Partager

climat1.jpg

Le projet « Evaluation et amélioration du système d’alerte et de production agro-sylvo-pastorale en Afrique de l’ouest » est une initiative montée par la Direction nationale de la météorologie (DNM). Elle a été présentée par Mohamed Koité, ingénieur météorologue de la division recherche et développement de la DNM, la semaine dernière à Dakar au cours d’un atelier de synergie des projets de recherche africains sur les changements climatiques.

La rencontre de Dakar, selon Mohamed Koité, s’inscrit dans la dynamique de renforcement des capacités d’adaptation aux changements climatiques des différents acteurs. Il participe aussi de la dynamique de renforcement des capacités d’adaptation aux changements climatiques des différents acteurs.L’évaluation des produits et informations météorologiques et agro-météorologiques est prévue pour améliorer le système d’alerte et de production agro-sylvo-pastorale en Afrique de l’ouest.

Les fluctuations climatiques et leur corollaire les sécheresses récurrentes qui caractérisent le climat du Sahel constituent une menace qui plane chaque année sur les économies des pays de cette région, essentiellement basées sur la production agro-sylvo-pastorale, elles-mêmes dépendantes d’une pluviométrie saisonnière aléatoire.

A partir des années 1970, ces sécheresses ont contribué à appauvrir considérablement le monde rural (qui représente plus de 80 % de la population) et à dégrader sérieusement l’environnement. En effet, les espèces végétales ou animales auxquelles les paysans se référaient, avaient disparu du fait des sécheresses ou, lorsqu’elles existaient toujours, leurs apparitions et leurs comportements ne permettaient plus une interprétation fiable.

Par ailleurs, les calendriers culturaux disponibles au niveau des structures de vulgarisation avaient été perturbés du fait des fluctuations du régime pluviométrique. Ainsi, il est devenu nécessaire de voir dans quelles mesures la science météorologique pourrait être utilisée de façon opérationnelle pour les besoins du paysan sahélien.

L’un des aspects les plus importants de l’assistance météorologique à l’agriculture au Sahel est de fournir aux paysans, éleveurs et pêcheurs des informations appropriées, élaborées à partir de données météorologiques, agro-climatiques et climatiques et dont la prise en compte dans leur processus de décision en matière d’interventions culturales, de gestion des pâturages et de la pêche, peut leur permettre de réduire le risque climatique sur la production végétale, animale et halieutique.


DEMARCHE PARTICIPATIVE

Cependant, la diversité des facteurs qui interviennent dans la conception et la mise en œuvre d’un système efficace pour une telle assistance nécessite l’intervention conjointe de spécialistes de différentes disciplines (agronomes, météorologues, agro-météorologues, climatologues, vulgarisateurs, spécialistes en élevage, en pêche, protection des végétaux, communicateurs etc…) et des hommes de terrain concernés (paysans et encadreurs) aussi bien pour la formulation du concept que pour son exécution : Démarche «participative» et pluridisciplinaire.

Il s’agit non pas de faire de la recherche agronomique, ni une démonstration agronomique classique, mais d’injecter l’information météorologique ou climatologique appropriée dans le paquet technologique agronomique déjà vulgarisé. De façon à ce que l’information agro-météorologique résultante soit formulée dans le langage du paysan, de l’éleveur et du pêcheur et à partir de ses préoccupations puis disséminée à travers un schéma approprié dans lequel ils interviennent également.

L’objectif du projet est d’évaluer (déterminer la pertinence et l’efficience) l’utilisation et la qualité des informations, produits et outils météorologiques à travers un système opérationnel. Il s’agira de mettre en place dans chaque pays un dispositif (système opérationnel) permettant la compréhension de l’utilisation des produits et outils météorologiques et le mécanisme par lequel les informations météorologiques arrivent aux utilisateurs finaux dans les pays.

Pour ce faire, il sera nécessaire de réorganiser et renforcer (là où cela existe) le Groupe de travail pluridisciplinaire (GTP) ayant pour mission : la production/ l’élaboration et la diffusion des produits et informations météorologiques, de mettre en place des groupes de contact paysans (au niveau village) chargés de la collecte et de la remontée des données de terrain vers le GTP (pour traitement et analyse).

Le projet s’attellera à la mise à la disposition des paysans d’une fiche technique comportant en partie les relevés pluviométriques et le suivi des cultures, de mettre en place un dispositif de communication (Radio et/ou Télévision : réseau de communication comprenant les moyens de l’État et des privés) et de faire des évaluations.
Des enquêtes seront conduites à travers le système : GTP-Système de communication-Groupe de contact Paysans, un zoom s’effectuera sur vingt sites pilotes, à raison de quatre sites par pays en fonction des zones agro-climatiques (sahélienne, soudano-sahélienne et soudanienne) et suivant un transect Nord-Sud.

Sont partenaires dans ce projet le Centre africain pour les applications de la météorologie au développement (ACMAD), le Centre régional AGRHYMET (Agro-hydro-météorologique), les directions nationales de la météorologie du Burkina-Faso, de la Côte d’Ivoire, du Mali, du Niger et du Sénégal.


M. COULIBALY


MADAGASCAR: TRESOR DE LA BIODIVERSITE MONDIALE


Madagascar, considéré comme un trésor de la biodiversité mondiale, a fait l’objet d’une ambitieuse étude internationale modèle dévoilée la semaine dernière aux Etats-Unis et destinée à aider son gouvernement à préserver au mieux cet héritage naturel sans pareil.

Cette île de l’Océan indien au large de l’Afrique de l’Est abrite 2% de la biodiversité du globe et bon nombre d’espèces uniques sur la planète, expliquent les auteurs de ces travaux parus dans la revue américaine Science.
Une équipe de 22 chercheurs de plusieurs universités aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, en Allemagne et en Suède a élaboré un programme très détaillé de préservation portant sur plus de 2.300 espèces animales et végétales réparties sur la totalité de l’île d’une superficie de 589.269 km2.

Leur catalogue comprend des données sur de multiples espèces de fourmis, de papillons, d’oiseaux, de grenouilles, de lézards geckos et autres reptiles, de lémuriens, une espèce de primate unique à Madagascar, ainsi que de nombreuses plantes.

Ces scientifiques ont ensuite élaboré une carte des zones jugées les plus sensibles et qui devraient, selon eux, être prises en considération dans l’élargissement de la réserve naturelle existante.

Ces zones recouvrent plusieurs régions sur les massifs du plateau central et le littoral, où la couverture forestière est peu dense, mais où l’on trouve une très importante biodiversité. Or, ces régions ont été négligées dans le passé, ce qui s’est traduit par une diminution des populations de nombre d’espèces entre 1950 et 2000.

Le gouvernement de Madagascar a prévu de s’appuyer sur les résultats de ce projet et sur ses recommandations pour tripler la superficie actuellement protégée et la porter de 20.234 à 60.700 km2. « Cette étude de plusieurs années est un modèle qui va aider Madagascar à atteindre ses ambitieux buts de préservation de la biodiversité », souligne Steven Sanderson, président de la « Wildlife Conservation Society« , une importante organisation privée américaine de défense de la nature basée à New York.

« En combinant d’énormes volumes de données grâce aux logiciels informatiques les plus avancés, nous avons pu identifier les priorités de préservation avec un haut degré de précision sur d’énormes superficies« , explique Alison Cameron de l’Université de Californie à Berkeley (ouest), un des principaux co-auteurs de cette étude.

« Ces travaux ont élevé le niveau de ce qu’il est possible de faire en matière de programme de préservation« , souligne Claire Kremen, une biologiste de Berkeley selon qui ce modèle de préservation peut être appliqué à d’autres hauts lieux de la biodiversité terrestre.

« Préserver la biodiversité sous des pressions énormes telles que la destruction des habitats naturels et le réchauffement climatique, constitue l’un des plus grands défis environnementaux du 21ème siècle« , juge cette scientifique qui a travaillé sur ce projet avec la « Wildlife Conservation Society« .

Selon certaines estimations, environ la moitié des espèces végétales et trois-quarts des animaux vertébrés sont concentrés dans des hauts-lieux de la biodiversité qui ne représentent que 2,3% de la superficie de terre ferme de la planète. Et Madagascar compte pour une grande part de ces trésors de la nature.

C’est ainsi que 80% des animaux de cette île n’apparaissent pas naturellement ailleurs sur la planète, soulignent ces chercheurs. Ils précisent que la moitié des caméléons du monde et la totalité des lémuriens ne se trouvent qu’à Madagascar, comme nombre d’autres espèces de plantes, d’insectes, d’oiseaux, de mammifères et de reptiles.

L’Essor du 15 avril 2008.