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Seydou Djimdé, directeur du Centre Diossely Koné, est convaincu que le renforcement du processus démocratique est l’une des conditions fondamentales pour parvenir à la matérialisation de tous les idéaux politiques. Il l’a fait savoir le samedi dernier (21 juin 2008) lors d’un séminaire.

Les partis politiques en tant qu’animateurs de la vie publique sont des instruments par lesquels le peuple s’exprime et met en exergue son idéal de société.

C’est pourquoi, avec comme principal objectif de conquérir le pouvoir, un parti politique doit brandir sa seule et unique arme qui n’est autre que son projet de société afin de solliciter l’adhésion du peuple”, a-t-il déclaré devant des séminaristes tout ouïe.

On peut dire qu’il a raison. Le projet de société est un outil qui dessine la vision d’un parti politique. Il permet au peuple de percevoir le type de société que préconise un courant de pensée politique prôné par un parti politique ou un groupement de partis. Il est l’élément fondamental qui, en principe, doit guider le choix du peuple.

Les courants de pensée comme le libéralisme, le communisme et la social-démocratie présentent différents types de société. Mais le contexte démocratique malien vit aujourd’hui d’emprunts et de confusion.

Cela est dû au comportement des partis politiques et du type de société imposé par les pouvoirs en place. “Aucun parti ne présente un modèle qui inspire le peuple pour enfin susciter son adhésion”, a laissé entendre M. Djimdé. Par conséquent, tous les pouvoirs qui se sont succédé, de l’avènement de la démocratie au Mali après mars 1991 jusqu’à nos jours, n’ont jamais répondu à souhait aux attentes du peuple.

Il est tout de même évident que la démocratie ne vaut que par la manifestation de la satisfaction des besoins du peuple qui se reconnaît en une tendance majoritaire à travers laquelle le pouvoir est exercé. “Ainsi, le renforcement du processus démocratique apparaît comme une exigence fondamentale”, a affirmé le directeur du Centre Diossely Koné.

Pour l’orateur, il appartient aux partis politiques de cultiver la citoyenneté au sein de la nation. Cette citoyenneté est une valeur fondamentale que le type de société permet d’identifier. En clair, à travers la mise en oeuvre d’un projet de société, il est possible de mieux caractériser un citoyen.

Les jeunes et les femmes qui sont les couches les plus vulnérables de la société, à plusieurs points de vue, doivent percevoir la démocratie comme une solution aux nombreux problèmes auxquels ils sont confrontés.

Et leur nombre doit servir de choix conscient afin de favoriser un modèle de société et un comportement citoyen qui répondent le mieux à leurs exigences. Pour M. Djimdé, “ces couches doivent aller à l’école du choix, d’où le séminaire sur le modèle de société en fonction des courants de pensée politique”. C’est principalement ce dont il a été question pendant les deux jours du séminaire.

Les participants sont venus de divers bords, mais c’était exclusivement des jeunes, hommes et femmes de plusieurs partis politiques et organisations de la société civile.

Ils ont débattu des thèmes comme : « projet de société et parti politique : élaboration et mise en oeuvre (étude de cas) » ; « société citoyenne et modèle de société démocratique (libéralisme, communisme et social-démocratie) ».

Soumaila T. Diarra

23 Juin 2008