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De violents incidents ont émaillé la rencontre Réal-Stade malien (1-0). Bilan : plusieurs blessés graves dont l’arbitre ségovien, Brahima Ouélé.

Notre football est entrain d’être pris en otage par des groupes de supporters violents. La semaine dernière, de violents incidents ont émaillé la rencontre Réal-Stade, faisant plusieurs blessés graves dont l’arbitre Brahima Ouélé, qui a pris en pleine tempe un caillou lancé par un supporter. Question : la Fédération malienne de football dva-t-elle laisser ses supporters agir impunément ?

jpg_foot-6.jpgEn tout cas une autre forme de violences vient de s’inviter dans les stades de compétitions de notre pays et le Comité exécutif de Malifoot est fortement interpellée. Car aucune mesure rigoureuse n’a été encore mise à l’ordre du jour pour bannir les agissements des mauvais perdants. Si les supporters du Djoliba ont trouvé aux jets de projectiles et aux insultes grossières, une meilleure formule pour intimider les officiels, ceux de Sotuba, avec les bénédictions de certains de leurs premiers responsables, ont franchi le rubicond le jeudi dernier, en s’en prenant même aux forces de l’ordre. Le match Réal-Stade malien, (1-0) a ainsi été interrompu à plusieurs reprises après l’envoi des projectiles sur la pelouse.

Et au coup de sifflet final, plusieurs supporters ont tenté d’envahir l’aire de jeu pour s’offrir les scalps des arbitres. Les policiers qui ont tenté de les en empêcher, ont été pris à partie et l’un deux a été agressé physiquement. Le stade Modibo Keita fût transformé en l’espace d’une heure, à un champ de bataille. Aux grenades lacrymogènes des policiers, répondaient des projectiles et autres objets des ultras de Sotuba. Le pauvre arbitre central, Brahima Ouélé a pris en pleine tempe un caillou lancé par un supporter. Comme si cela ne suffisait, il sera pris à partie dans les vestiaires par un dirigeant de l’équipe de Sotuba, de surcroit membre du CE de Malifoot, qui a menacé l’arbitre fédéral ségovien, d’user de tout son pouvoir pour briser sa carrière.

Drôle d’attitude pour un premier responsable d’un aussi grand club. Même si l’on peut reconnaitre, la déception légitime des champions sortants devant les résultats actuels de l’équipe, rien ne saurait justifier ou excuser une telle violence, qui ne peut être acceptée dans aucune enceinte sportive publique.

Ces pseudos supporters ou responsables ne sont-ils pas des individus irresponsables, capables de mettre en danger l’intégrité physique voire la vie d’autrui, pour qui un stade et un match ne sont qu’un prétexte pour légitimer la suprématie de leur club ou leur mandat de responsable de la fédération. Parlant de ce qui est à l’origine des actes de vandalisme de jeudi dernier, les Blancs pointent un doigt accusateur sur l’arbitre central Brahima Ouélé.

Le comportement et les décisions du référé ségovien ont été mal interprétés par l’ensemble des supporters stadistes. Pourtant, Brahima Ouélé a réalisé un match irréprochable et son seul tort c’est d’avoir été impartial pendant 90 minutes. Le penalty accordé aux Scorpions à la 70e minute et qui sera raté par Moustapha Kondé, ne souffrait d’aucune contestation encore, le but anthologique marqué par Kalifa Coulibaly, (83è min) de retour d’un test en France.

De l’avis des puristes, le référé ségovien a sifflé, jeudi dernier l’un de ses meilleurs matches depuis le début de la saison. C’est sans doute le courage pour ne pas dire la détermination de Brahima Ouélé de ne pas se laisser intimider qui lui ont valu les courroux des supporters de Sotuba. Mais, les champions sortants ne devraient s’en prendre qu’à eux pour avoir dilapidé au terme du premier quart d’heure, une profusion d’opportunités de scorer.

Ensuite comment comprendre qu’une équipe puisse se débarrasser de deux de ses cadres dont la tour de contrôle de la défense, Abdoulaye Aziz Maïga et son virevoltant attaquant Amadou Diamouténé à la veille d’un match aussi important ? Il faut dire que les Scorpions ont bien mérité leur victoire. Sortis de l’orage après une demi heure de jeu, les hommes de Moussa Keïta dit Dougoutigui ont su assoir timidement mais efficacement leur emprise sur le match, tant sur le plan tactique qu’au niveau du défi technique. C’est en toute logique que le Réal a engrangé les points de la victoire.

Aujourd’hui, la vraie question est de savoir quelle sera la nature des sanctions que le président Hammadoun Kolado Cissé et son état major vont prendre pour lutter contre la violence dans les stades, et surtout vaincre la spirale de tentatives d’intimidations des supporters des supposés ténors de l’élite nationale, (Djoliba, Stade malien). Dans la prise de décision contre le « houliganisme » grimpant, une série de mesures s’impose : celles qui vont du renforcement des dispositifs de surveillance des groupes à risque dans le cadre d’une coopération entre les clubs et les forces de l’ordre aux interdictions de stades envers ceux dont le comportement gêne le bon déroulement des matchs en passant par la sanction sportive des clubs dont les supporters sont violents. Malifoot devra faire tout ce qui est de son pouvoir pour chasser du stade les individus responsables de ces troubles, fusse un président de club.

A l’allure ou vont les choses, les victimes des excès des supporters useront finalement de leurs droits civils pour déposer des plaintes au près des autorités administratives et judiciaires. Car, rien ne justifie certaines prises de décisions partiales de certains membres du CE de Malifoot. Le statut de membre de l’instance dirigeante nationale du football, ne doit pas être un prétexte pour des responsables de privilégier leur club de cœur au détriment de l’intérêt général qui est le développement et la promotion du sport roi.

C’est malheureusement le cas dans l’équipe du président Hammadoun Kolado Cissé. Car le patron de Malifoot à force d’avoir laissé trop faire certains, a fini par instaurer un climat délétère de nature à bafouer son autorité et à hypothéquer grandement son sens managérial. Le président Kola Cissé dispose-t-il encore des coudées franches pour redevenir le vrai commandant du navire « Malifoot » qui se dirige vers les eaux troubles ?

Modibo Naman Traoré

Essor du 03 Janvier 2011