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La relecture des textes instituant les primes et indemnités et leur adaptation au contexte actuel, l’élargissement de la prime de zone aux autres secteurs, l’octroi d’avantages fiscaux aux entreprises nationales pour assurer leur décollage économique et, enfin, la réorganisation des unités de l’économie informelle, en vue de leur intégration dans le tissu économique moderne.

Telles sont les quatre nouvelles revendications de l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) formulées à l’occasion de la fête du 1er mai 2008. Ces doléances ont été révélées par son Secrétaire général, Siaka Diakité, lors de la cérémonie du traditionnel défilé sur le Boulevard de l’Indépendance.

Au cours d’une conférence de presse qui a eu lieu à la veille du 1er mai, à la Bourse du Travail, le patron de l’UNTM avait mis le gouvernement en garde contre toute défaillance dans l’application des conclusions du Forum sur les produits de première necéssité que sa centrale a initié en décembre 2007 et dont les conclusions ont été remises au Premier ministre Modibo Sidibé.

Les travailleurs des 13 syndicats affiliés à l’UNTM étaient venus assez nombreux pour le traditionnel défilé du 1er mai qui a eu lieu hier sur le Boulevard de l’Indépendance en présence de plusieurs ministres de la République dont celui en charge du Travail et de la fonction publique.

Pendant des heures, les comités des différents syndicats sont passés devant l’assistance avec des banderoles ou des échantillons de leur production si ce n’est pas en mimant des scènes de prestation de service. Tout cela pour prouver le savoir-faire des travailleurs maliens.

Le 1er mai est, certes, une fête populaire, mais elle est aussi l’occasion de faire le point de la lutte syndicale. Ainsi, l’UNTM, a déclaré son Secrétaire général, est aujourd’hui fière des résultats auxquels elle est parvenue dans l’application du Protocole du 18 juillet 2007: augmentation des salaires de 10%, diminution de l’ITS, relecture du décret instituant le service minimum, exécution de l’accord en faveur des partants volontaires à la retraire, relecture des conventions collectives et tenue du Forum sur les prix.

Sur ce dernier point, le patron de la principale centrale syndicale a mis en garde le gouvernement contre toute défaillance dans l’application de ses conclusions. L’UNTM utilisera, le cas échéant, les voies syndicales pour se faire entendre.

Ce 1er mai a inspiré de nouvelles revendications pour la centrale syndicale.

Il s’agit de la relecture des textes instituant les primes et indemnités et leur adaptation au contexte actuel, l’élargissement de la prime de zone aux autres secteurs, l’octroi d’avantages fiscaux aux entreprises nationales pour assurer leur décollage économique et la réorganisation des unités de l’économie informelle en vue de leur intégration dans le tissu économique moderne.

La fête du travail a été également mise à profit par l’UNTM pour se prononcer sur la question de l’emploi, de l’école malienne et de la situation au nord. Avant de réaffirmer son attachement à la solidarité internationale à l’endroit de tous les travailleurs à travers le monde.

Youssouf CAMARA


Plus de 42,3 milliards de FCFA d’efforts consentis par le gouvernement

Pour satisfaire le Protocole d’accord du 18 juillet, le gouvernement a consenti d’énormes efforts financiers dont l’incidence totale est estimée à plus de 42,3 milliards de FCFA. C’est ce que revèle une note technique du ministère du Travail, de la fonction publique et de la réforme de l’Etat.

Les dépenses directes qui se chiffrent à plus de 13 milliards de FCFA portent sur la prise en charge des grosses des jugements définitifs des travailleurs compressés pour plus de 176 millions de FCFA ; l’accord intervenu avec l’Association des partants volontaires à la retraite pour 2,5 milliards de FCFA ; l’augmentation des salaires de 5% en janvier 2008 et 5% en janvier 2009.

Un geste qui a coûté la bagatelle de 7,3 milliards de FCFA, l’inscription au budget 2008 de 800 millions de FCFA pour la relance de l’ONP et une subvention d’exploitation de 3 milliards de FCFA en faveur d’EDM-SA.

Quant aux manques à gagner pour l’Etat induits suite aux différentes mesures destinées à maintenir les prix, ils sont évalués à 28,6 milliards de FCFA. Ils sont relatifs aux efforts de maintien des tarifs d’eau et d’électricité (28 milliards pour les exonérations fiscales sur les carburants) à la réduction de 2% sur l’ITS (600 millions) la signature de cahier des charges pour l’importation du riz exonéré et l’opération achat de 2 500 tonnes de riz local par le Commissariat à la sécurité alimentaire dont les incidences financières ne sont pas évaluées, pour le moment.

Youssouf CAMARA

02 Mai 2008