvelle forme de gouvernance prenant en compte les concepts GIRE que sont : la maîtrise de l’eau, le passage d’une agriculture pluviale à une agriculture irriguée, des réformes institutionnelles, des investissements pour des aménagements hydro agricoles dont la rentabilité est vérifiée et des actions soutenues pour la maîtrise de l’eau et sa gestion au niveau national et au niveau régional.

Représentant le ministre de la communication, porte-parole du gouvernement, M. Seydou Hachimou, ministre de l’intégration africaine et des nigériens de l’extérieur, a rappelé que le rapport mondial sur l’indice du développement humain 2007-2008, présenté par les Nations unies en février 2008, sous le thème de «la lutte contre le changement climatique : un impératif de solidarité humaine dans un monde divisé», fait ressortir que le changement climatique est inévitable et que nos pays qui n’ont que très peu d’influence sur le processus connaîtront de véritables menaces sur leur développement économique et social.

Selon lui, le changement climatique va provoquer des problèmes de disponibilité des ressources en eau douce et une hausse du niveau des mers, d’où des inondations de terres fermes dues notamment à la fonte des glaciers consécutifs au réchauffement de la terre.

Il a indiqué que le Niger est partie prenante des instruments internationaux comme la convention des Nations unies sur les changements climatiques et le Protocole de Kyoto sur la réduction de la production des gaz à effet de serre. Le ministre a rappelé un certain nombre d’activités que le Niger a réalisées dans le cadre de l’application de ces conventions internationales.

Il a estimé que la formation des médias sur les thématiques de l’eau et des changements climatiques vient à point nommé. Selon lui, cela permettra aux hommes et femmes de médias de mieux comprendre la problématique du changement climatique et de donner des informations pertinentes sur le processus, les enjeux et défis subséquents ainsi que les adaptations possibles.

Assane Koné

Envoyé spécial à Niamey (Niger)

30 Juillet 2008