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Il fut le premier à s’expliquer sur l’ORTM pour couper court aux folles rumeurs à propos du non consensus quant à la fameuse requête tripartite (Dioncounda, hiérarchie militaire, Cheick Modibo Diarra) adressée à la CEDEAO. Le mardi, 25 septembre, il tient des propos ambigus tout en ignorant ceux à qui ils ont demandé l’aide. Que veut-il réellement ?

Une ambigüité entre les propos

La position de la Cédéao pour une intervention militaire au Mali résulte de la requête qu’elle a reçue de la part du président de la République du Mali. A propos de cette fameuse demande d’aide, c’est le Capitaine Sanogo, lui-même en personne, qui est apparu sur la chaîne nationale(ORTM) pour couper court aux folles rumeurs quant à son caractère consensuel. Il disait être en phase avec les autorités de transition et que le reste n’est qu’intox.

Ces justifications, qui allaient dans le sens d’une cohésion parfaite entre le pouvoir et les militaires, ont été reprises par le président de la République par intérim, Dioncounda Traoré lors de son adresse à la nation à l’occasion du 22 septembre. Où il disait « cette requête est formulée en parfait accord avec la hiérarchie militaire et en toute intelligence avec le premier ministre Cheick Modibo Diarra. » « C’est des besoins formulés par l’armée elle-même. »
En effet, la Cédéao n’a répondue favorablement qu’à ce besoin (une urgence d’ailleurs) ressenti par le Mali pour retrouver son intégrité territoriale. Et le chemin qu’elle a jalonné (du début de la crise jusqu’à sa présence à l’ONU pour défendre la requête), l’a été aussi, en accord commun avec les autorités de transition.

Après cette énigme de l’intervention de la Cédéao au Mali, le premier ministre malien, Cheick Modibo Diarra avec une forte délégation, était aux côtés des organisations africaines (CEDEAO- UA) et internationales, (L’ONU et l’Union Européenne) à la 67è assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies(ONU) qui s’est tenue, mercredi 26 septembre dernier à New York. Une présence, toujours fruit de l’entente entre (hiérarchie militaire-Dioncounda- Cheick Modibo Diarra).

Dans sa mission, Cheick Modibo Diarra a rencontré le président en exercice de L’Union Africaine, le président Béninois, Yayi Boni, pour la cause du Mali. En même temps, le président Français, lors de son premier discours (depuis son accession à la tête de l’Etat français) devant l’ONU a été très clair. « Ce qui ce passe aujourd’hui au Mali est inadmissible, inacceptable. » donc une urgente nécessité se présente pour l’aider à combattre les extrémistes.

Dans cette droite ligne, le président par intérim, Dioncounda Traoré, a reçu des délégations de l’Union Economique Monétaire Ouest-Africaine(UEMOA), le chargé d’affaires de l’ambassade de la Chine et l’ambassadeur du Japon. Pour échanger sur la question de la reconquête de l’intégrité territoriale du Mali.
Avec toutes ces panoplies d’actions, la majorité des maliens pensent que les lignes bougent et une lueur d’espoir se profile à l’horizon dans la résolution de la crise malienne.

Le Capitaine Sanogo se dédit

Ces aides promises au Mali par L’ONU, L’UA, la CEDEAO, L’UE et les grandes puissances découlent de la requête (dont le contenu est entièrement formulé par les militaires), adressée à l’organisation sous-régionale, la Cédéao.
Mais, le mardi 25 septembre, le capitaine Sanogo a fait une sortie médiatique, avec des propos qui risqueront de nous ramener à la case départ. C’était lors des inaugurations effectuées à Kati, pour immortaliser les militaires qui ont perdu leur vie pour la cause nationale, mais aussi pour lui-même (une caserne, porte désormais son nom).

Selon ces propos, ni la Cédéao, ni l’Union africaine(UA) ne viendront libérer le nord. Et que la libération du nord, ce sont les militaires maliens qui vont le faire.

Que veut-il réellement ?

Il faut qu’il sache que l’intervention des troupes ouest-africaines au Mali n’est pas synonyme de faiblesse de l’armée malienne. Qu’il sache que l’armée malienne seule (dans ces conditions) ne peut pas combattre les extrémistes. Qu’il sache que c’est la seule condition pour que les armements du Mali bloqués au niveau des ports des pays voisins soient débloqués.

Qu’il sache aussi que des maliens souffrent, (nombreux sont ceux qui vivent aujourd’hui dans les pays limitrophes), et ceux qui sont restés sur leur territoire sont victimes des terreurs des extrémistes.

Qu’il sache que c’est 13 cercles dont 2/3 du Mali qui sont entre les mains des islamistes rebelles.

Capitaine, le temps presse et nous en avons ras-le-bol, vue qu’aucune action concrète depuis six mois, n’est venue ni de la part des autorités de transition, ni des militaires pour la reconquête des territoires occupés.

Kèlètigui Danioko

La Nouvelle Patrie du 02 Octobre 2012