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La Cellule d’appui à la réinsertion des cheminots du Mali (CARCHEM) et l’Union internationale des chemins de fer (UIC) ont organisé hier, à l’hôtel de l’Amitié, un séminaire sur la réinsertion socio-économique des cheminots déflatés suite à la concession des chemins de fer. L’ouverture de cette journée de réflexion était présidée par le ministre de l’Equipement et des transports, Abdoulaye Koïta, avec, notamment à ses côtés, le Secrétaire général Coordinateur des activités de l’UIC en Afrique, André Michel et le président du Conseil d’administration de CARCHEM, Abdoulaye Amadou Sy.

C’est au regard de l’expérience des programmes d’ajustement structurels avec ses contingents de partants volontaires à la retraite ou des compressés des structures publiques ou parapubliques, que les plus hautes autorités du Mali et du Sénégal, avec l’appui des partenaires comme la Banque mondiale, ont décidé d’atténuer les effets sociaux de la concession des chemins de fer par la mise en place d’une Cellule d’accompagnement.

Le CARCHEM, expérience inédite a été mise en place en septembre 2003 avec pour mission d’apporter un appui aux personnes qui, jusqu’en 2003, étaient salariées de la régie du chemin de fer. Ils sont 618 cheminots maliens déflatés de l’ex-RCFM sur lesquels 387, soit 63 % ont adhéré à la CARCHEM. C’est ainsi que le ministre Abdoulaye Koïta dira que les deux pays, à travers la Cellule, ont voulu faire de cette concession  » un modèle de privatisation prenant en compte la dimension sociale du désengagement de l’Etat « .

Le président du conseil d’administration de cette Cellule, Abdoulaye Amadou Sy, résume les activités menées en quatre programmes : le développement de la capacité de la Cellule ; la promotion du développement, la croissance et la pérennisation des projets des adhérents ; le maintien et l’amélioration des relations avec les adhérents, les partenaires et, enfin, l’établissement et le renforcement des standards et normes pour les adhérents.

Depuis lors, la CARCHEM s’est attelée à la détection, au développement du potentiel entreprenarial des adhérents qui sont porteurs d’un projet de création ou de reprise d’entreprise et à l’accélération et la facilitation de la recherche d’un nouvel emploi pour ses déflatés. Ainsi, en 2005, elle a pu assurer la formation ou le recyclage de 325 adhérents à travers 13 sessions de formation sur des modules comme «trouver votre idée d’entreprise» (TRIE), «créer votre entreprise» (CREE) ou «mieux gérer votre entreprise» (GERME).

La direction de la CHERCHEM- Mali a pu initié 22 projets pour 270 déflatés portant sur un montant global de 4 712 077 322 F FCFA. Vingt de ces projets, de taille moyenne, sont en cours d’exécution avec l’aide de la Banque régionale de la solidarité (BRS-Mali). Les deux autres qui sont de grands projets évalués à plus de 4,4 milliards de FCFA permettant la réinsertion de 66 déflatés attendent d’être financés. Autre projet salutaire pour les déflatés c’est la création prochainement de l’Institut africain de technologies générales et ferroviaires (IATGF), un centre sous-régional entre le Mali et le Sénégal pour la réinsertion des ex-cheminots.

En tout cas, le Coordinateur des activités de l’UIC en Afrique, André Michel, a salué l’idée de création des CARCHEM au Mali et au Sénégal avant d’ajouter qu’elles doivent servir de leçon pour les autres pays du continent. Et son organisme, a-t-il promis, s’engage à les accompagner et à s’atteler à leur promotion dans les rencontres internationales.

Youssouf CAMARA

07 septembre 2007.