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Créé depuis mars 2005, le centre Diossely Koné est désormais devenu un cadre de discrimination politique entre les partis politiques au Mali. Pourtant, ce centre de formation était destiné à combler les attentes des partis politiques sans discrimination au début de sa création. Il s’agissait de former pour corriger les lacunes et insuffisances des partis afin qu’ils soient plus performants.

Mais aujourd’hui l’objectif de formation démocratique de partis politiques de ce centre est devenu une peine perdue. Autrement dit, toute la classe politique du Mali ne se reconnait plus en ce centre à cause de ses pratiques discriminatoires entre les partis politiques mais aussi les acteurs de la société, voire même les médias.

Depuis sa création tel a été toujours un constat dans ce centre à travers les différents séminaires de formation qu’il organise à l’endroit des partis politiques. Ce sont les partis politiques d’opposition qui y sont généralement sollicités. Si l’une des conditions fondamentales de la matérialisation de toute démocratie est le renforcement du processus démocratique, quelle démocratie peut-on avoir aujourd’hui sans la participation des partis politiques solidémment implantés?

De la valeur des partis politiques

En effet, les partis politiques, en tant qu’animateurs de la vie politique, sont des instruments par lesquels le peuple exprime et met en exergue son idéal de société avec comme principal objectif, conquérir le pouvoir. Fort de cette ambition, un parti politique doit brandir sa seule et unique arme qui n’est autre que son projet de société afin de solliciter l’adhésion du peuple.

Aujourd’hui entre les différentes composantes de la classe politique, est-ce que le centre Diossely Koné respecte l’équité? N’a-t-il pas des affinités particulières avec certains au détriments d’autres?

En tout cas, la question reste toujours sans réponse. Surtout quand on sait bien que ce sont les partis d’opposition et même les structures médiatiques de l’autre bord, qui sont les premiers bénéficiaires des séminaires de formation organisés par ce centre. De même, les composantes de la société civile qui ne se reconnaissent jamais au pouvoir en place sont toujours les bienvenues. Le séminaire organisé du 21 au 22 juin 2008 au centre du secteur privé en est une parfaite illustration.

Les thèmes étaient : société citoyenne et partis politiques : concepts, caractéristiques et acteurs : société citoyenne et modèle de société démocratiques, enfin projet de société de partis politiques : élaboration et mise en oeuvre. Aussi, on apprend que ce séminaire était adressé aux jeunes et aux femmes des partis politiques et organisations de la société civile. Mais lesquels ? Parce qu’on pouvait compter au bout des doigts les gens qui étaient présents.


Quelle démocratique participative ?

Tous ceux qui étaient présents lors de ce séminaire se demandaient de quelle démocratie participative parlait-on. Avec le nombre de partis existant, il était étonnant de voir à peine une quinzaine de personnes représentées. Est-ce un boycott ou le fait du caractère discriminatoire de centre entre les partis politiques au Mali.

A quelques exceptions près, ces genres de rencontres sont des occasions pour partager l’argent des partenaires. Ce qui explique que les groupes cibles minoritaires toujours sollicités par le centre Diossely Koné n’ont pas toujours le souci de la consolidation du processus démocratique.

Car un vrai citoyen, c’est celui qui aime son pays, participe à sa construction malgré son opposition à certains aspects. Ce qui n’est pas du tout le cas de nos partis politiques d’opposition, encore moins des gens qui les constituent.

En effet, si le centre Diossely Koné se veut réellement un centre de formation des partis politiques, il a tout intérêt à revoir sa politique de communication mais aussi son comportement discriminatoire vis-à-vis des classes politiques au Mali. Car sans les partis politiques bien implantés, la démocratie serait vaine.


Hady BARRY

23 Juin 2008