Partager


Le centre d’état-civil secondaire de Lafia I en Commune IV est éclaboussé par une affaire de trafic d’actes d’état-civil. Des soupçons pèsent sur des conseillers municipaux et le commissariat du 9e arrondissement a déjà procédé à des arrestation
s.

Un malheur ne vient jamais seul, dit-on. Un accident de la circulation est à l’origine du démantèlement d’un réseau de trafic d’actes d’état-civil par le 9e arrondissement de police de Sébénicoro.

Flash-back. Le 13 octobre 2008, Haoua Camara, bénévole au centre secondaire d’état-civil de Lafia I, est victime d’un accident de la circulation sur sa moto Jakarta sur la route de Sébénicoro. La section voie publique du 9e arrondissement procède au constat et à la fouille corporelle des deux motocyclistes blessés et transportés à l’urgence du CHU Gabriel Touré.

Les policiers découvrent dans le sac à main de Haoua Camara plus d’une centaine de copies vierges et cachetées d’imprimés d’actes d’état-civil (actes de naissance, de mariage). Les documents sont remis au commissaire Abdoul Koné. Celui-ci, guidé par son flair de policier, doute de l’authenticité des copies d’actes civils et décide d’ouvrir une enquête.

Le vendredi 31 octobre 2008, un premier lot de trois suspects comprenant deux dames dont Haoua Camara (celle par qui le malheur est arrivé) est appréhendé et déféré au Centre de rééducation pour femmes et enfants mineurs de Bollé et le troisième à la Maison centrale d’arrêt de Bamako Coura.

Les investigations suivent leur cours et au moment où nous mettions sous presse, hier dans la mi-journée, le maire titulaire de Lafia I et d’autres suspects étaient entendus au 9e arrondissement. Mme Cissé Korotoumou Diarra dite, Tati élue RPM et maire titulaire de Lafia I, était en déplacement aux USA au moment de l’accident de Haoua Camara. Elle ne serait revenue que le dimanche 2 octobre. Elle demeure toutefois le point focal pour les enquêteurs.


Indice grave

Un indice non moins grave est que les imprimés saisis portent les sceaux de Mme Cissé Tati, de son intérimaire Moussa Kéita, du conseiller municipal Moussa Kouyaté, de l’animateur de jeunesse Ousmane Kouyaté et du défunt Moussa Balla Kéita, 3e adjoint au maire de la Commune rurale de Dokodoumancoura.

Mme Cissé Tati était partie à son voyage sans en informer le maire principal Issa Guindo. Elle a informé verbalement son adjoint Moussa Kéita, élu MPR pour assurer son intérim. Or, en la matière, il revient au maire principal de la Commune IV, Issa Guindo, d’être mis au courant de tous les voyages afin qu’il désigne par arrêté intérimaire. La Commune IV dispose déjà d’un système de suppléance depuis les communales de 2004 qui permet une rotation à la tête des centres secondaires et de pallier les absences.

Le trafic des actes d’état-civil maliens a cours depuis des années sans qu’aucune méthode efficace ne réussisse à l’arrêter. Ces documents précieux se retrouvent dans la rue avec toutes sortes de nationalités impliquées dans de sales affaires à l’étranger. Les ambassades occidentales ont trouvé de bonnes raisons de douter de l’authenticité des papiers administratifs maliens présentés lors de la demande de visas.

C’est pourquoi d’ailleurs pour les rendre plus fiables, le gouvernement a lancé le 25 octobre 2008, le Recensement administratif à caractère d’Etat civil. (Ravec) qui a pour objectif de sécuriser les documents d’Etat civil des citoyens à travers leur informatisation.


Abdrahamane Dicko

05 Novembre 2008