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Du 25 au 26 avril s’est tenue à Bamako, la deuxième réunion des ministres de la défense des Etats membres de la CEN-SAD (Communauté des Etats Sahélo-sahariens) . La cérémonie d’ouverture a été marquée par trois interventions.

Dans son mot de bienvenue, le ministre de la défense et des anciens combattants du Mali, Natié Pléa, s’est félicité du choix porté sur le Mali pour l’organisation de cette rencontre avant de cadrer lesdites assises qui seront le lieu pour approfondir les questions de paix et de sécurité.

A sa suite, le secrétaire général de la CEN-SAD, Mohamed El Madani Al Azahary, a avoué que l’espace commun est en proie au grand banditisme et au terrorisme, des fléaux qui le perturbent et transforment la zone sahélo saharienne en un vaste théâtre de trafics « allant de la traite des êtres humains, à la contrebande de cigarettes, et au trafic de drogues, en passant par la circulation et la prolifération d’armes légères et de petits calibres, les mines antipersonnel ».

L’espace est également, selon lui, concerné par des revendications violentes et la remise en cause de l’autorité des Etats, situation qui rend impérative une mise en commun des moyens et capacités des différents pays pour relever le défi de la sécurité collective et de la stabilité régionale. L’objectif de cette rencontre doit donc répondre au souci de créer les conditions de paix et de sécurité dans l’espace et de trouver les moyens de mettre un terme à la montée des menaces.

Concernant les relations internationales, le secrétaire général de l’organisation invite tous les Etats africains à se conformer aux résolutions et décisions des Nations Unies, de l’Union Africaine et des autres organisations, en se gardant de tout soutien à un groupe armé et en acceptant de soutenir toute initiative de résolution de crise par le dialogue et la négociation. Il ne s’est pas privé de dénoncer « les manœuvres insidieuses de groupes d’intérêts puissants qui souvent arment et financent les groupes armés »

Le Premier ministre, Modibo Sidibé, qui procédera à l’ouverture solennelle des travaux reconnaîtra pour sa part que la bande sahélo saharienne est confrontée à différents types de menaces dont l’immensité des espaces et la porosité des frontières qui favorisent les trafics en tous genres, les incursions de mouvements et groupes armés terroristes, la criminalité transfrontalière sur fond de précarité économique.

Selon lui, les assises de Bamako, à la suite de celles tenues à Niamey en mars 2004, devront permettre de mesurer le chemin parcouru et de planifier d’autres actions afin d’éradiquer les facteurs d’insécurité. Il ajoutera que la CEN-SAD a l’avantage de compter en son sein des pays appartenant à différentes communautés économiques régionales ayant acquis de riches expériences qu’elle devrait capitaliser. Cela permettra de faire un saut qualitatif dans la construction d’une communauté toujours plus forte et prospère dans un environnement de paix et de stabilité.

La cérémonie de clôture est intervenue le lendemain 26 avril. Elle a été l’occasion de prendre des résolutions conjointes. En particulier, les ministres appellent à la consolidation et/ou à la restauration du climat de bon voisinage sur le respect scrupuleux des dispositions de la Charte de sécurité ; réaffirment la volonté de l’espace à coopérer avec d’autres organisations. Ils ont tenu à exprimer leur solidarité à l’endroit de tous les Etats membres concernés par des crises intérieures avant de convenir de soutenir lesdits Etats en la matière.

A cet égard, le mécanisme de prévention, de gestion et de règlement des conflits de l’organisation a été conçu pour être mis en œuvre notamment en cas d’agression ou menace d’agression contre un Etat, de renversement ou tentative de renversement d’institutions étatiques démocratiquement installées, de menace grave à la paix ou à la sécurité intérieure. Les organes prévus à ce protocole, notamment le Comité des sages et la Force sahélo saharienne d’intervention (FSSI) doivent connaître une mise en œuvre rapide.

Cette rencontre s’est tenue en prélude à celle des Chefs d’Etat qui se tiendra du 12 au 18 juin à Cotonou. Elle fait suite à celle des experts de la CEN-SAD qui a eu lieu le 11 avril à Bamako.

A rappeler que la rencontre a enregistré la présence, outre des ministres en charge de la défense des Etats de la CEN-SAD, celle de représentants d’organisations internationales, régionales et sous-régionales dont l’Union Africaine, l’Union du Maghreb arabe, la CEDEAO, etc.

Abouba Yattara

28 Avril 2008