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Réélu à la tête de la CCIM en 2006 à l’issue d’élections contestées et installé dans ses fonctions deux ans plus tard après bien de péripéties judiciaires, Jeamille Bittar rend la vie dure à ses agents. Il les accuse d’être du côté de ses adversaires.

Jeamille Bittar, le président le plus contesté de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM) aussitôt « confortablement » installé dans son fauteuil est en train de s’en prendre même aux morts.

A peine sorti des turbulences électorales du 5 octobre 2006 et non content de s’aliéner la sympathie de nombreux commerçants créant la division dans le monde malien des affaires, Bittar s’autorise à ouvrir un autre front de contestation. Le président installé dans ses fonctions il y a quelques mois a transformé l’administration de la CCIM en clans qui se voient en chiens de faïence.

Bittar n’a jamais pardonné à certains cadres de l’institution consulaire d’avoir soutenu son rival, Ousmane Guittèye, dans le camp duquel ces derniers comptent des proches. Il a juré de mettre au pas ceux à qui il a déclaré la guerre en leur crachant à la figure qu’il n’a plus besoin d’un troisième mandat à la CCIM.

Conséquence : il ne ménage aucun moyen pour cela et va jusqu’à évoquer les bons rapports qu’il a avec la première Dame pour passer un mandat tranquille à la tête de la CCIM. Il oublie ou ignore que ce genre de propos dessert sa personne. Le pouvoir temporel est toujours éphémère, seules demeurent les institutions.

L’homme donne ainsi raison à ses détracteurs qui attribuent sa réélection au coup de piston de Koulouba à qui il avait promis le retour de l’ascenseur en accordant le soutien des commerçants à ATT à la présidentielle de 2007. Bittar, qui se fait passer pour un membre de la famille présidentielle, s’est présenté aux législatives de 2007 en Commune V en ayant comme colistière la belle-sœur de Mme Touré Lobbo Traoré, qui est de nos jours son fonds de commerce.
L’épouse du chef de l’Etat : un fonds de commerce

La CCIM centenaire, a organisé en 2006 le plus mauvais scrutin de son existence. Au départ, le président sortant, Bittar avait perdu la confiance des grands électeurs que sont les membres du Groupement des commerçants du Mali (connu sous le vocale des 7 milliardaires), le Conseil national du patronat du Mali et l’Organisation patronale des industriels.

Ceux-ci avaient jeté leur dévolu sur Ousmane Guittèye pour lui succéder en lui reprochant son arrogance et son manque de courtoisie à l’égard des plus âgés que lui. Il avait eu maille à partir avec le président du CNPM, Moussa Balla Coulibaly qu’il avait traité de tous les noms d’oiseau de même que l’ex-député Cheickna Hamalla Bathily, membre consulaire.

L’élection des délégués consulaires du district de Bamako a donné lieu à de vives empoignades. Par le truchement de la fraude massive et du vote par procuration qui n’était même pas admis, la liste Bittar a gagné par 206 procurations contre zéro pour Guittèye qui avait engrangé plus de 300 votes physiques. Les résultats en sont restés là malgré la saisine par le camp Guittèye de la Cour d’appel et de la Cour suprême. Ces juridictions ont confirmé les résultats issus des urnes et débouté le camp Guittèye.

Que ce soit sa victoire à la mascarade électorale d’octobre 2006 ou ses succès devant les tribunaux, Bittar a toujours nargué ses adversaires en leur disant de vive voix qu’il est le plus proche du palais présidentiel qu’il fréquente d’ailleurs quotidiennement. Par ses combines et couardises, il avait tenté d’induire en erreur l’ex-ministre de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie, Mme Bah Fatoumata Néné Sy en convoquant l’assemblée consulaire de la CCIM.

Celle-ci s’y était opposée, exigeant l’application des textes qui stipulent qu’il n’était pas du ressort du président de la CCIM de convoquer l’assemblée consulaire. D’aucuns disent que le malheur de l’ex-ministre vient de ce côté.

Abdrahamane Dicko

26 NOVEMBRE 2008