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Est-ce la portée du message du chef du gouvernement qui n’a pas été perçue ou au contraire l’incapacité des services techniques à occuper le marché des céréales à Koutiala ? Seule certitude cependant : les céréales sortent à gogo de Koutiala.

Cette année contrairement à l’année dernière, les pluies ont été bonnes et les récoltes sont jugées bonnes dans l’ensemble. Dépêché en octobre dernier par le président de la République, le Premier ministre est descendu à l’intérieur du pays pour exprimer aux paysans les chaleureuses félicitations du chef de l’Etat.

Au-delà de ces très médiatiques félicitations, Ousmane Issoufi Maïga a prodigué des conseils à ses interlocuteurs, les invitant à ne pas brader leurs récoltes. Il les a exhortés à constituer des banques de céréales au niveau des communes, des familles et vendre les excédents céréaliers à l’Opam pour la constitution des stocks nationaux afin d’éloigner de notre pays le spectre de la famine.

Mais quelle ne fut la surprise de certains de constater qu’à Koutiala en 3e région, qui a été la première étape de la visite primatoriale, que des sacs de céréales sortent de la ville à tort et à travers. Nos sources indiquent que la sortie massive des céréales est le fait de certains commerçants véreux qui ont plus d’un tour dans leur sac.

A Koutiala, apprend-on, l’on enregistre une moyenne de 2 camions de 30 tonnes qui sortent chaque nuit avec des céréales en direction de certains pays frontaliers du Mali comme le Niger.

Manifestement, cette sortie « frauduleuse » de céréales ne reflète pas la volonté du Premier ministre qui a instruit à l’Opam d’acheter l’excédent céréalier avec les paysans. Tout porte à croire que ce dernier n’a pas suffisamment occupé le terrain à Koutiala pour acheter le surplus. Sinon, comment expliquer la sortie des céréales ?

Or, le chef du gouvernement, qui tient à la constitution des stocks nationaux comme à la prunelle de ses yeux, a insisté sur la question dans les différentes localités visitées.

Les autorités sont-elles informées de cette situation ? Difficile d’y répondre. Pour l’heure, personne n’a levé le petit doigt pour dénoncer cette pratique encore moins sanctionner ses auteurs pour dissuader d’autres.

Mohamed Daou

04 janvier 2006.