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Le 22 septembre prochain, le centre de formation de football «Kadi star» lance un festival. L’initiative n’est pas à sa première édition mais elle a été rebaptisée, cette année, du nom de Boukary Daou, directeur de publication du quotidien «Le Républicain». Comment un projet sportif peut-il s’associer au nom d’un journaliste politique ?

jpg_une-2160.jpg«Festival Foot Média Boukary Daou». Voilà l’intitulé de l’initiative. Elle aura lieu le 22 septembre 2013 au quartier de Banankabougou sur le terrain «Cosmos» en face du lycée Ibrahima Ly à partir de 9 heures. L’événement est organisé pour commémorer l’anniversaire dudit centre de formation. Le promoteur, Dramane Traoré dit «Faras», est un ancien joueur international. Le centre accueille depuis des années des dizaines de jeunes, en les initiant au sport le plus populaire de la planète, le football.

Selon des sources proches du centre, plusieurs jeunes ont ainsi été versés dans des équipes du championnat national. Certains, assure-t-on, sont devenus des joueurs internationaux évoluant en Europe. Les festivités annuelles qui participent à la visibilité du centre sont, par ailleurs, des moments de communion entre la direction et ses partenaires. Une journée entière sera mise à profit pour exprimer devant de nombreux invités les talents dont regorgent ces jeunes aussi bien dans les catégories Poussins, Pupilles, Minimes que Cadets.

En baptisant cet événement du nom de Boukary Daou, Kadi star a voulu rendre hommage aux efforts de la presse malienne pour la préservation de la liberté et de l’Etat de droit. Le directeur de publication du quotidien «Le Républicain» est un journaliste politique (et non sportif). Cet honneur fait suite à ses démêlés judiciaires qui se sont déroulés entre mars et avril 2013.

Le 6 mars, Boukary Daou a été interpellé par la sécurité d’Etat pour la publication, par son journal, d’une «lettre ouverte» d’un capitaine de l’armée malienne. Huit jours plus tard, il a été transféré à la brigade d’investigation judiciaire, et inculpé pour «Incitation aux crimes et délits et publication de nouvelles fausses» soixante douze heures après. Le journaliste a été transféré à la maison d’arrêt de Bamako avant d’être mis en liberté provisoire le 2 avril.

A la faveur d’un jugement le 30 avril, la procédure judiciaire sera annulée par le tribunal de première instance de la commune IV du district de Bamako pour vice de forme. Pour Boukary Daou, ce festival qui porte son nom est à l’honneur de tous les hommes de médias au Mali.

Seydou Coulibaly

© AFRIBONE – Le 16 Septembre 2013