Partager


La phase aller du championnat national s’est achevé le lundi. Constat : le Djoliba caracole en tête, le Stade Malien de Bamako est en disgrâce, la JA revient de loin contrairement à l’AS Bakaridjan qui replonge. Al Farouk, lanterne rouge, est à la place qu’elle mérite. Les 13 premières journées du championnat ont été aussi marquées par une valse d’entraîneurs record dans le contexte malien. Les arbitres aussi se sont retrouvés au centre de certaines contestations.

Pour la première fois dans le championnat national, 5 entraîneurs ont quitté leurs postes à l’issue de la phase aller. Quatre ont été limogés pour insuffisances de résultats.

Il s’agit de Malick Fall des Onze Créateurs, Andrew Utti de l’ASB, Ahmed Traoré de Al Farouk et Lassina Koné « Peirera » du Stade malien de Bamako. Le cinquième, Moussa Kéïta « Dougoutigui » a, lui, préféré rendre le tablier après une succession de défaites pour « indiscipline des joueurs » qui n’appliquaient plus ses consignes. Pourtant, il est plus facile de mettre en cause la qualité des joueurs que l’incompétence des entraîneurs. En témoignent les piètres résultats obtenus par tous les appelés au secours. Mais, en football, l’encadrement paie toujours cash les mauvais résultats.


Places méritées

Sur le terrain, au terme de cette phase aller, le Djoliba occupe la première place avec 32 points, suivi du COB, 27 points et de l’USFAS, 23 points.

Les militaires qui ont divorcé d’avec la défaite depuis longtemps ont détrôné le CSK pour se retrouver parmi le trio de tête.

Les Rouges de Bamako, champions à mi-parcours, ont forgé leur suprématie sur un effectif riche et progressivement soudé que l’entraîneur Alou Badra Diallo a su faire tourner au point de lui donner le régime d’un moteur bien huilé.

Quant au COB, il est un habitué du haut du tableau. Il n’a donc pas dérogé à la règle.

Ces trois équipes se sont donc montrées les plus constantes aussi bien dans la gestion de leurs effectifs que dans les résultats.

Les Blancs voient rouges

La première surprise de cette phase aller vient du fait que le Stade malien se retrouve au milieu du tableau en compagnie de petits calibres. Les raisons de cette disgrâce sont connues ; elles se résument principalement en la mauvaise politique de recrutement (légion étrangère) des dirigeants sur les conseils de l’entraîneur Lassina Koné pour compenser le départ d’éléments valables.

Le vide n’a pas pu être valablement comblé. Conséquence : l’équipe de Sotuba enchaîne les défaites. L’entraîneur ivoirien Lassina Koné en a fait les frais. Son remplaçant, Djibril Dramé, appelé à la rescousse pour redresser une situation désespérée, connaît quasiment un sort quasiment identique avec déjà deux défaites et pas contre n’importe quel adversaire : la JA (l’ennemi ?) et l’ASB (dans le rouge). Résultat : en 13 journées, le Stade totalise (seulement) 4 victoires et 17 points.

JA et AS Bakaridjan : destins croisés.

Après un début de compétition difficile marqué par trois défaites d’affilés, la Jeanne d’Arc s’est ressaisie petit à petit pour remonter la pente. Le club a été aidé en cela par la force morale de tous ses acteurs : dirigeants, encadrement, joueurs. Tous y croyaient au moment où la cause semblait totalement perdue. Ce sursaut collectif lui a notamment permis d’épingler à son tableau de chasse le grand frère et grand ennemi, le Stade malien de Bamako. Aujourd’hui les 19 points et la 6è place ne sont pas le fait du hasard.

De l’autre coté l’AS Bakaridjan, après un parcours honorable (sans défaite) jusqu’à la 9è journée, s’est retrouvée dans une situation confuse. Le représentant de la cité des Balanzan aligna défaites et contre performances. Une métamorphose négative qui obligea l’entraîneur Moussa Keita dit Dougoutigui à jeter l’éponge. Car, selon lui, les joueurs ne respectent plus ses consignes, et il était sage pour lui de rendre le tablier avant que la situation ne soit irréparable.


Au bas du tableau, Al Farouk de Tombouctou reste à la place qui est la sienne :
lanterne rouge. Depuis le début du championnat, le club n’a pu s’adapter aux réalités de la haute compétition. Après 13 journées, l’équipe de Tombouctou n’a enregistré aucune victoire. Son bilan est critique avec 10 défaites et 3 matches nuls. Si les choses devraient continuer ainsi, on peut d’ores et déjà prédire le retour de Al Farouk en deuxième division.

Aujourd’hui la question est e savoir si le nouvel entraîneur Henry Noah, déjà avec 2 défaites, pourrait user des mystères de la cité des 333 saints pour sauver son représentant de la descente aux enfers ?


La part de l’arbitrage

On ne saurait faire le bilan de cette phase aller sans parler de l’arbitrage. Les hommes en noir ont fait l’objet de critiques, parfois virulentes de la part de certains entraîneurs et présidents de clubs. Certes, nos arbitres ne sont pas sans reproches, mais force est de reconnaître aussi qu’ils sont souvent accusés à tord pour avoir appliqué la loi dont le contenu est ignoré par ceux la même qui la contestent.

Comme ce furent les cas lors des 8ème et 11ème journées quand les jeunes Boubou Traoré et Ousmane Sidibé ont pris leurs responsabilités face à des situations de jeu jusqu’ici méconnues de certains acteurs.

Le cas le plus déplorable a été l’assaut lancé par les supporters du Stade contre le domicile de l’un des arbitres cités plus haut. Des comportements regrettables qui ont entraîné des mesures disciplinaires.

O.Roger Sissoko

12 Mars 2009