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Il s’agit à la fois de permettre la réinsertion des anciens sportifs dans le tissu socio-économique, mais aussi assurer la formation des jeunes.
Depuis 2004, la division formation de la direction nationale des sports et de l’éducation physique a lancé un ambitieux programme de création de centres de formation à travers le pays.

L’objectif recherché était double, d’abord offrir du travail aux anciens sportifs qui ont porté si haut les couleurs du pays et surtout éduquer et encadrer les jeunes qui sont parfois laissés à eux-mêmes, et qui n’ont pas les moyens d’aller payer les frais d’un centre privé de formation.

Ces jeunes pensionnaires des centres qui sont animés par un désir ardent d’avoir une formation pointue, bénéficient ainsi d’un cadre d’éducation ciblé pour eux. Aujourd’hui, le déroulement du programme a l’air de satisfaire Mamadou Coulibaly, le chef de la division en charge du projet.

Celui-ci s’est félicité de l’apport positif des différents centres de formation, surtout au niveau de Mopti où une dizaine de jeunes pensionnaires du centre de football font aujourd’hui les beaux jours du Debo Club de Mopti. Si le club mopticien arrive à récupérer 10 joueurs du centre au bout de 4 années d’existence, c’est dire que le programme de centres de formation tenu par des anciens sportifs est entrain de produire déjà des résultats.

Un pactole de 50 millions de francs CFA

L’initiative du programme a été suscitée par la mise à la disposition du département des sports d’un montant de 50 millions par le Président de la République, Amadou Toumani Touré. Le chef de l’Etat a souhaité que le montant puisse bénéficier exclusivement aux anciens sportifs. Dès lors il a été demandé à chaque fédération sportive de fournir une liste des anciens sportifs.

A la suite de nombreuses séances de travail, ont été retenus des anciens qui étaient dans l’oisiveté et qui ont exprimé leur désir d’animer un centre de formation. Trois disciplines essentielles ont été retenues, à savoir le football, le basket ball et l’athlétisme.

Au total, 46 centres de formations ont été lancés à travers le pays avec un nombre maximum (25) pour le basket, alors qu’en football 15 centres ont été crées et l’athlétisme a eu 11 centres. Les responsables des différents centres sont rémunérés à 40 000 FCFA par mois. Ce qui offre un total de charge salariale de 43,2 millions de FCFA.

L’ensemble des régions du pays est couvert y compris Kidal qui a un centre par discipline. Le plus grand nombre de centres est concentré à Bamako avec 2 centres d’athlétisme, 6 centres de basket et 4 centres de football. Gao et Sikasso viennent en deuxième position avec 6 centres chacun, 3 de basket ,2 de football et 1 d’athlétisme.

Pour tenir ces différents centres, ils sont 75 encadreurs dont 24 sont à Bamako, 8 à Ségou, 7 à Kayes, 6 à Kidal, Gao, Tombouctou et Mopti, et 5 à Koulikoro. En grande majorité ces encadreurs sont du sexe masculin avec seulement 8 femmes dont 1 en athlétisme et 7 en basket. L’encadrement concerne exactement 2745 jeunes sportifs qui ont été recrutés par la voie de simple détection.

Logiquement, le basket se taille la part du lion avec 1236, suivent ensuite le football (1042) et l’athlétisme (1042). Mais dans l’ensemble à travers le pays, les jeunes sportifs qui sont recrutés ont entre 8 et 14 ans connaissent un encadrement de qualité. En vérité, au regard de l’enveloppe offerte par le président de la République, cet intéressant programme ne pouvait tenir que l’année 2004.

Mais grâce à la force des propositions de la division formation, le programme a pris la forme d’un projet de développement en faveur des centres et école des sports pour une période de 4 ans. L’objectif de ce projet est de pérenniser l’initiative déjà enclenchée en assurant le traitement des 72 encadreurs. Mais ce projet connaît à l’heure actuelle des blocages.

Nos sources indiquent néanmoins que les choses peuvent relativement bouger au bénéfice de la pertinence de cette formation. Les encadreurs ont déjà bénéficié d’un stage d’éducateurs, il s’agira maintenant de leur assurer des stages de mise à niveau.


Le cas particulier du football

Si au total, ils sont 15 centres de football à travers le pays, Bamako abrite 4 centres qui sont gérés par des anciens footballeurs. Les 4 centres sont basés dans différents stades de la capitale : le stade Mamadou Konaté, le stade Modibo Kéita, le stade Ouezzin Coulibaly et le stade du 26 mars.

Dans chaque cas, ils sont deux à s’occuper de l’encadrement des jeunes pensionnaires les samedis et dimanches matins pendant l’année scolaire, et tous les matins pendant les vacances. Le centre du Stade Modibo Kéita est tenu par Modibo Doumbia et Vital Ky, deux hommes qui ont fait le bonheur de l’équipe nationale du Mali et de leurs clubs respectifs.

Sous leur responsabilité plus de la centaine de jeunes joueurs âgés de 8 à 16 ans, repartis en 3 groupes. Le 1er groupe concerne les enfants de 8 à 10 ans, le 2ème comporte les jeunes de 10 à 14 ans et un troisième groupe de 14 à 16ans complète le reste l’équipe du centre Modibo Kéita.

Modibo Doumbia alias Modibo 10, ancien gardien de but du stade malien de Bamako des années 1980, a l’occasion de se consacrer à la formation de ces jeunes footballeurs. Il espère que cette initiative peut faire le talent de certains jeunes au football malien.

C’est pourquoi, il souhaite que l’initiative soit entretenue. Néanmoins notre interlocuteur souhaite l’organisation d’une grande compétition pour regrouper les différents centres du Mali.

Cette compétition aura l’avantage de permettre la révélation des talents. En réalité, cette proposition de Modibo 10, entre en ligne droite dans la vision du département des sports qui projette d’organiser un festival regroupant les différents centres dont il assure la charge. Ce festival regroupera les représentants de tous les centres du pays et dans différentes disciplines.

Dans la plus part des cas, les différents centres de football regroupe 4 catégories : pupilles, minimes, cadets et juniors. C’est justement le cas du centre logé au Stade du 26 mars tenu par le duo Chaka Kéita et Moussa Bagayoko. Ce centre regroupe une centaine de jeunes joueurs âgés de 8 à 19 ans.

« Au début, nous n’avions que des jeunes de 8 à 12 ans mais la forte demande nous a poussé à accepter jusqu’à 19 ans » nous a confié Chaka Kéita, le responsable du centre du 26 mars.

Ce centre a déjà offert de nombreux joueurs aux clubs comme le Réal, le COB et le Stade malien de Bamako. Mais face aux nombreuses sollicitations des clubs de Bamako, les responsables du centre ont décidé de poser des conditions pour le départ éventuel de leurs poulains. Ce qui leur a permit de stabiliser leur effectif.

Le stade Mamadou Konaté dirigé par le duo Yacouba Traoré «Yaba » et Bakary Diakité « Bakarining » et le centre du stade Mamadou Konaté conduit par Souleymane Sangaré ont des réalités identiques aux deux centres.

Dans l’ensemble les difficultés sont les mêmes et se résument à un problème d’équipement et d’entretien du matériel. Les 1000 FCFA de cotisations mensuelles déboursées par les pensionnaires ne sont pas suffisamment pour faire face aux charges.

Souleymane Diallo

15 Mai 2008