Partager

La rencontre d’hier dans la salle de conférences du ministère de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales (MATCL) était présidé par M. Mamadou Seydou Traoré, Secrétaire général dudit département. Elle a enregistré la présence de M. Fodié Touré, du Syndicat Autonome de la Magistrature (SAM), Me Brahima Koné et Amadou Bocar Tegueté de l’Association Malienne pour la Défense des Droits de l’Homme (AMDH) ; Me Moussa Goïta du Barreau Malien, Mme Traoré Oumou Touré, Secrétaire Exécutive de la CAFO et Mamadou Fadiala Kéïta au nom de CRI 2000.

LES CONCERTATIONS AVANT LE DECRET

En attendant la promulgation de la loi électorale et le décret présidentiel qui sera pris en conseil des ministres nommant les membres de la CENI, le département en charge de l’organisation matérielle des élections poursuit les concertations avec ses partenaires. L’une des composantes de la CENI à savoir la société civile était hier face à l’administration.

Face au manque de légitimité de certaines organisations de la société civile, le législateur a décidé de maintenir le statu quo par rapport à la composition de la CENI. Il a été dit que ni le Conseil national de la société civile ni la Fédération nationale du même nom ne peuvent être investis de pouvoir de représentation de la société civile dans sa totalité, faute de légitimité. C’est pour cette raison qu’il a été décidé de maintenir au sein de la CENI les anciennes structures qui représentent la société civile. Ces structures sont : la CAFO, le Syndicat Autonome de la Magistrature ; le Barreau, les Confessions religieuses et les Associations de Défense des Droits de l’Homme.

CRI 2000 PROTESTE

Le Cercle de Réflexion et d’Information pour la Consolidation de la démocratie au Mali (CRI 2000) non retenu pour faire partir de la CENI, a de son côté protesté contre la représentativité des cinq organisations de la société civile retenues pour la composition de la CENI. Son représentant M. Mamadou Fadiala Kéïta, Secrétaire à l’organisation de CRI 2000 l’a fait savoir au Secrétaire général du département en charge de l’Administration Territoriale M. Mamadou Seydou Traoré lors de la rencontre d’hier.

Dans la désignation de ses représentants au sein des démembrements de la CENI, la société civile désignée pour faire partir de la CENI doit être souple en désignant d’autres membres d’autres sociétés civiles plus compétentes et plus crédibles comme CRI 2000. C’est en cela qu’elle améliorera le niveau de sa représentativité. La Secrétaire Exécutive de la CAFO Mme Traoré Oumou Touré n’est pas d’avis contraire car, selon elle, la CENI de 2004 reflétait cette vision de CRI 2000.

Il faut rappeler que l’ancienne CENI était présidée par Mme Bagayoko Aminata Traoré. Son ONG n’était pas directement affilié à la CAFO, mais la CAFO l’a fortement soutenue. La présidente de la délégation spéciale de la mairie de la Commune III du District de Bamako Mme Oumou Bolly Diallo n’était pas elle aussi de la CAFO, mais elle fut également soutenue par toutes les femmes.

AU NOM DE L’HISTOIRE DU MALI DEMOCRATIQUE

Les cinq associations retenues pour faire partir de la CENI au nom de la société civile sont : le Syndicat Autonome de la Magistrature (SAM) ; la Coordination des Associations et ONG Féminines du Mali (CAFO) ; l’Ordre des Avocats ; les Associations de Défense des Droits de l’Homme et les Confessions religieuses. Ces différentes associations ont été choisies compte tenu du rôle historique qu’elles ont joué dans l’avènement de la démocratie au Mali.

La nouvelle loi électorale stipule que cette société civile sera représentée en raison de :

– un membre désigné par les confessions religieuses ;
– un membre désigné par le Syndicat Autonome de la Magistrature ;
– un membre désigné par le Conseil de l’Ordre des Avocats ;
– un membre désigné par les Associations de Défende des Droits de l’Homme ;
– un membre désigné par la Coordination des Associations Féminines.

Les démembrements de la CENI sont constitués de six membres au niveau du District de Bamako avec la dénomination de Commission Electorale du District : six membres également au niveau cercle( Commission Electorale Locale) ; six membres au niveau communal ( Commission Electorale Communale) et enfin il y a la Commission Electorale d’Ambassades ou de Consulats composée de trois membres.

En somme, les membres de la CENI et de ses démembrements doivent être reconnus pour leur probité, leur bonne moralité, leur impartialité et jouir de leurs droits civiques et politiques.

LES CONFESSIONS RELIGIEUSES BRILLENT PAR LEUR ABSENCE

A la rencontre du lundi 21 août 2006 entre le ministère en charge de l’Administration Territoriale et la société civile, les représentants des confessions religieuses ont brillé par leur absence. La CAFO était représentée par sa Secrétaire Exécutive, Mme Traoré Oumou Touré ; le Syndicat Autonome de la Magistrature par Fodié Touré ; le Barreau par Me Moussa Goïta et l’AMDH par Téguété et Me Brahima Koné. Elles étaient toutes là sauf les confessions religieuses.

Ni l’Association Malienne pour l’Unité et le Progrès de l’Islam (AMUPI) ni l’Eglise qu’elle soit Catholique ou Protestante n’était représentée à la réunion. Du côté du ministère, aucune explication n’a été fournie pour justifier cette absence notoire.

Daba Balla KEITA

22 août 2006.