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Si avec le Diplôme d’Etude Fondamentale (DEF) on accédait à l’enseignement secondaire, aujourd’hui, les choses se compliquent de plus en plus. Car les admis du DEF, qui ont 18 ans révolus ou 17 ans avec des redoublements, ne sont plus orientés par l’Etat. Pourtant, pour améliorer le taux d’admission, on procède aux repêchages de ceux qui n’ont pas la moyenne 10 sur 20. Pis, chaque année, l’Etat invente de nouveaux critères pour avoir moins de titulaires de DEF à orienter.

Conséquence, beaucoup d’enfants voient leur carrière scolaire stoppée, après avoir décroché le Diplôme d’Etude Fondamentale. Puisque l’Etat ne peut plus prendre en charge la poursuite de leurs études. Dans ce cas, combien de parents sont-ils en mesure de payer les frais d’étude de leurs enfants, dans les privées?

Pour permettre aux titulaires du DEF qui n’ont pas eu la chance de poursuivre leurs études -dans l’un des établissements secondaire général, technique et professionnel du pays- à la charge de l’Etat, un jeune diplômé vient d’ouvrir une école : le Centre de Formation Technique de Koutiala (CFTK), sis au quartier Sogoniko, immeuble Galerie Moustapha Coulibaly, tél. 2641118, email keïta.com.fr


Pourquoi le CFTK ?

Sorti du CFTQ en 2004, Kassoum Faganda KEITA est initiateur de ce centre qui a ouvert ses portes dans la capitale du coton, le 23 Septembre 2007 dernier. Pour son démarrage, le CFTK compte 180 apprenants qui suivent une formation, entre autres, en électricité-bâtiment, mécanique-auto, électricité industrielle. La formation, qui dure 2 ans, sera sanctionnée par un diplôme.

En ouvrant ce centre, Kassoum Faganda KEITA entend apporter son soutien à la lutte des pouvoirs publics contre le chômage et la pauvreté. Son objectif n’est pas de distribuer de l’argent, mais de voler au secours des enfants qui ont le DEF, mais qui ne sont pas orientés par l’Etat.

Ces enfants, dont les parents ont les moyens limités ou n’en ont pas du tout, pour prendre en charge leurs frais d’études, ont ainsi la chance de poursuivre leurs études afin d’avoir une qualification professionnelle qui leur permet de réussir leur insertion socio-économique.

Au CFTK, les frais de formation s’élèvent à 30 000 FCFA par élève et par an. Mais cela ne concerne pas tous les élèves. Il y a des enfants qui suivent gratuitement la formation parce que considérés comme des cas sociaux, puisque leurs parents ne sont pas en mesure de faire face aux coûts de leur formation. C’est dire que leur présence au centre est un geste de solidarité de la part de M. Kéita à l’endroit des parents de ces enfants.

Déjà, la création de ce centre vient d’enlever une grosse épine du pied de certains parents qui ne savaient plus à quel saint se vouer, après la décision du gouvernement de ne pas trouver de la place pour leurs enfants titulaires du DEF dans un établissement public ou privé du pays.

C’est pourquoi les autorités administratives et locales du cercle de Koutiala et de la région de Sikasso se félicitent de l’existence d’un tel centre qui permet d’occuper les enfants en les empêchant de basculer dans la délinquance.

Mieux, il permet à certains parents de voir leurs enfants poursuivre leurs études pour pouvoir compétir sur le marché du travail. Qui sait si, avec la qualification professionnelle que leur donne le CFTK, d’autres ne vont pas s’installer à leur propre compte?


Des difficultés rencontrées

Ce jeune diplômé, qui ambitionne de participer, à travers l’apport de son centre de formation, à la lutte contre le chômage et la pauvreté au Mali, rencontre des difficultés dans l’exécution de son projet. Sa principale difficulté est d’ordre financier. Si tout est financé sur fonds propre, l’argent provenant du paiement des frais de formation ne couvre pas les dépenses qui ont pour nom loyers, salaires des formateurs, achat du matériel didactique qui est à la charge du promoteur du centre…

Ce qui n’est pas une tâche facile pour Kassoum Faganda KEITA, puisque peu de parents payent régulièrement les frais de formation de leurs enfants, alors que le centre ne bénéficie de l’appui ni de l’Etat, ni d’un partenaire quelconque.

“Je demande aux plus hautes autorités de m’aider à faire face aux charges liées au fonctionnement de ce centre, pour permettre à certains titulaires du DEF qui ne sont pas orientés d’avoir une qualification professionnelle. Je lance le même appel à d’autres bonnes volontés dont l’appui sera le bienvenu, afin que le centre se développe, au grand bonheur des parents. Car je compte ouvrir une nouvelle filière de formation, cette fois-ci basée sur l’agriculture”, a lancé M. Kéita en guise de SOS.

Espérons que cet appel sera entendu par le gouvernement, singulièrement par les autorités chargées de l’Education, de la Formation Professionnelle et de l’Emploi. Au ministère chargé de l’Enseignement Secondaire dirigé par le Pr. Amadou Touré à celui de l’Emploi et de la Formation Professionnelle confié à Iba N’diaye, en passant par l’ANPE et l’APEJ, que compte-t-on donc faire pour encourager ce jeune diplômé dont l’initiative est à saluer?

Oumar SIDIBE

15 avril 2008.