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Je suis très honorée de vous accueillir pour cette conférence de presse, à l’occasion de la commémoration de la Journée Mondiale de la Santé 2009. Pour cette année, l’OMS a retenu le thème <>“. C’est en ces termes que la Représentante de l’OMS au Mali, Mme Fatoumata Binta Diallo, s’est adressée aux médias, dans la grande salle de conférence de la branche de l’Organisation au Mali.

Selon Mme Diallo, ce thème focalise surtout l’attention sur la vulnérabilité des établissements et du personnel de santé et l’importance de leur protection pour assurer la continuité des soins et services dans les situations d’urgence.

Vous conviendrez avec moi que l’humanité est de plus en plus confrontée à des situations d’urgence variées, graves et complexes. Les guerres civiles, les cyclones, les séismes, les tsunamis, les inondations, les épidémies de maladies transmissibles et non transmissibles, les famines, les incidents radiologiques, les pollutions chimiques et les accidents de la circulation constituent des fléaux qui, invariablement, ont de lourdes répercussions sur la santé publique”, a indiqué la représentante de l’OMS au Mali.

Ces situations d’urgence ont toujours créé un branle-bas de combat dans les structures de santé, dont la mission première reste la prise en charge des malades et des blessés. “Or dans les structures de santé, il existe des risques internes réels, tels que les incendies, l’interruption de l’approvisionnement en eau et de l’alimentation en électricité“, a souligné Mme Fatoumata Binta Diallo. Des risques qui peuvent surtout conduire à des pertes en vies humaines.

Le problème est d’autant plus grave que bien souvent, les situations d’urgence entraînent des dégâts désastreux pour les structures et infrastructures, et cela, au moment même où on a le plus besoin de ces établissements.


Aussi, la Représentante de l’OMS, de tirer la sonnette d’alarme :
Malheureusement, la région africaine de l’OMS est parmi les plus touchées : entre 1992 et 2004, sur les 33 crises humanitaires qui ont sévi à l’échelle mondiale, 22 sont survenues en Afrique. Au total, 21 des 31 appels humanitaires lancés en 2006, et 9 des 13 lancés en 2007, venaient de pays africains”. Et d’ajouter : “Pour la seule année 2008, plus de 90% des Etats membres de la région ont été confrontés à des situations d’urgence, notamment à des catastrophes naturelles, des flambées de maladies et les conflits de divers degrés”.

C’est dire que ces évènements qui ont causé de nombreuses pertes en vie humaine, des handicaps, des problèmes économiques graves et une perturbation du système de santé interpellent tout le monde aujourd’hui. D’où toute l’importance du thème choisi cette année, à savoir : “Sauver des vies humaines : des hôpitaux sûrs dans les situations d’urgence”.

Cela est d’autant plus vrai que les études menées ont montré que les infrastructures ne sont pas toujours construites en tenant compte des normes de sécurité. De même, le personnel sanitaire n’est pas toujours formé ou préparé pour faire face aux situations d’urgence. Ce qui fait que ce personnel reste toujours exposé à des risques importants conduisant à la perte de la santé ou de la vie en cherchant à sauver les autres.

Aussi, une nouvelle forme de catastrophe -que la Représentante de l’OMS au Mali a justement qualifié de “catastrophe silencieuse”– a pris corps et est en pleine évolution : il s’agit du ciblage systématique, et à dessein, des établissements de santé dans des opérations militaires. Ce qui représente aujourd’hui une pure folie menaçant l’humanité, et qu’il faut dénoncer et condamner avec rigueur.

Et Mme Fatoumata Binta Diallo, de conclu son intervention par ce message fort de l’OMS : “L’OMS plaide auprès des gouvernements pour des actions visant à élaborer et mettre en oeuvre des politiques en matière “d’hôpitaux et structures de santé sûres” dans les situations d’urgence.

Il s’agit d’avoir des établissements répondant aux normes de résistance, bâtis sur les sites sûrs, avec des services publics (eau, électricité, moyen de transport et de communication, gestion des déchets, équipements et matériels médicaux, médicaments) et des agents de santé formés pour la gestion des urgences à grandes échelles”. C’est en cela que l’on parviendra peut-être à sauvegarder l’équilibre du monde.


Adama S. DIALLO

07 Avril 2009