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Les cérémonies de présentation de vœux du nouvel an entre les institutions de la République et au niveau des départements ministériels et autres structures centrales de l’administration a pris, ces dernières années, une ampleur indescriptible au Mali, au point qu’elles suscitent l’indignation chez certains citoyens.

Depuis quelques années, en début de chaque nouvel an, les présidents de toutes les institutions de la République passent, tour à tour, pour présenter leurs vœux de nouvel an au président de la République. Une occasion toute trouvée pour le Chef de l’Etat et pour ces institutions de faire leurs bilans respectifs, de parler des perspectives ou de formuler leurs attentes par rapport à la vie de la Nation.

Interrogées sur la pertinence des cérémonies solennelles de présentation de vœux au Mali, nombre de nos concitoyens estiment qu’à part la présentation de vœux des institutions de la République au président de la République, toutes les autres auxquelles on assiste, n’ont pas leur raison d’être. En tout cas, dans leur forme solennelle.

En effet, après les présentations de vœux du nouvel an des institutions de la République au chef de l’Etat, chaque département ministériel organise la sienne. Et c’est tout un mois qui est souvent consacré à ces séances de discours creux, souvent organisées de manière extravagante. Toute chose qui n’est pas sans coût. Car, ce sont les salles des grands hôtels qui sont louées pour la circonstance. Pire, ce sont des heures ou des jours entiers de travail qui sont pris.

Selon des indiscrétions, au niveau de certaines structures, les factures de ces cérémonies de présentation donnent des frissons. C’est donc dire que derrière les présentations de vœux au Mali dans certains services étatiques, se cache mal une délinquance financière qui ne dit pas son nom. Il semblerait qu’elles sont une occasion pour certaines autorités ou responsables d’entreprises pour racler les restants de sous de l’année écoulée.

«Je pense que si on ne peut pas se passer des cérémonies de présentation de vœux, il faut qu’elles soient faites de façon sobre. Le président de la République qui a décidé de donner un coup de frein à la délinquance financière dans notre pays, doit revoir ce côté», indique Hamala Dravé, enseignant à la retraite.

Et à un agent d’un département ministériel de nous faire cette confidence : «C’est vrai qu’on doit se présenter les vœux de nouvel an, mais on n’a pas besoin d’un budget colossal pour cela. Or, c’est justement ce que font nos boss. Après la cérémonie de présentation des vœux de nouvel an, la facture est très salée. Mais en réalité, on ne sait pas ce qu’on a fait de tous ces sous, lesquels d’ailleurs devaient plutôt servir à améliorer les conditions de vie et de travail des agents. C’est une véritable pagaille financière…».

Bruno LOMA

Le Flambeau du 15 Janvier 2014