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Dans un bref délai, le Mali sera doté d’un Centre de radiothérapie, le 3e du genre en Afrique d’Ouest. Implanté au sein de l’hôpital du Mali, il devra prendre en charge le traitement de tous les cancers.
Le Centre de radiothérapie, dont la première pierre a été posée vendredi par le président de la République, est un fruit du partenariat entre le Mali et l’Autriche. C’est à la demande du chef de l’Etat ATT que les autorités autrichiennes ont accepté de le financer. Le président Amadou Toumani Touré a salué l’exemplarité de la coopération entre Bamako et Vienne.

Le Centre de radiothérapie de l’hôpital du Mali sera bâti sur une superficie de 700 m2. Dans un premier temps, il comportera un bunker équipé d’accélérateur, un local de simulation, de consultation, de scanner et l’aménagement d’un parking pour près de 3,3 milliards de F CFA avec une capacité d’accueil pour 700 patients.

Plus tard, la création d’un 2e bunker, d’un département de curiethérapie, d’une deuxième unité de consultation, de l’administration, l’hospitalisation du jour et l’hospitalisation continue pour 11,5 milliards de F CFA feront du Centre de radiothérapie le centre d’oncologie et de thérapie le plus complet d’Afrique.

La radiothérapie est une méthode de traitement locorégional des cancers, utilisant des radiations pour détruire les cellules cancéreuses en bloquant leur capacité à se multiplier. L’irradiation a pour but de détruire toutes les cellules tumorales tout en épargnant les tissus sains périphériques.

La radiothérapie est utilisée chez plus de la moitié des patients ayant un cancer. Elle est, avec la chirurgie, le traitement le plus fréquent des cancers et peut entraîner une guérison à elle seule. Elle peut être utilisée seule ou associée à la chirurgie et à la chimiothérapie.
Selon le ministre de la Santé, Dr. Badara Alou Macalou, l’érection d’une installation de radiothérapie a l’hôpital du Mali, de même que l’adoption et la mise en place d’une Stratégie nationale de lutte contre le cancer auront un impact considérable sur le développement économique du Mali.

Une économie de 750 millions par an pour l’Etat

Parlant des statistiques des cancers, il a indiqué que 10,1 millions de nouveaux cas sont recensés chaque année dans le monde dont 5,5 millions dans les pays en développement. Ils sont la cause de 6,2 millions de décès. Ce sont les femmes qui en payent le plus lourd tribut au Mali avec un taux d’incidence de 133,7 contre 102,2 pour les hommes pour 100 000 habitants.

Pour le ministre, le bien-fondé de la création du Centre s’explique par la prévalence de pathologies gynécologiques et leurs coûts humain et social, l’insuffisance des moyens financiers pour la prise en charge des évacuations, l’absence de centre de référence dans la sous-région. Il a ajouté que l’infrastructure permettra à l’Etat d’économiser quelque 750 millions de F CFA, coût de l’évacuation de 250 malades du cancer.

Le ministre a insisté sur le respect des délais contractuels. Il a invité les intervenants (la société Vamed, l’entreprise GEC AB, le cabinet d’architecte Aldi, le bureau de contrôle technique et la Cepris) à redoubler d’ardeur et de rigueur dans les missions à eux confiées.
Le maire de la Commune VI s’est félicité du choix porté sur sa circonscription pour abriter un centre de référence qui fera la fierté du Mali. Il a assuré les autorités sanitaires de l’accompagnement et de l’appui de son conseil municipal.

La cérémonie a enregistré la présence de membres du gouvernement et des représentants des corps constitués. Elle a été émaillée de notes de l’Ensemble instrumental national.

A. M. Thiam

17 Janvier 2011.