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Cette rencontre qui intervient 24 heures seulement après celle initiée par le ministre de l’industrie et du commerce avec les opérateurs économiques et les associations de consommateurs, portait sur la récurrente question des prix des céréales.

Le ministre Maïga avait dénoncé la flambée de ces prix et demandé aux commerçants de sévir sous peine de s’exposer aux mesures administratives qui s’imposent.

Ces derniers s’étaient engagés à faire des propositions acceptables dans les meilleurs délais. La rencontre d’hier qui a réuni importateurs, détaillants, le président de la chambre de commerce s’inscrivait dans ce cadre. Elle a permis aux différentes parties de débattre du problème et de faire des propositions.

Ainsi, des différentes interventions, il ressort qu’il y a rupture de stock dans les magasins de gros importateurs comme Bakoré Sylla, Amadou Djigué ou Starcom.

Seul Modibo Keïta de GDCM dispose à ce jour d’une quantité importante de riz. Ce dernier s’est dit prêt à vendre son stock à 255000FCFA la tonne du riz de Chine et 260000 F celui de la Thaïlande. La Somakoff qui a des stocks à Kayes est disposée à les vendre entre 220 000 et 227000 FCFA la tonne.

C’est sur la base de ces données que les détaillants ont fixé leur prix : 275 f le kilo du riz de Chine contre 280 F pour celui de Thaïlande. Pour ce qui du riz Gambiaka produit au Mali et vendu par les producteurs eux-mêmes, les commerçants n’ont pas voulu se prononcer sur son prix qui varie entre 350 et 400F.

Le président de la Ccim Jeamile Bittar a promis de saisir la Chambre d’agriculture pour résoudre ce problème. « La cherté des céréales peut apporter un désastre. Le gouvernement a fait de son mieux, mais ça ne va pas. Le Mali est un pays de pitié. Ayons pitié les uns des autres, ça ne fait honneur à personne de voir son voisin mourir de faim… » a t il dit.

Les commerçants détaillants qui ont fait ce sacrifice ont, de leur part, accusé le gouvernement d’être à la base de cette cherté des céréales : « le gouvernement a semé la pagaille en accordant l’exonération à certains importateurs qui n’ont pas honoré leur engagement en approvisionnant correctement le marché. Si les importateurs vendent cher, nous les détaillants, n’avons pas le choix » a expliqué Hama Abbas Cissé, président de la coordination des détaillants.

”Les importateurs qui ont qualifié cette rencontre de «médecin après la mort » ont promis que le prix du riz va considérablement baisser dans les jours à venir avec les stocks qui sont en cours d’acheminement.

Selon M Modibo Keïta de GDCM, cette cherté s’explique par la montée du prix du baril : « On prenait le riz à la source à 125 000F. Maintenant, il est de 170 000F. En plus, le bateau qui était de 30 dollars est passé à 80 dollars. Il faut ajouter à cela le droit de douane 15 % et les frais de transport qui ont tous augmenté… » a t il argumenté.

En attendant la Ccim va se charger de l’exécution correcte sur le marché des nouveaux prix fixés hier par les importateurs et les détaillants.

Sidiki Dembélé

14 septembre 2005.