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Le département en charge de la Justice offre désormais la possibilité aux citoyens d’avoir accès aux informations juridiques et administratives dont ils ont besoin pour faire valoir leurs droits. De quoi résoudre des problèmes comme l’éloignement géographique, le coût d’accès à la justice.

Le  ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, Mahamadou Kassogué, a présidé hier, dans un hôtel de la place, la cérémonie de lancement officiel du centre d’appels juridique «Hakew Kunafoni». Il avait à ses côtés sa collègue déléguée auprès du Premier ministre, chargée des Réformes  politiques et institutionnelles, Mme Fatoumata Sékou Dicko.

C’était avec la participation de la gérante du cabinet Hera conseils, Me Tall Nadia Biouélé ainsi que le directeur de l’Usaid Mali Justice Project (MJP), Jean Lavoie,   principal financier.

Ce centre d’appels juridique, dédié à l’accès à la justice et au droit, vient compléter les efforts de l’État, non seulement, dans le sens d’une bonne distribution de la justice à travers l’assistance juridique et judiciaire.

Mais aussi, dans la consolidation de l’État de droit et de la démocratie. À travers les conseils et l’orientation des usagers, le centre «Hakew Kunafoni» offrira désormais aux populations les informations juridiques et administratives dont elles ont besoin pour valoir leurs droits.

Le ministre de la Justice a qualifié ce projet de centre d’appels et l’application mobile pour l’accès à la justice, d’initiative à la fois louable, inédite et ingénieuse. Les infrastructures inaugurées ce jour sont le fruit d’une collaboration innovante entre le ministère de la Justice et son partenaire «Mali Justice Project» (Usaid/MJP).

«Ce dispositif contribuera à résoudre certains des problèmes récurrents auxquels sont confrontés les justiciables maliens parmi lesquels je citerai l’éloignement géographique, le coût d’accès à la justice et la langue dans laquelle la justice est rendue», a déclaré Mahamadou Kassogué.

Par ailleurs, le chef du département de la Justice et des Droits de l’Homme s’est réjoui de l’ouverture de ce centre à un moment où les autorités de la Transition sont engagées dans un vaste mouvement de refondation qui doit se traduire par un changement qualitatif dans tous les secteurs de la vie sociopolitique et économique de notre pays.

Selon Mahamadou Kassogué, la justice n’est pas en reste de cette dynamique, car son département a placé au cœur de ses priorités les actions visant à soulager les souffrances de nos concitoyens par la simplification des procédures, la diligence dans le traitement des dossiers et le renforcement du contrôle interne. L’atteinte de ces objectifs passe également par un changement qualitatif de comportement des acteurs judiciaires, notamment ceux chargés de la distribution de la justice.

«Sur ce chapitre, d’importantes initiatives sont en cours afin de relever le défi de la modernisation de la justice pour la rendre plus performante et efficace», a annoncé le Garde des Sceaux. Il s’agit notamment de l’informatisation et de l’interconnexion des services judiciaires qui permettront de renforcer, substantiellement, l’accès à la justice, la production de statistiques fiables pour une meilleure planification, et l’amélioration de la qualité du service de la justice par un contrôle en temps réel.

Pour la gérante d’Hera conseils, ce projet comblera sans aucun doute le besoin de diffusion du droit et d’accès à l’information juridique, judiciaire et administrative. En l’occurrence, dans un contexte social où le taux de scolarisation et d’alphabétisation des populations, certes croissant, ne favorise pas la mise en œuvre efficiente du principe général de droit selon lequel «Nul n’est censé ignorer la loi».

«Grace à l’appui de l’Usaid et du ministère de la Justice, le MJP a consacré beaucoup d’efforts pour rendre la justice plus accessible et crédible», a rappelé Jean Lavoie. Les parajuristes sont en effet déployés dans plusieurs régions du pays pour veiller aux besoins des populations en matière de justice et de médiation.

Ils fournissent avec l’aide de leurs partenaires locaux un appui holistique remarquable aux femmes victimes de violences, entre autres, au sein des Maisons de la femme, ainsi qu’aux victimes de traite des personnes. Selon le directeur de l’Usaid/MJP, ils ont fait appel aux réseaux sociaux, médias nationaux et communautaires écrits et électroniques afin de sensibiliser les citoyens à leurs droits ainsi qu’aux moyens disponibles.

Jessica Khadidia DEMBÉLÉ

SOURCE : ESSOR