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La commémoration de la marche commune ADEMA – CNID du 30 décembre vise, selon ses organisateurs, à préserver la consolidation du processus démocratique, à instaurer un cadre propice aux débats saints et constructifs entre tous les acteurs du mouvement démocratique, en particulier autour des questions d’intérêt national et, enfin, à préserver la mémoire des martyrs.

Les animateurs de ce mouvement, oeuvrant sous la présidence du Pr. Ali Nouhoum Diallo, sont de l’ADEMA, CNID, AJDP, ADIDE, JLD (toutes des organisations démocratiques des années 1990) ainsi que des partis issus du Mouvement Démocratique : CNID -FYT, ADEMA – PASJ, RPM, URD, US- RDA, BARA, SADI, PARENA, MIRIA, UFD, PIDS. Tous ont fait des témoignages à quelque exception près. Puisqu’on n’a pas vu le PARENA de Tiébilé Dramé et l’US- RDA du Dr Alou Badra Macalou.

Cette cérémonie très sobre s’est déroulé en deux temps : projection d’images de la marche unitaire du 30 décembre et témoignages. Sur ces images on peut percevoir, Soumeylou Boubèye Maïga, président de la commission d’organisation de cette marche, dans ses grandes œuvres, Me Mountaga Tall, donnant des consignes de discipline, Mme Sy Kadiatou Sow, lisant la déclaration de la marche, réclamant le multipartisme, la liberté et la démocratie.

Au même moment, un hélicoptère survole les marcheurs en fait, une manœuvre d’intimidation du pouvoir en place. Une déferlante humaine avec des personnages de premier rang comme Mohamed Lamine Traoré et Cheick Pléah, Bintou Maïga est également visible sur les images projetées.

Au cours des témoignages, Issaka Traoré du CNID – association a rappelé les circonstances de la création de son organisation politique, le 24 octobre 1990.

Alpha Oumar Konaré et Harouna Barry y étaient conviés mais n’y ont pas pris part. Une semaine plus tard, l’ADEMA – association est mise sur les fonts baptismaux. C’est ainsi, à en croire ce témoignage, que le CNID a organisé, le 10 décembre, sa première marche en invitant l’ADEMA association qui a décliné l’invitation parce que, selon elle, il y avait des risques.

Elle sera suivie d’une conférence de presse le 14 décembre. Ensuite, l’ADEMA a approché le CNID pour une marche commune. Elles sont tombées d’accord pour sa tenue le 30 décembre. C’est bien cette marche qui a donné du tonus au processus de contestation du régime de Moussa Traoré.

Au nom du CNID- FYT, Me Tall s’est interrogé en ces termes :  » Pourquoi cette commémoration ? Que cache t-elle ? Rien à mon avis. S’il s’agit de la réécriture de l’histoire, Me Abdoulaye Sékou Sow a écrit pour faire un témoignage, il a été pilonné. Alors qu’on doit encourager les gens à écrire, à témoigner. Il y a des prismes différents, on peut oublier certains détails. C’est pourquoi, je pense qu’on peut discuter, partager certaines choses ensemble. Le Mouvement Démocratique avait une mission historique, le reste, ce sont les partis politiques« .

Pour Dioncounda Traoré, aujourd’hui encore, il y a des ennemis de la liberté et de la démocratie.  » Nous devons rester vigilants car rien n’est définitivement acquis « . Il a rappelé l’histoire de la France qui, après la Déclaration universelle des droits de l’homme, a connu des dictatures et des empires.

Nombreux sont les intervenants qui se sont interrogés sur l’opportunité de cette rencontre, notamment l’ancien ministre Adama Samassékou qui a affirmé que  » l’initiative aurait pu venir, il y a longtemps. Pourquoi maintenant ? Moi, je pense qu’il faut parler vrai et agir en vérité, nous avons cherché le pouvoir et oublié nos projets. Nos egos ont pris le dessus sur l’essentiel « .

Chahana TAKIOU

12 Janvier