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Arrivé dans notre capitale pour sa nouvelle fonction en tant que Directeur du CCF, il y a seulement une semaine et quelques jours, Jean Luc Baillet se dit très enthousiaste de travailler au Mali.

Il était entouré du ministre de la Culture Cheick Oumar Sissoko, du metteur en scène Moïse Touré, du chorégraphe Jean-Claude Gallotta et de la musicienne et interprête Rokia Traoré.

M. Baillet a prononcé l’ouverture de la saison culturelle 2006-2007 du Centre Culturel Français et souhaiterait rencontrer très prochainement des acteurs culturels dans une atmosphère conviviale. Il a ensuite donné le projet d’ouverture de la saison culturelle qui est “2147, l’Afrique”.

Tout commence par cette phrase prononcée en juin 2004 par l’administrateur du Programme des Nations Unies pour le Développement qui prévoit, si tout va bien, la fin de la moitié de la pauvreté pour l’année 2147.

2147, une date issue de la statistique, ridicule par sa précision administrative, scandaleuse par l’impuissance et le cynisme qu’elle suppose.

Le metteur en scène Moïse Touré a invité le chorégraphe Jean-Claude Gallotta à l’accompagner au Sénégal et au Mali pour aller y voir de plus près.

Pour proposer à des artistes africains de s’exprimer avec eux sur le sujet, par la fiction, par la scène. Le metteur en scène et le chorégraphe ont au départ une vision différente, Moïse est issu de l’Afrique, pendant que Jean-Claude Gallotta la découvre.

LE THEATRE, LA DANSE, LA MUSIQUE CONTRE UNE FATALITE ANNONCEE

Sans doute le théâtre, la danse, la musique ne peuvent rien contre cette chronique d’une fatalité annoncée, mais ils peuvent au moins en secouer la réalité, refuser de voir les peuples africains comme des victimes, les vouloirs acteurs de leur destin. Selon Stephen Smith “il faut aimer l’Afrique sans pitié”.

En considérant cette phrase, l’intervention du chorégraphe ne surprend personne, vu qu’il est près à effectuer le tour du monde avec le metteur en scène Moïse Touré pour se faire entendre par ces technocrates. Mais M. Gallotta précisa que leur action n’a rien avoir avec une politique altermondialiste.


TOUT DEPEND DE CE QUE LES AFRICAINS DECIDERONT

Quant à Rokia Traoré, elle précisa que son rôle n’est pas de mettre la musique en premier plan, mais sa participation serait d’accompagner la mise en scène et les textes.

A ce sujet, elle a dit ceci : “en tant qu’artiste africain, évoluant à l’extérieur de l’Afrique et sachant tout ce qui se passe en Afrique, mais c’est révoltant. Ce qui est de cette affirmation, cela peut être vrai ou faux, mais tout dépend de la manière dont les Africains vont réagir par rapport à une telle affirmation. Il faut que chaque africain, en se levant le matin, se demande, qu’est-ce que je ferai aujourd’hui pour mon pays, ainsi qu’en se couchant aussi, se demander qu’est-ce que j’ai fait aujourd’hui pour que mon pays avance. Avec un tel acharnement de tout un chacun, nous saurons montrer que cette affirmation n’est que pur mensonge”.

Lassi King Massassi, artiste de renommée internationale se dit confiant et a souhaité bon vent aux organisateurs.

Dans la même mouvance, les activités sont organisées au Centre Culturel Français de Bamako, le 29 et 30 septembre 2006. D’ici là, ensemble, montrons que l’Afrique se développera bel et bien avant 2147.

Moussa KONDO

21 septembre 2006.